Jan 15, 2019 08:30 UTC
  • Réponse iranienne aux USA/France

"Échec du lancement d’un satellite par l’Iran", voila la phrase reprise ce mardi matin par la totalité de la presse mainstream qui souligne l'échec de la troisième phase, à savoir la mise sur orbite du satellite Payam lancé par le lancer Basir.

Cette annonce a d'ailleurs été faite par le ministre iranien de la communication qui a fait aussitôt état du lancement d'un second satellite Doosti dans les jours à venir. En effet, pour les Iraniens qui fabriquent leurs satellites eux-mêmes et ce, dans un contexte de sanctions extrêmes, l'espace finira par céder et ouvrir ses portes. Un premier satellite iranien Omid a été lancé en 2009 et sa viabilité n'a été que de deux mois. Payam avait été conçu pour être placer en orbite pour une période de deux ans. L’Iran est le seul pays de la région à avoir maîtrisé la technologie de fabrication et de lancement des satellites et à ne pas être un simple consommateur.  

Selon Hossein Mousavi, conseiller à la tête de cette agence, qui s'exprimait le 14 janvier sur la TV nationale, la mission de deux satellites Payam (Message) et Doosti (Amitié) est d'ordre technique et scientifique. Il s'agit aussi de booster les capacités nationales en termes agricoles alors que le pays s'est activement engagé dans le secteur de l'économie spatiale. D'ici quelques années, l'Iran envisage de lancer de nombreuses satellites dans l'espace" .

Le lancement de Payam a eu lieu au mépris des menaces formulées ces derniers jours par les États-Unis qui via leur secrétaire d'État, ont promis les pires sanctions, si l'Iran passait à l'acte. La France de Macron, largement tributaire des États-Unis, néanmoins dans sa politique moyen-orientale, a également jugé bon d'emboîter le pas à Washington et de demander que l'Iran cesse immédiatement ses projets de lancement et de mise en orbite des satellites. 

Selon l'agence spatiale iranienne, l’Iran se classe  au premier rang des pays de la région en termes de conception et de technologie de fabrication de satellites, et compte un grand nombre de spécialistes en la matière. En réponse aux menaces US/France contre l'Iran, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bahram Qassemi, a affirmé lundi que « l’Iran est un pays indépendant qui, en vertu des lois internationales, se réserve le droit de profiter de toutes les technologies du jour pour assurer son progrès ».

« Les mesures iraniennes dans ce domaine correspondent parfaitement à ce cadre ; à ce sujet, nous n’allons pas attendre l’avis des autres pays. Nous avions trouvé un accord, dans le passé, avec un pays européen. Malheureusement ou heureusement, le pays européen n’a pas accompli ses engagements. Or, l’Iran a poursuivi son chemin en s’appuyant sur ses propres moyens et sur le savoir-faire et l’expertise de ses scientifiques. »

Aussitôt après l'échec de la mise en orbite de l'engin Payam, le ministre iranien des Télécommunication, Azari Jahromi, a affirmé : " Nous avons dit à nos ingénieurs de se mettre tout de suite au boulot pour lancer notre autre satellite Doosti". 

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