• Iran: l'Europe ne doit pas craindre les USA

Dans un entretien avec France 24, le vice-ministre iranien de l’Économie a affirmé que l’Iran restait engagé au Plan global d’action conjointe (PGAC) et à l'embelli des échanges économiques avec le monde.

« Nous nous sommes engagés à rester dans l'affaire nucléaire, mais on admet que le niveau d'investissement étranger en Iran depuis l'accord a été en deçà des attentes », a déclaré Mohammad Khazaï.

Le vice-ministre iranien de l’Économie Mohammad Khazaï. ©France 24

« Le Plan global d’action conjointe est, a indiqué Khazaï, un accord signé entre l’Iran et les six membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU. Il s’agit d’un accord dont le respect est rendu obligatoire par une résolution onusienne. Les atermoiements dans sa réalisation sont à éviter et le retrait de l'accord n’est pas possible. »

« Heureusement, les États européens dont la France ont apporté leur soutien à l’accord de Genève. Tant qu’il y aura un tel soutien unanime, nous ne sommes pas inquiets de l’avenir de l’accord », a souligné Khazaï.

Interrogé sur l’effet des menaces américaines sur les investissements étrangers en Iran, l’ancien ambassadeur aux Nations unies a expliqué : « Les menaces de Trump créent de l'instabilité. C’est ce dont nous devons tenir compte. Mais, à vrai dire, nous avons appris à vivre avec l'hostilité des États-Unis, qui ont d'ailleurs perdu de leur influence. »

Le président du comité des investissements a formulé l’espoir que l’interaction avec les pays du monde pourrait donner un coup de pouce à l’embelli des échanges économiques avec ces derniers.

Interrogé sur un possible retour de l’Iran à la table des négociations sur son programme balistique pour satisfaire Trump et éviter un nouveau train de sanctions, il a déclaré que « cette question devrait être posée au chef de la diplomatie Mohammad Javad Zarif. Mais, il est évident tout ce que l'Iran fait, ne vise pas du tout à satisfaire les velléités de Trump ». Et d'ajouter: « Les pays européens privilégient maintenant leurs propres intérêts avant ceux des États-Unis, et c'est un signe positif. En fait, les pays tels que la France et l’Italie ont l’intention de suivre leurs échanges avec l’Iran. Plusieurs pays asiatiques et européens se sont dits intéressés par l'investissement en Iran. Cependant on admet que le niveau d'investissement étranger en Iran après l’accord nucléaire est toujours en deçà des attentes. »

Les contrats signés ces dernières années s'élèvent à 24 milliards de dollars. « L’Iran a déjà conclu des accords de financement avec la France, le Danemark, l'Italie, l’Autriche ainsi que la Corée du Sud et la Chine. La situation paraît s'améliorer depuis 2015, l'année de la signature de l’accord nucléaire. Néanmoins, pour passer à la vitesse supérieure, on a besoin d’un nouveau véhicule financier. Nous en discutons à Paris avec la Banque publique d'investissement [Bpifrance] et le gouvernement », a-t-il renchéri.

Ne craignez-vous pas que les investisseurs étrangers se retirent de leurs projets sous la pression américaine, a demandé le journaliste de France 24. Khazaï a répondu: « Les projets avancent à leur rythme, pour l'instant nous n'avons enregistré aucun retrait à la suite des menaces américaines. Washington continue encore ses menaces, mais, la situation a changé. »

Concernant la récente crise en Iran et ses incidences sur son secteur économique, il a précisé: « L’une des priorités de la RII est d'écouter les critiques du peuple… Cette crise n’était pas une nouveauté. Cela pourrait arriver partout dans le monde et surtout en France. Cela n'a pas eu d'impacts considérables sur nos échanges économiques et le mécontentement sur le plan économique ou social reste relatif. Certes, tout n'est pas parfait dans le pays: ce qui n'a rien d'étonnant compte tenu des années de sanctions. Mais le gouvernement stabilise la situation et œuvre pour remédier à l'inflation et à la pauvreté. »

Feb 09, 2018 08:00 UTC
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