• Que font Iraniens et Russes à Genève?

Alors que les États-Unis travaillent à créer des "régions auto-administrées" en Syrie, l'Iran et la Russie cherchent à désamorcer leurs efforts. En utilisant le concept d'"auto-gestion" ou d'"auto-administration", Washington veut vaincre les réticences d'Ankara, un Ankara allergique à toute forme d'autonomie ou d'indépendance kurde. Mais le procédé est le même :

 les Américains qui multiplient en ce moment les conseils d'administration locaux dans les régions kurdes de Syrie, veulent en provoquer l'implosion et cherchent à affaiblir l'État syrien. Or à Genève, l'Iran et la Russie, en qualité d'alliés de Damas, négocient avec la Turquie le cadre d'une nouvelle Constitution propre à neutraliser le projet US. Le ministère iranien des Affaires étrangères a rendu public le contenu des concertations quadripartites Iran/Russie/Turquie/ONU sur la formation d’un comité de la nouvelle Constitution syrienne.

Quatre jours après la tenue réussie du sommet Iran/Russie/Turquie sur la Syrie à Téhéran et l’accent mis par le président iranien et ses homologues russe et turc sur la poursuite de la coopération tripartite pour mettre au point un comité constitutionnel syrien, le deuxième round des négociations des représentants iranien, russe et turc avec l’émissaire de l’ONU sur la Syrie a eu lieu mardi 11 septembre à Genève. L'Iran représente les points de vue syriens dans le cadre de ces pourparlers tout comme la Russie. Les délégations étaient dirigées par l’émissaire du ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Jaberi-Ansari, celui du président russe pour la Syrie, Alexandre Lavrentiev ainsi que par le vice-ministre turc des Affaires étrangères, Sadet Önel.

Dans ce cadre, le ministère iranien des Affaires étrangères a révélé le contenu des négociations. 

Les hauts négociateurs iranien, russe et turc ont négocié avec Staffan De Mistura, la formation d’un comité constitutionnel syrien, proposé déjà à Sotchi.

Les principaux points des négociations quadripartites à Genève 

Les négociateurs ont mis l’accent sur quelques points suivants :

  • Le maintien d'une solution politique syro-syrienne de la crise qui met l'accent sur la nécessité du respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale syriennes 
  • Le comité constitutionnel devra inclure diverses parties et prendre en compte la réalité sur le terrain 
  • Toutes les questions liées au comité constitutionnel devront faire partie d’un projet cohérent et elles devront être débattues en détails par les parties négociatrices.

Etant donné la sensibilité du dossier syrien, les parties demandent à ce que le comité constitutionnel soit formé dans les plus brefs délais.

Les représentants iranien, russe et turc se sont par ailleurs mis d’accord sur la formation des groupes d’expertise chargés d’accélérer le processus des négociations conjointes avec l’ONU. Par ailleurs, ils ont accepté la tenue du troisième round des pourparlers sur la Syrie d’ici fin d’octobre.

 

 

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Sep 12, 2018 09:33 UTC
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