• Israël/Liban: vers une guerre réelle?

Le chef d’état-major israélien Gadi Eisenkot s’attend à une guerre contre le Hezbollah avant la fin de l’année, mais cette menace est-elle réelle ou s’agit-il juste d’une « guerre psychologique » ?

Le célèbre journaliste du monde arabe, Abdel Bari Atwan, s’est penché dans un article paru dans le quotidien Rai al-Youm sur les déclarations du chef d’état-major de l’armée israélienne, Gadi Eizenkot, qui a prévu qu’une guerre dévastatrice serait déclenchée pour éliminer « le Hezbollah libanais », qualifiant la Syrie et l’Iran de « plus grande menace » pour le gouvernement occupant israélien.

Les autorités israéliennes n’ont pas cessé, ces dernières années, de parler de ces menaces, mais le point qui mérite réflexion est que le général Gadi Eizenkot a défini, cette fois-ci, la date de cette guerre. Il a dit qu’avant la fin de son mandat à la tête de l’état-major de l’armée israélienne, dans huit mois, une telle guerre se produirait.

Les commandants de l’armée israélienne n’ont pas l’habitude de parler clairement des dates de leurs guerres pour des raisons de « secret militaire », mais on ne sait pourquoi le général Eizenkot a violé cette règle et s’exprimant si clairement.

On ne discutera pas du fait que le plus grand danger militaire pour les Israéliens sera le front du Nord, où se trouvent notamment l’Iran, la Syrie et le Liban, puisque tous les autres pays voisins de la Palestine occupée, en particulier l’Égypte et la Jordanie, se sont transformés en « alliés » du régime israélien et coopèrent sur le plan sécuritaire avec les dirigeants israéliens. L’Arabie saoudite et d’autres États arabes du golfe Persique sont passés, ces dernières années, de la catégorie « ennemis » à la section « amis » et ont rejoint le camp israélien face à l’Iran, considéré comme « le nouvel ennemi ».

Les Israéliens et leurs alliés américains et européens n’annoncent leurs calendriers militaires que lorsque les préparatifs sont terminés, et il est très clair que « l’heure H » a été définie, ce qui explique la décision soudaine du président américain Donald Trump de retirer les troupes américaines de Syrie. Et les spéculations sur son retrait de l’accord nucléaire iranien début mai vont bon train.

Le général Eizenkot a parlé des milliers de cibles du Hezbollah au Liban, qui se trouvent sur « la liste de destruction », et il a explicitement déclaré que le champ de bataille s’étendrait de Beyrouth à la frontière libanaise avec la Galilée, signifiant que le Hezbollah et ses infrastructures civiles et militaires seraient la cible de cette guerre. Cela veut dire que le scénario de la guerre de 2006 sera répété, mais en mobilisant un plus grand potentiel de destruction.

Le journal Rai al-Youm écrit que le commandant de l’armée israélienne a également déclaré qu’aucun civil ne serait à l’abri lors de la prochaine guerre au Liban, déclaration très dangereuse, laissant craindre des massacres sans précédent pour les chiites du sud du Liban.

Il semble que les tirs des militaires israéliens en direction des civils qui ont participé à la Marche du grand retour, il y a trois jours, dans la bande de Gaza et la mort de 16 Palestiniens innocents, abattus par des snipers israéliens, aient tous eu lieu sous la supervision du général Eisenkot et qu’ils s’inscrivent dans le premier chapitre des prochains « crimes de guerre » d’Israël.

Le général Eisenkot profère donc des menaces et parle ouvertement de la destruction d’autrui. On dirait que la guerre contre le Liban est pour lui « une promenade de santé » dont les résultats sont garantis, « une voie à sens unique ». Et ce discours, même s’il s’inscrit dans un contexte de guerre psychologique, est contraire à la réalité, parce que l’autre front, c’est-à-dire l’axe de la Résistance, a une capacité offensive et destructrice sans précédent, et qu’il déversera tout son arsenal de roquettes sur les villes israéliennes.

Le secrétaire général du Hezbollah Seyyed Hassan Nasrallah avait déjà averti les Israéliens contre une guerre à venir, et leur avait demandé de sortir rapidement des territoires occupés. Il existe chez cet homme une parfaite adéquation entre ses paroles et ses actes, comme l’ont prouvé les guerres précédentes.

Plus loin dans ses propos, Abdel Bari Atwan a écrit : « Je ne suis pas d’accord avec le général israélien Eisenkot qui dit qu’en cas de guerre, l’Iran n’interviendrait pas pour soutenir le Hezbollah, car l’Iran, le Hezbollah et la Syrie sont un bloc militaire et politique dont les dirigeants sont bien conscients du fait que ce sera la dernière guerre dans la région. Ils ne laisseront donc pas le Hezbollah seul dans la guerre contre Israël en regardant de loin le spectacle. Dans ce contexte, nous croyons donc que les paroles du général Eisenkot ne sont qu’un vœu pieux ».

Le point qu’ignore le chef d’état-major de l’armée israélienne est que son « Dôme de fer » ne sera pas en mesure de protéger le gouvernement et les colons israéliens lors de la prochaine guerre contre le Hezbollah, puisqu’il n’est pas suffisamment performant pour pouvoir faire face au déluge de feu du Hezbollah sur les villes et les colonies israéliennes.

Si les missiles « Patriot », qui représentent le nec plus ultra des systèmes de défense antiaérienne américains, ne sont pas parvenus à abattre les missiles tirés par Ansarallah en direction de Riyad, comme l’a reconnu lui-même le général Eisenkot, comment les versions israéliennes de ces batteries antimissiles pourraient-elles faire face aux missiles plus sophistiqués et plus efficaces du Hezbollah libanais, sans parler des missiles iraniens et syriens ?

 

 

Mots clés

Apr 02, 2018 12:46 UTC
commentaires