• Vers un

Le plan d'austérité économique du président Rohani a du mal à passer mais de là, à croire à l'imminence d'une "révolution colorée" version ukrainienne, tchèque ou géorgienne ou à un "Printemps perse" comme celui qui a plongé la Libye, la Syrie dans la guerre et le chaos, il y a un pas que seuls messieurs Ben Salmane, Netanyahu et Trump osent franchir.

Pourquoi? 

Personne ne renie les difficultés que connait l'économie iranienne, largement dépendante du pétrole et de ce fait, fragile aux sanctions que les Américains continuent à maintenir, en dépit de l'accord nucléaire signé en 2015 et l'ouverture qu'il avait promise.  Les Iraniens et à leur tête leur président sont les premiers à le reconnaître. La grogne sociale qui a éclaté jeudi à Machad avant de s'étendre à quelques villes de province, doit permettre justement à ce qu'un dialogue plus large soit ouvert entre le président Rohani d'une part et les Iraniens de l'autre  sur l'épineuse question des réformes économiques. 

Mais personne ne croirait que les Iraniens qui ont voté à 58% des voix en faveur de Rohani, et sa plate-forme économique et sociale finissent en à peine quelques mois par lui en vouloir, au point de sortir des armes et de tirer sur les forces de l'ordre auquel ce même Rohani a confié la tache de garantir la sécurité de l'État. 

A Najafabad, petite ville de la province d'Ispahan où un policier a été mortellement touché lundi soir, la population est sous le choc. Tout comme à Doroud (ouest de l'Iran, NDLR), où une mère vient de perdre son fils de 14 ans, écrasé sous le poids d'un camion de pompier, que les "casseurs" avaient lâché du haut d'une pente, un peu à la manière du camion-bélier de Nice (14 juillet 2016, NDLR) qui a foncé dans la foule!

Vidéo:  Un camion de pompier a écrasé la voiture de "Shahriyar", l'adolescent de 14 ans originaire de Doroud. Sa mère, choquée, s'exprime.  

Depuis les débordements de samedi à Doroud qui ont touché plusieurs autres villes de du pays, les Iraniens n'en reviennent pas de voir leur drapeau national être incendié sous les caméras, par des fauteurs de troubles qui agissent en "petits groupes organisés"  et qui, rien que par leurs agissements, par leurs slogans "fabriqués" se détachent de la masse de la population. Ils s'en détachent puisque que l'Iranien lambda haït la violence. Or les fauteurs de troubles que M Trump,  qualifie de révolutionnaires reconnaissent eux- mêmes d'avoir appris, via des chaines de telegram situées à l'étranger comment fabriquer des cocktails Molotov, comment tirer sur les policiers, comment brûler les bâtiments publics, ou s'en prendre aux symboles religieux religieux, bref comment se daechiser . 

Vidéo: les casseurs brûlent le drapeau iranien. Les Iraniens dénoncent un "acte de guerre"

En attendant, les premiers à se réjouir des violences en Iran, ce sont les sponsors reconnus de Daech. Dès samedi, le hashtag le plus relayé à destination de l'Iran  a été  "Iran#révolution" et le pays qui l'a exporté a été l'Arabie saoudite. Ce qui n'est pas allé d'ailleurs sans rappeler à certains commentateurs, le mot " Thora" ( Révolution en arabe) si largement véhiculé via des réseaux sociaux en Syrie, à la veille des troubles de 2011.

Vidéo: La propagande occidentale avance le bilan de 22 morts dans des violences accusant "les forces du régime". Les forces de l'ordre ont reçu la consigne de disperser pacifiquement les manifestants. Ici un membre des forces spéciales s'adresse aux manifestants. 

Mais une chose est sûre. Le coup de grisou social qui, suivant les plans du triangle Trump-Ben Salmane-Netanyahu devait provoquer une avalanche populaire propre à emporter d'un revers de main "le régime iranien" et son "embarrassante" politique régionale, " n'a pas apporté les fruits escomptés : Sur France 24 , CNN et autres médias mainstrean, les experts regrettent à peine cette absence de l'effet de boule de neige si nécessaire aux révolutions colorées. Normal, car pour avoir résisté pendant 40 ans au maximalisme de l'Occident, les Iraniens savent où se niche le vrai ennemi.....cet ennemi qui les traite de "terroristes", qui les menace de guerre et de sanctions, qui méprise leur confession, leur culture et qui attend si impatiemment leur capitulation. 

Jan 02, 2018 11:34 UTC
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