Jun 06, 2019 16:37 UTC
  • Iran: Paris se retire de l’accord nucléaire!

Il est tout de même extraordinaire de voir Emmanuel Macron, le président de France, signataire de l’accord nucléaire internationalement reconnu de 2015, liquider si froidement ce même accord pour cause de ses liens de vassalité avec les États-Unis, ceux-là mêmes qui avaient tiré la première salve en direction des intérêts économiques français en Iran en brandissant sous le nez des entreprises françaises l’éventail des sanctions extraterritoriales qui allaient s’imposer à elles.

Des entreprises qui ont bien reçu le message et vite : Total s’est retiré du marché pétrolier iranien au profit des Asiatiques, Renault et Peugeot l’ont suivi de près, quitte à en subir de sérieux contrecoups.  

Ce jeudi donc, Emmanuel Macron a officiellement annoncé le retrait de la France du PGAC en exigeant de « nouvelles négociations », « un nouvel accord » et surtout en soulignant que son pays, tout comme les États-Unis, ne voulait pas que « l’Iran acquière l’arme nucléaire ». Peu importe si l’ami Trump a transmis la technologie nucléaire ou balistique à Riyad, dont le régime tue à coup d’armes françaises des centaines de civils yéménites par semaine.

La France d’Emmanuel Macron rejette ainsi sa part de responsabilité en tant que signataire du PGAC en plaidant en faveur de « nouveaux pourparlers » capables d’assurer l’objectif conjoint américano-français qui consisterait à empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.

Mais ce faisant, elle discrédite plus de 10 ans d’efforts diplomatiques ayant abouti à l’accord de Vienne. Et ce n’est pas tout : sur les pas de l’« ami Donald », Paris foule au pied le droit international de même que le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique, qui confirme toujours la fidélité de Téhéran à cet accord. Ce jeudi alors que Trump réitérait pour la quatrième fois consécutive en l’espace de quelques jours son désir d’ouvrir un dialogue nucléaire « sous pression maximale » avec l’Iran, le président français a cru bon d’en rajouter : il veut intégrer les missiles iraniens et le rôle de l’Iran dans ces soi-disant pourparlers à venir.

Mais la question qui se pose désormais est la suivante : si ce dialogue venait jamais à s’ouvrir, à quel titre la France macroniste voudrait-elle y prendre part puisque son président vient de rendre nulle et non avenue sa signature au bas d’un document ayant fait l’objet d’une résolution du Conseil de sécurité ?

Le président américain Donald Trump et le président français Emmanuel Macron se sont rencontrés aujourd’hui à Caen, en Normandie dans le nord-ouest de la France, en marge des commémorations du 75e anniversaire du débarquement des Alliés de la Seconde Guerre mondiale.

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