Feb 12, 2019 17:14 UTC
  • Le boycott du sommet de Varsovie profite au Liban

Faisant référence à la récente tournée au Moyen-Orient du secrétaire d’État US, Mike Pompeo, pour préparer le terrain au sommet anti-iranien des 13 et 14 février dans la capitale polonaise Varsovie, Abdel Bari Atwan, célèbre écrivain du monde arabe, a comparé la réunion avec « la Mosquée de la discorde d’al-Dirar », créée par les compagnons hypocrites du noble Prophète au début de l’islam et dont l’histoire est relatée dans le Coran.

« La conférence de Varsovie est la mosquée d’al-Dirar et son boycott constitue un grand acquis pour le Liban », a insisté Atwan dans son dernier éditorial pour le quotidien Raï al-Youm.

Concernant les évolutions intérieures libanaises, le journaliste évoque dans son article les propos tenus par le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, selon qui la formation du cabinet au Liban est « un grand acquis ».

« Mais il y a un acquis encore plus grand pour les Libanais, celui de boycott de la mosquée d’al-Dirar de Varsovie », a insisté M. Atwan en allusion à la conférence anti-iranienne et au rejet par les Libanais de la réunion préparée par les États-Unis dans la capitale polonaise.

Saluant le consensus politique au Liban qui a su mettre fin pacifiquement au vide politique dans le pays, l’intéressé évoque la visite officielle du ministre iranien des Affaires étrangères, le premier à s’être déplacé au Liban après ce tournant politique dans le pays, pour dire qu’il n’est pas étonnant que Mohammad Javad Zarif qualifie de « grand acquis national » la formation du cabinet, car il s’agit d’un événement politiquement majeur dans la conjoncture délicate que connaît actuellement le Liban.

Qualifiant de « courageuse » et de « geste national » le boycott par le nouveau gouvernement libanais de la conférence « pour la paix et la sécurité au Moyen-Orient » de Varsovie, qui commencera ses travaux demain mercredi 13 février, l’analyste arabe a écrit : « Le geste est important, car cette réunion vise à former une coalition politico-militaire contre l’Iran et à préparer le terrain pour l’adoption du “Deal du siècle” élaboré par le président américain, Donald Trump, dans le but d’imposer une approche et des politiques qui servent l’objectif israélien de liquidation de la cause palestinienne et de normalisation entre le régime de Tel-Aviv et les pays arabes. »

Il s’agit d’une conférence dont les invités de marque sont le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et son bon élève, Jared Kushner, gendre et haut conseiller de Trump.

Raï al-Youm évoque également la conférence de presse du ministre libanais des Affaires étrangères, Gibran Basil, aux côtés de son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif, au cours de laquelle le chef de la diplomatie libanaise a ouvertement déclaré qu’il ne participerait jamais à une conférence où sont présents les représentants du régime occupant israélien et que son pays n’agira qu’en vertu de sa politique de principe, à savoir « garder le Liban à l’écart des crises régionales.

Selon l’auteur de l’article, cette position sage du Liban en faveur du gouvernement iranien mérite un retour d’ascenseur de Téhéran, à qui le président Michel Aoun a demandé une aide pour le rapatriement de plus de 1,5 million de réfugiés syriens actuellement présents au Liban.

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif avait qualifié le mois dernier ce rendez-vous de Varsovie de « cirque anti-iranien désespéré ».

 

 

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