• Iran: Bagdad met en garde les USA

Que le président irakien choisisse de se rendre en Iran pour sa première sortie étrangère, qu'il y soit accueilli par la plus haute instance décisionnelle du pays à savoir le leadership iranien et ce, après les efforts inlassables fournis par les États-Unis pour "expulser l'Iran d'Irak", cela ne prouve qu'une chose :

les États-Unis viennent de perdre une nouvelle bataille face à l'axe de la Résistance. À l'heure où la "coalition US" se dit prête à former "l'armée irakienne", armée que ces mêmes Américains ont désintégrée une première fois en 2003 et une seconde fois, en 2014 quad les hordes de Daech marchaient sur la capitale, cette visite retrouve tout son sens. Mais quel est le message crucial que veut livrer le président irakien, Barham Saleh, au monde entier? 

Outre le renforcement des relations économiques bilatérales et la poursuite du soutien à l’axe de la Résistance, la visite du président irakien Barham Saleh, effectuée le samedi 17 novembre à Téhéran, est porteur d’un message clair, dont la portée dépasse les frontières de la région, ont affirmé trois experts iraniens des questions régionales lors d’une émission télévisée.

« Les liens entre l’Irak et ses alliés sont d’une nature immuable. Le maintien des relations avec Téhéran, en dépit des pressions internationales, constitue un message transrégional que véhicule le gouvernement irakien », a affirmé Abbas Khameyar, expert iranien des questions du Moyen-Orient.

« Depuis de nombreuses années, les Saoudiens jouent un rôle destructeur dans la région. Ils ont attisé les flammes de la guerre. Ils sont à l’origine des guerres par procuration auxquelles se sont livrées les puissances régionales. L’ingérence saoudienne en Irak était si évidente que Bagdad a expulsé l’ambassadeur saoudien pour son rôle de sédition en Irak », a-t-il évoqué.

Pour rappel, des représentants de plusieurs fractions au Parlement irakien avaient demandé en juin 2016 au gouvernement d'expulser l'ambassadeur d'Arabie saoudite, Thamer al-Sabhan, en raison de ses ingérences dans les affaires intérieures de l'Irak.

Les terroristes takfiristes constituent les principaux éléments des complots saoudiens pour l'Irak, complots qui se sont d'ailleurs soldés par un échec humiliant pour Riyad. 

Finalement, il n’a fallu que les événements en Turquie pour donner le coup final aux complots saoudiens en Irak, a poursuit l’expert concluant que l’échec cuisant de l’Arabie saoudite en Irak contribue au renforcement des relations entre l’Iran, l’Irak et  d'autres pays de la région.

Selon Reza Sadr al-Hosseini, autre expert des questions régionales ayant participé à l’émission, l’Irak est, à l’heure actuelle, en pleine construction. Le terrain est désormais favorable pour qu’il bénéficie des acquis et de la technologie de l’Iran dans les tous les domaines.

L’expert explique que les pressions exercées par les États-Unis dans le cadre des sanctions pourront même s’avérer bénéfiques. L’avenir des coopérations économiques et financières irako-iraniennes laisse donc prévoir un horizon prometteur, selon Sadr al-Hossein qui appelle le secteur privé à y prendre part.

« Soutenant Daech dans toutes ses dimensions, l’Arabie saoudite a pleinement contribué à la progression du terrorisme en Irak. Or, ses dépenses visant à dresser Téhéran et Bagdad l’un contre l’autre sont parties en fumée », a-t-il souligné.

Vient le tour de Mahdi Shakibaï, qui tout en soulignant le rôle des sources d’imitation dans les évolutions en Irak, affirme que c’est grâce à l’intervention des forces de Hachd al-Chaabi, les Unités de la mobilisation populaire, que l’Irak n’est aujourd’hui pas la capitale de Daech.

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Nov 18, 2018 11:24 UTC
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