Feb 09, 2019 15:25 UTC
  • Riyad: le Maroc coupe les amarres

Le Maroc a annoncé qu’il avait convoqué son ambassadeur aux Émirats arabes unis. Il avait rappelé aussi jeudi son ambassadeur à Riyad. Un responsable du gouvernement marocain a déclaré à Sputnik que ce pays avait stoppé sa participation à la coalition saoudienne contre le Yémen et qu’il ne participerait pas à la réunion ministérielle de cette coalition.

Un expert politique marocain, Mohammed Bouden, a déclaré que la politique extérieure de Rabat est claire et même transparente et qu’il ne veut pas qu’un pays souverain dépende des décisions d’un État tiers ou d’un groupe d’États tiers.

Dans une interview accordée à l’agence de presse Sputnik, Mohammed Bouden a ajouté que la position de l’Occident sur l’affaire du Sahara occidental avait deux dimensions : une dimension externe liée aux Nations unies et une autre, interne, qui relève de l’intégrité territoriale du Maroc.

Concernant la convocation de l’ambassadeur de Riyad, l’expert politique marocain a affirmé qu’il s’agissait là d’une réaction très vive dans des circonstances où l’Arabie connaît de grandes évolutions et d’importants changements de position concernant le Maroc et la région, alors que les deux pays entretenaient jusque-là des relations cordiales.

Bouden a indiqué aussi que la nouvelle ligne éditoriale de la chaîne saoudienne Al-Arabiya avait choqué Rabat.

Première réaction de l’ambassadeur du Maroc à Riyad

L’ambassadeur marocain à Riyad, Mustapha al-Mansouri, a écrit hier, vendredi 8 février 2019, en réaction à son rappel par le gouvernement marocain : « Mon rappel est dû aux évolutions dans les relations entre les deux pays, et aussi à la diffusion d’un documentaire de la chaîne Al-Arabiya, proche du pouvoir saoudien, qui a diffusé une émission remettant en cause l’intégrité territoriale du Maroc. »

Le journal panarabe Rai al-Youm a écrit le mois dernier dans un article intitulé « 2018, année de l’éloignement du gouvernement marocain de l’Arabie saoudite » que Rabat avait commencé à prendre ses distances avec les pays riverains du golfe Persique et en particulier avec l’Arabie saoudite, tout en conservant des relations amicales avec Doha.

Il faut dire aussi que le Maroc s’est opposé à toute forme de coordination avec les États du golfe Persique contre l’Iran et que s’il a décidé de mettre fin à ses relations diplomatiques avec Téhéran, il l’a fait dans une démarche indépendante, en raison de considérations purement nationales, Rabat annonçant par ailleurs que la raison de cette rupture était le supposé soutien de l’Iran au Front Polisario par le biais du Hezbollah libanais.

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