Jan 19, 2019 11:18 UTC
  • Le sommet anti-iranien de Varsovie tourne au fiasco

Le spectacle anti-iranien des États-Unis, prévu le mois prochain à Varsovie, a échoué avant même de commencer : le sommet est déjà boycotté par la chef de la diplomatie de l’Union européenne Federica Mogherini, et même la France, dont l’alignement sur les positions de la Maison-Blanche a commencé à susciter des critiques de toutes parts, entend ne pas y envoyer son ministre des Affaires étrangères.

L’Allemagne et le Royaume-Uni ne savent pas encore à quel niveau ils seront représentés au sommet de Varsovie et le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères a déclaré qu’il manquerait l’événement en raison d’un calendrier surchargé. Dans ce contexte de frustration américaine, un quotidien israélien prévoit l’échec du sommet anti-iranien de Varsovie.       

Le quotidien israélien Haaretz a publié, vendredi 18 janvier, un article pour examiner les différentes dimensions d’un sommet anti-iranien qui se tiendra le mois prochain à Varsovie, capitale polonaise.

« Le mois prochain, Washington convoquera 70 dirigeants mondiaux à Varsovie pour tenter de former une alliance contre l'Iran. Mais ils se souviennent tous des politiques en zigzag de Donald Trump. L’objectif du sommet n’est pas clair. Il est difficile d’imaginer que ce sommet persuade les États arabes rivaux de l’Iran de prendre des mesures concrètes contre ce pays », écrit Zvi Bar'el, analyste israélien des questions du Moyen-Orient auprès de Haaretz.

L’analyste estime que même en cas de déclenchement d’une guerre contre l’Iran, tous les pays arabes auront leurs propres priorités et ne s’aligneront pas forcément aux Américains.  

« Ce n’est pas difficile de deviner qu’Israël se frotte les mains quant à ce sommet, d’autant plus que cela pourrait donner au Premier ministre Benyamin Netanyahu l’occasion de se faire photographier en train de serrer la main des dirigeants arabes. Les déclarations anti-iraniennes qui seront prononcées à Varsovie ne seraient qu'un bonus pour lui. L’organigramme de la politique américaine contre l’Iran au Moyen-Orient contraint d’abord les États-Unis d’assurer une réconciliation entre les États arabes, puis de persuader l’Irak à réduire ses liens avec l’Iran, de pousser le Liban à décider s’il convient de faire du Hezbollah un partenaire du gouvernement, de mettre fin à la guerre au Yémen et d’appeler la Turquie à renoncer à son alliance avec l'Iran. Jusqu’à présent, chacune de ces tâches s’était révélée impossible et leur réalisation impliquerait évidemment le remplacement de tous les dirigeants des États arabes ».

L’article évoque ensuite les informations superficielles de Donald Trump à propos du monde politique.

« En décembre 2018, six mois après que Donald Trump a licencié son secrétaire d'État Rex Tillerson, ce dernier a déclaré que le président n'aimait pas lire et qu’il ne lisait pas les rapports de briefing et qu’il n'aimait pas entrer dans les détails de beaucoup de choses », ajoute Zvi Bar'el.

Le quotidien américain The Wall Street Journal a récemment rapporté que tous les efforts de l’administration américaine destinés à rallier les pays européens à sa campagne de pression contre l’Iran avaient tourné au fiasco. Des sources concordantes réaffirment que les membres de l’Union européenne pourraient boycotter le prochain sommet de Varsovie.

Mots clés

commentaires