C'est en Irak et dans la ville de Mossoul que sera décidé le sort du groupe terroriste Daech.

La ville de Mossoul pourra respirer avec soulagement, qu'importe combien de temps l'opération prendra, affirme à la chaîne RT Catherine Shakdam de l'Institut Shafaqna pour les études du Moyen-Orient.

« Mossoul est devenue le prochain Alep. Tout sera décidé là-bas », pense-t-elle, ajoutant que Daech « est manifestement bien en train de s'enfuir. Ils abandonnent tout ce qu'ils ont en Irak car sitôt le pays libéré, ils n'auront nulle part ailleurs où aller ».

Selon elle, il n'y a aucun doute sur le fait que les djihadistes seront chassés de la ville bien que l'opération de libération ait commencé en octobre dernier et progresse assez lentement depuis lors.
« Il est difficile de prédire si cela prendra un mois, deux mois, trois, quatre, cinq ou six. Nous ne savons pas. Le fait est que ce qui s'est passé à Alep, se passera à Mossoul. La ville sera libérée et Daech en sera chassé car il est une entité étrangère sur ce territoire ».

Pourtant, l'opération sera compliquée par les forces « qui poursuivent le financement du terrorisme » si elles persistent dans leurs efforts de créer « une enclave » au Moyen-Orient. Néanmoins, Daech sera obligé de partir ou « s'en fera sortir ». Bien qu'aujourd'hui les terroristes cherchent apparemment à semer le trouble sur le sol irakien.
« Visiblement, Daech essaye désespérément de semer la pagaille. Ce qu'ils font, c'est de recourir à des tactiques de guérilla dans leurs tentatives de faire peur à la population (…). C'est ce qu'ils font ces dernières années non seulement en Irak, mais aussi en Syrie et sans doute dans d'autres pays du Moyen-Orient. Je doute que cette tactique marche, ça n'a jamais marché », fait remarquer Mme Shakdam.
Un autre sujet rarement abordé est l'esprit combattant des Irakiens : le peuple irakien s'est montré résilient et courageux, a organisé des milices populaires pour lutter contre Daech, reprendre le contrôle de son territoire et de son identité nationale.

« On tend à oublier que les terroristes essayent d'exploser la nationalité — le sens du peuple d'appartenir à un certaine terre, à une certaine culture, à une certaine tradition pour qu'ils puissent lui imposer le leur. C'est ce que les Irakiens ont dû combattre », résume Mme Shakdam.

Le début de l'opération visant à libérer Mossoul, détenue par Daech depuis juin 2014, a été annoncé par le premier ministre irakien Haïder al-Abadi dans la nuit du 16 au 17 octobre. L'offensive est menée par l'armée et la police irakiennes, soutenues par les milices kurdes et les avions de la coalition anti-Daech dirigée par les États-Unis. Les forces irakiennes sont parvenues à reprendre aux djihadistes environ les deux tiers de l'est de la ville depuis le début de leur opération. Mais les djihadistes opposent une résistance acharnée et contrôlent les quartiers ouest de Mossoul. En outre, la progression de la police et de l'armée et l'appui aérien de la coalition internationale sont freinés par la présence de centaines de milliers de civils, des voitures piégées et des tireurs embusqués des terroristes.

Avec Sputnik

Jan 09, 2017 04:50 UTC
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