• Pourquoi Israël dit non à Moscou?

Parallèlement aux pourparlers officieux qui se déroulent pour décider des modalités de la trêve russo-américaine, d’autres pourparlers ont lieu à Deraa pour obtenir le désarmement d’Al-Nosra, milice terroriste dont les membres se font soigner depuis 2013 en Israël.

Selon des sources citées par le journal Al-Akhbar, les discussions portent effectivement sur le sort de Hayat Tahrir-al Cham (ex-Al-Nosra) dans la province de Deraa comme le veut l’une des clauses de la trêve russo-américaine : suivant cette clause, les éléments non syriens d’Al-Nosra devraient quitter Deraa, ce qui va permettre aux forces syriennes et à leurs alliés d’avoir les coudées franches pour mieux se concentrer sur la lutte contre le terrorisme. 

D’après le journal, Al-Nosra se trouve face à un double choix : il devra quitter Deraa pour Idlib, ce qui demande des coordinations préalables avec les autorités syriennes, ou il devra rallier les terroristes du front Sud. Dans les deux cas, il s’agirait d’une tentative destinée à « homogénéiser » les terroristes qui, répartis entre différents groupes, ont du mal à tenir tête aux forces syriennes et au Hezbollah. Dans la Ghouta orientale aussi, les terroristes appartenant à différents groupes devraient fusionner pour créer ce que les Américains qualifient d’« Armée nationale unie ». Dans le Nord syrien, Ahrar al-Cham s’est dit même prêt à accepter d’être administré par l’ASL. Mais à qui profite la perspective d’une telle fusion ? 

Alors que depuis 2011, les groupes armés vont d’accord en accord pour rallier leur voix et afficher un front uni face au « régime syrien », et ce, sans succès, cette fusion à venir pourrait ne pas avoir d’autres effets qu’approfondir les divergences entre les groupes terroristes. Pire encore, l’éventuelle disparition d’Al-Nosra de la région du sud est une mauvaise nouvelle pour Israël qui compte sur les terroristes d’Al-Qaïda pour pérenniser le conflit dans le Sud contre l’armée syrienne et le Hezbollah.

Dimanche, le Premier ministre israélien est revenu sur son « oui » initial à la trêve russo-américaine à Deraa, en prétendant qu’il ne garantissait pas la sécurité israélienne comme il faut : les clauses de cet accord que Tel-Aviv croyait être une soupape de sécurité pour ses intérêts expansionnistes dans le Golan occupé ainsi que dans le sud de la Syrie surprennent désagréablement Netanyahu et son équipe.

 

Jul 17, 2017 11:18 UTC
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