• Donald Trump et Benyamin Netanyahu se serrent la main, au musée d’Israël à Qods, le 23 mai 2017. ©AP
    Donald Trump et Benyamin Netanyahu se serrent la main, au musée d’Israël à Qods, le 23 mai 2017. ©AP

Conformément à l’accord de réconciliation signé le 12 octobre dernier au Caire entre les mouvements Hamas et Fatah, le gouvernement d’union nationale palestinien a pris le contrôle de la bande de Gaza depuis le 1er décembre.

L’opposition des États-Unis et de son allié Israël à cet accord, qu’ils essayent de faire capoter depuis des mois, n’est pas une surprise. Dernier effort en date pour arriver à ce dessein : la reconnaissance unilatérale par Donald Trump de Qods comme capitale d’Israël.

Dans cette affaire, Washington a fait appel à son principal maître d’œuvre dans la région, c’est-à-dire l’Arabie saoudite. Les lois aux États-Unis ne remettent pas en cause la décision de l’administration Trump et ne lui interdisent rien en la matière.

En fait, en scellant le déménagement de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Qods, Donald Trump vient de se conformer à une loi du Congrès adoptée en 1995, mais dont l’application est bloquée tous les six mois depuis 20 ans par les présidents américains qui se sont succédé : sous la pression internationale et par crainte des violentes réactions des pays islamiques. Mais cette fois, c’est à l’ombre du dévouement de l’Arabie saoudite que les projets israélo-américains trouvent l’occasion de voir le jour. 

Riyad a fait une proposition qui annule le retour des réfugiés et la reconnaissance de Qods comme capitale de l’État palestinien. En parallèle à la nouvelle décision de Trump au sujet de Qods, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane propose que le village d’Abou Deis, près de la ville sainte, devienne la future capitale palestinienne. La télévision israélienne a annoncé que ce plan avait été divulgué lors de la visite de Mahmoud Abbas à Riyad.

D’un autre côté, le plan de Trump, porté par son conseiller et gendre Georges Kushner, plaide pour des négociations menant à une normalisation des relations israélo-palestiniennes.

Dans le cadre d’un accord d’entente, le régime israélien était prêt à provoquer la reprise de ses relations avec les Palestiniens, mais dorénavant, il a changé d’avis, estimant que les pays arabes ont besoin de renouer avec Israël. Or, dans le cadre des politiques de l’entité sioniste, qui tente par divers moyens de déposséder les Palestiniens de leur terre ancestrale, Tel-Aviv a suggéré fin novembre qu’« un État palestinien alternatif pourrait être créé dans la péninsule du Sinaï en Égypte », selon le site Al-Ahed.

Ces politiques finissent encore une fois par exacerber les tensions entre le régime d’Israël et les pays arabes. Elles font totalement fi des revendications des Palestiniens : le retour des réfugiés dans les territoires occupés, la création d’un État indépendant avec Qods comme capitale, la libération des territoires palestiniens occupés par les Israéliens. Pour venir à la table des négociations, Tel-Aviv demande en échange des concessions complètement disproportionnées, malgré l’expérience de ses désengagements.

Réveil du monde musulman

La reconnaissance de Qods comme capitale d’Israël est une initiative qui inclut le transfert de l’ambassade des États-Unis dans cette ville. Elle faisait partie des promesses électorales de Trump pour attirer le soutien des lobbies sionistes.

Que cette décision soit appliquée dans les plus brefs délais ou qu’elle soit ajournée, l’important pour Donald Trump est qu’elle voie le jour d’ici les quatre prochaines années, avant la fin de son mandat présidentiel, de sorte à avoir en main un autre levier politique pour les prochaines élections.  

 

Dec 07, 2017 17:48 UTC
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