Feb 24, 2018 07:59 UTC
  • Damas se moque de la médiation française

La diplomatie syrienne a rejeté, vendredi 23 février, l’offre de médiation de la France pour résoudre la crise syrienne.

« Les conditions requises pour une médiation française pour la paix en Syrie ne sont pas réunies. Damas n’en veut pas, car la France n’est pas à la hauteur d’un tel rôle », note le ministère syrien des Affaires étrangères, dans un message qu’il adresse au Secrétaire général de l’ONU et au président du Conseil de sécurité.

Réitérant sur l’opposition du gouvernement syrien aux positions « hostiles » de la France dont l’objectif n’est rien d’autre que d’augmenter la pression sur Damas, la diplomatie syrienne a déclaré qu’il faut transmettre le dossier à un médiateur « compétent ».

« Les politiques de la France prises, depuis le début du conflit, envers Damas, au Conseil de sécurité étaient toujours basées sur de fausses accusations et mensonges. La France qui a été le porte-étendard du soutien aux groupes terroristes actifs en Syrie, dont et notamment le Front al-Nosra (branche syrienne d’Al-Qaïda) et ses groupuscules alliés, et cela dès les premiers jours du conflit, n’a pas les compétences d’une médiation pour la paix en Syrie », insiste Damas dans sa missive à l’adresse de l’ONU et en réponse à une lettre de l’ambassadeur français envoyée le 7 février à l’ONU proposant une médiation de la France.

Fustigeant l’absence de volonté politique de Paris sur la crise syrienne, la diplomatie syrienne a déclaré que « l’actuel gouvernement français, tout comme ses prédécesseurs, en soutenant les bons terroristes » a terni encore davantage l’image de la France dans la région et dans le monde.

« Certes la France ne veut pas s’interposer pour sauver les civils et stopper les bains de sang provoqués par les terroristes, mais un autre intérêt l’incite à intervenir : la richesse en pétrole et en gaz de la Syrie », peut-on lire toujours dans la lettre.

Le ministère syrien des Affaires étrangères a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à mettre fin aux tentatives de la France visant à offrir une tribune aux terroristes. « Ces gestes de la France ternissent l’image de l’ONU et vont à l’encontre des résolutions de cette instance internationale », conclut la lettre.

« Nous avons en effet changé la doctrine française à l’égard de la Syrie pour pouvoir avoir des résultats concluants et travailler de manière très étroite avec nos partenaires, en particulier les États-Unis d’Amérique », avait prétendu Emmanuel Macron, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue américain Donald Trump à l’Élysée, en juillet dernier.

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