• La Syrie pardonnera-t-elle au Hamas?

Dans son éditorialiste paru dans le journal Rai al-Youm, le célèbre analyste Abdel Bari Atwan s’est penché sur les récentes déclarations du chef du bureau politique du Hamas Ismaïl Haniyeh concernant les relations entre la Résistance palestinienne et la Syrie.

C'est pour la deuxième fois en moins d’un mois, qu'un haut dirigeant du Hamas apparaît sur l’écran et annonce la volonté de ce mouvement de tourner très vite la page et de reprendre ses liens avec Damas. Après l’interview de Yahya Sinwar avec la chaîne Al-Mayadeen, c’est au tour d’Ismaïl Haniyeh de démentir, dans un entretien avec Sputnik, toute hostilité à l'égard du gouvernement syrien. Haniyeh a même affirmé que tout ce qui avait été attribué en ce sens était inexact.  

"Jamais le Hamas n'a nourri d'hostilité envers l’État syrien qui a toujours soutenu la Résistance à des moments sensibles et déterminants", a affirmé Haniyeh avant de souligner que l’Iran "est un pays clé dans la région dont les relations avec le Hamas sont stratégiques".

Rai al-Youm affirme, dans son article, ne pas savoir quels seront les effets immédiats des « excuses » formulées avec une si grande clarté et de surcroît par deux cadres du mouvement à savoir Haniyeh et Sinwar sur les dirigeants syriens. La réalité est que la Syrie est l'un des piliers de l'axe de la Résistance qui n'a cessé de soutenir la cause palestinienne et qui, pour cet attachement à la cause palestinienne, est entrée dans quatre guerres face à Israël lors desquelles elle a même perdu une partie de son territoire (les hauteurs du Golan). L'Etat syrien a également hébergé plus de 400 réfugiés palestiniens sur son sol, leur accordant, chose rare, les mêmes droits qu'à ses propres citoyens.

« En effet,  toutes les composantes du Hamas ne sont pas responsables de la brouille qui a éclatée en 2011 entre le mouvement et Damas. Il y a là une part non-négligeable qu'ont joué certains éléments du Hamas, trop proches des monarchies arabes du golfe Persique; soit ce camp qui a été le fer de lance du projet américano-arabe lequel cherche à démembrer tous les pays de la région notamment l’Irak et la Syrie et à balayer d'un revers de main la cause palestinienne », a précisé Atwan.

"Mais en face, ajoute le journal, il y a  l’aile militaire du Hamas qui se considère avec force et conviction comme faisant partie de l’axe de la Résistance et qui croit à la nécessité d'un renforcement des liens entre le Hamas et le Hezbollah libanais".

Le rédacteur en chef de Rai al-Youm Abdel Bari Atwan conclu son article ainsi : « La Syrie est un grand pays dont les dirigeants se comportent de façon responsable face à ceux qui s’opposent au monde musulman. Nous estimons qu’il est l’heure d’évaluer les positions et de reconnaître des erreurs du passé et de rétablir les ponts d’amitié et de fraternité avec le mouvement national palestinien. L'heure est grave, c'est l'existence même du monde musulman qui est en cause. La « Résistance » est une stratégie de libération qui n'a désormais plus aucune alternative".

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Jun 13, 2018 10:55 UTC
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