• Syrie: que préparent les USA à al-Tanf ?

Le plan américano-sioniste dans le sud de la Syrie visait à changer la donne sur les frontières d’Israël : en échange d’une évacuation de terroristes retranchés à Deraa, l’armée syrienne aurait dû créer un périmètre de sécurité au Golan et à Quneïtra, ainsi que le réclamaient Israël et les Américains.

Les Russes auraient même été mis sous pression aussi bien de la part de Washington que de la part de Tel-Aviv pour contribuer à établir ce « périmètre de sécurité » : en d’autres termes, la Russie a été appelée à obtenir le retrait du Hezbollah et des conseillers militaires iraniens du Sud syrien à défaut de quoi la sécurité des JO 2018 aurait pu être mise en danger. 

Mais cette zone tampon au sud, pour ainsi dire exigée par l’axe Washington-Tel-Aviv a été loin de rassurer Assad qui a exigé en revanche le retrait des forces américaines d’al-Tanf cette localité ultra-stratégique située dans le triangle frontalier Syrie/Jordanie/Irak. 

À l’heure que l’armée syrienne a massé munitions, équipements et effectifs au sud de la Syrie prête à passer à l’offensive contre les terroristes à qui elle a lancé un ultimatum : rendez vos armes et ayez la vie sauve ou restez et mourrez. 

Le scénario « Périmètre de sécurité » au sud ayant échoué, les Américains et les Israéliens se sont mis donc à cogiter à nouveau. Voici les résultats de ces cogitations : depuis 5 jours, les terroristes de Daech commandités par les officiers américains et de l’OTAN basés à al-Tanf multiplient les assauts depuis l’est de l’Euphrate contre Abou Kamal. Idem pour les daechistes retranchés dans le désert de l’est de la Syrie qui prennent d’assaut les positions de l’armée et de la Résistance à al-Tanf. Il s’agit pour ces derniers d’inverser la donne sur le champ de bataille et surtout dans ces régions frontalières avec l’Irak, et ce, de façon à retarder, voire bloquer les opérations de l’armée syrienne au sud. Mais ce n’est pas tout : la Turquie est, elle aussi de la partie. De concert avec les Américains, les terroristes liés à Ankara auxquels se sont ralliés les mercenaires pro-Riyad ont attaqué Khan Touman au sud-ouest d’Alep où sont positionnées les forces de la Résistance. Les positions de celle-ci ont été également prises pour cible dans l’ouest d’Alep.

Désormais, les chefs de guerre d’al-Nosra se revendiquent très clairement de la Turquie et affirment partager les mêmes intérêts que ceux des Turcs. La stratégie US/Turquie consiste donc à ce stade à empêcher coûte que coûte la reprise de Deraa par l’armée syrienne, et ce, au grand profit d’Israël. 

L’axe Ankara-Washington s’est reformé. Il vise, par al-Nosra et Daech interposés, à paralyser l’offensive de l’armée syrienne au sud. Et pourtant les choses ne vont pas dans le sens souhaité par Washington : l’offensive de l’armée syrienne avance au nord-est de Soueida située au sud de la Syrie. Les terroristes de cette zone sont pilotés depuis la base américaine à al-Tanf et malgré ceci, ils sont à deux pas d’être totalement vaincus. 

Et la Russie, participera-t-elle à l’offensive du sud ? 

Depuis Hmeimim où se situe la base aérienne russe, les vols seront multipliés pour frapper les positions terroristes dès les premières heures de la bataille au sud. Les daechistes et compères sont totalement démantelés au nord d’Abou Kamal et ceux, repliés dans le sud de cette localité guettent avec appréhension l’arrivée des premiers contingents de l’armée syrienne.

Seule bouée de sauvetage pour USA/Israël ? Envoyer les terroristes à Idlib. Mais là, ce sont les Sukhoï russes qui les attendent. Le commandement russe vient de dénoncer le rôle actif des Américains dans la réactivation de Daech et d’al-Nosra au nord comme au sud de la Syrie. 

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Jun 13, 2018 20:19 UTC
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