• Algérie: l’armée avertit

Le chef d’état-major de l’armée algérienne, Ahmed Gaid Salah, a déclaré jeudi que l’armée ne tolérerait aucune tentative visant à semer le chaos dans le pays.

Il a fait ces remarques dans une réponse implicite aux partis qui ont appelé l’armée à intervenir dans l’arène politique pour ouvrir la voie à des changements avant l’élection présidentielle prévue en 2019.

« L’Armée populaire nationale est une armée qui connaît ses limites, y compris le cadre de ses missions constitutionnelles, et qui ne peut être impliquée dans des intrigues entre les partis politiques », a déclaré Salah lors d’une cérémonie à l’Académie militaire.

« L’Armée populaire nationale est une armée qui ne permettra aucune tentative visant à semer le chaos et ne tolérera pas que des problèmes soient suscités par certains partis prêts à mettre l’Algérie en danger pour réaliser ou sauvegarder leurs intérêts personnels », a-t-il souligné.

Il a noté que l’Algérie « n’est pas une arène de combat ou une piste de course pour quiconque veut faire des profits personnels et individuels honteux ».

Certains observateurs affirment que sa déclaration était destinée aux partis politiques qui ont appelé l’armée à assurer une ère de transition avant d’organiser de nouvelles élections.

En fait, le parti d’opposition islamiste le Mouvement de la société pour la paix (MSP), dirigé par Abderrezak Makri, propose une initiative qui invite tous les partis et personnalités politiques à ouvrir la voie à une ère de transition pour des élections libres et équitables.

Le MSP, la troisième force politique du pays au Parlement après le Front de libération nationale et le Rassemblement démocratique national, affirme que le succès de cette initiative nécessite l’approbation et la protection de l’Armée nationale populaire.

Le chef du MSP nie que son parti appelle à l’intervention de l’armée dans les affaires politiques, mais espère que celle-ci jouera le rôle de garant de cette initiative.

Les principaux partis d’opposition en Algérie enjoignent au président Abdelaziz Bouteflika de démissionner pour raisons de santé et appellent à des élections anticipées.

Cependant, les partis au pouvoir, les partis pro-gouvernementaux et les organisations ont déjà annoncé qu’ils donneraient leur aval à un cinquième mandat de Bouteflika pour les élections présidentielles d’avril 2019.

Jul 28, 2018 15:40 UTC
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