Le "chiisme" divise fortement la cour saoudienne : alors que tout est mis en place pour que le prince héritier Mohammad Ben Salmane monte au trône, une question divise son entourage : comment se prendre avec les chiites? Est-il dans l'intérêt de Riyad de continuer à vouer aux gémonies "l'Iran chiite" et les populations chiites de la région ou faut-il chercher un mécanisme pour composer avec?

Les experts des questions de l'Asie de l'ouest, Davoud Ahmad-Zadeh, entrevoit à travers " les fluctuations saoudiennes" dans son comportement envers l'Iran, "le signe d'un malaise et d'une confusion qui empêchent les Saoudiens d'avoir de la cohérence dans leur politique iranienne" : " les princes saoudiens sont divisés sur la question iranienne. Il en est de même pour la politique à adapter vis-à-vis de la communauté chiite de l'Asie de l'ouest. La guerre sanglante en Syrie a fait ouvrir une plaie ancienne et le soutien de l'Iran aux Houthis du Yémen a aggravé cet état. Mais les Saoudiens se sont montrés incapables de sortir de l'ornière et d'élargir leur horizon. Leurs liens très étroits avec les États-Unis ont de fortes répercussions sur leurs relations avec l'Iran et sont à l'origine des inimitiés injustifiées. Depuis la désignation de Mohammad Ben Salmane à la succession au trône, les bruits se font de plus en plus entendre concernant une normalisation saoudienne avec le régime sioniste. 

Mais est-ce dans l'intérêt de Riyad de rejeter sans cesse les appels au dialogue de l'Iran et d'aller sur la voie de la confrontation? 

Et l'expert de répondre :" En réalité, la cour des Saoud est bien divisée là-dessus. L’enlisement du conflit au Yémen, la défaite des projets saoudiens en Syrie, ou encore en Irak ont prouvé à quel point la logique d'affrontement et de confrontation est peu porteuse. Au Fait, dans aucun de ces dossiers, le régime de Riyad n'a cherché à assurer ses intérêts mais ceux des Américains et Israéliens. Il est grand temps que Riyad prenne conscience de l'absurdité de ses démarches et agisse en acteur "indépendant". Ce sera alors un dialogue d'État à État qui s'établira entre Riyad et Téhéran. Car tout majoritaire qu'elle soit, la communauté chiite occupe une grande place au sein du monde musulman et le gardien des lieux saints ne peut nier cette réalité". 

Sep 13, 2017 12:40 UTC
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