Éminent journaliste du monde arabe Abdel Bari Atwan estime que les slogans des peuples de la région dont le peuple jordanien contre les dirigeants arabes, entre autres MBS, marquent le début de la rupture et de l’isolement de l’axe baptisé « l’axe modéré arabe » qui est en faveur d’un compromis avec Israël.

Dans son dernier article daté du dimanche 10 décembre, Atwan s’est penché sur la manifestation des milliers de Jordaniens contre la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Qods comme capitale d’Israël, la solidarité envers le peuple palestinien et la réaction des manifestants aux dirigeants de l’axe de compromis avec Israël.

Abdel Bari Atwan, éminent journaliste du monde arabe. ©Tasnim News 

Le président américain Donald Trump n’est pas la seule personne qui a fait une erreur de calcul et sous-estimé la réaction du monde arabo-musulman envers sa décision catastrophique de proclamer Qods capitale d’Israël.

Il est clair que ses plus proches alliés dans la région comme l'Arabie saoudite, l'Égypte et les Émirats arabes unis ont commis la plus grande erreur quand ils n'ont pas pris une position forte en tant que moyen de dissuasion, n’ont pas mis en garde Donald Trump contre les conséquences de sa décision, et n’ont pas défendu les principes immuables de l’Oumma islamique ainsi que la colère actuelle des nations musulmans. Voilà pourquoi, les Israéliens se sont félicités dans leurs médias de la position pro-israélienne des plus proches alliés de Washington.

Lorsque des milliers de manifestants en colère à travers la Jordanie ont scandé, pour la première fois dans l’histoire du pays, des slogans en condamnation du prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane, tout en l’accusant d’être mercenaire des États-Unis et que le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi essuie des slogans similaires dans certains pays arabes et ses forces de sécurité arrêtent un nombre de manifestants rassemblés devant le Syndicat des journalistes, cela marque le début de la division et de l'isolement de « l’axe modéré arabe » au sein du monde arabo-musulman.

On ne sait pas sur quelle base a-t-il fondé ce soi-disant « axe modéré arabe » ses principes stratégiques dans la région et sur quel critère définit-il sa doctrine militaire et politique, mais on sait bien que les rivaux régionaux de cet axe, collecteront les fruits de ces erreurs, tout en ralliant les nations arabes. Le point le plus important c’est que ces rivaux régionaux placeront les membres de « l’axe modéré arabe » dans les rangs de ceux qui emboîtent le pas aux politiques actuelles des États-Unis en soutien au racisme terroriste d’Israël. Et ce alors que les rapports de force et les alliances dans la région changent à grande vitesse au détriment des États-Unis.

Il est difficile pour nous de dire à coup sûr qui induit en erreur l’autre. Est-ce c'est le président américain qui induit en erreur ses alliés « modérés » ? Ou bien ce sont les alliés de Trump qui l’ont fourvoyé tout en lui disant que les nations arabes et islamiques sont dans le coma et qu'il devrait aller de l'avant avec ses plans pour transférer l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Qods, et reconnaître la politique israélienne consistant à tout imposer en ayant recours à la force dans tous les territoires occupés. Cela peu importe, il faut dire que ce «choc» déclenchera le mouvement de l'éveil dans le monde arabe et islamique.

Les dirigeants saoudiens ont donné un pot-de-vin de 500 milliards de dollars à Trump en investissant en matière d’armements, franchi des pas de géant dans le sens de la normalisation de leurs relations avec les occupants israéliens et donné le feu vert à certains écrivains à leur solde de redorer l’image des juifs et Israéliens et de qualifier de coupables les Palestiniens.

La Jordanie et le Maroc se sont retirés de « l’axe modéré arabe ». Il n’est pas surprenant que l’Égypte soit le troisième pays à le faire dans un proche avenir à cause de la tension interne due à la remise des îles Tiran et Sanafir à l’Arabie saoudite ainsi qu'à  l’augmentation des rapports sur un plan consistant à créer « une patrie alternative pour les Palestiniens dans le Sinaï », à la montée de la répression et la confiscation des libertés sur fond de crise économique et à l’échec de la plupart des solutions pour remédier à ces problèmes.  

Rex Tillerson, secrétaire d'État américain, a conseillé aux dirigeants saoudiens de faire preuve de calme en traitant les dossiers de ses crises et différends au Yémen, au Liban et au Qatar et de revoir ses politiques à cet égard.

 

Dec 10, 2017 12:06 UTC
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