• Deraa: Israël s'est cassé les dents

Selon Yediot Aharonot, la grande victoire de l’armée syrienne à Deraa, au sud de la Syrie, a perturbé le sommeil des terroristes.

Dans un reportage bien détaillé sur la victoire d'Assad au sud de la Syrie, le journal Yediot Aharonot se penche sur les effets psychologiques négatifs, causés par les percées des forces gouvernementales sur les terroristes.

Le journal israélien fait allusion à la reddition des milliers de terroristes dans la plupart des villes et villages de la province de Deraa, ainsi que sur leur capitulation et sur la reprise de tous les points de passage à la frontière avec la Jordanie et Israël, ce qui a ouvert la voie au retour des déplacés.

« Maintenant, de nombreux terroristes ont déposé les armes et cela est considéré comme une grande victoire de Bachar al-Assad face à l'opposition », reconnaît un opposant au gouvernement de Damas cité par le journal israélien.

« Nous espérons qu’Israël élargit les frontières au point qu’elles englobent nos régions et que l’armée syrienne ne puisse plus nous atteindre », ajoute ce dernier qui évoque de manière à peine voilée la création d'une zone tampon "pro-israélienne" dans le sud de la Syrie. 

« La libération d'une grande partie de la province de Deraa et du poste frontalier avec la Jordanie (Nassib) sont d'importantes victoires pour le président syrien […]. C'est important parce que c'est un coup sérieux porté au moral des [rebelles] qui se retirent sur presque tous les fronts, et Deraa est un symbole pour eux. C'est là que la [rébellion] a commencé il y a sept ans son mouvement[…]. C'est pourquoi la chute de la province sapera le moral des rebelles », rapporte Yediot Aharonot avant d'ajouter: « Il n'y a plus que deux provinces en Syrie sous contrôle des terroristes: la province d'Idlib au nord où sont déployées les forces turques qui soutiennent les[rebelles], et une zone à l'est de l'Euphrate que les Kurdes syriens contrôlent avec le soutien des forces américaines ».

Selon la même source, les terroristes dans la province de Deraa ont tiré profit pendant longtemps de l'approvisionnement et des renforts qu'ils ont reçus des pays arabes - parmi lesquelles l'Arabie saoudite et les pays du golfe Persique - via la Jordanie. Maintenant, tout cela est fini.

Mauvaise nouvelle pour Israël

Suite au progrès rapide de l'armée syrienne vers les hauteurs du Golan, le régime d'Israël se sent plus que jamais menacé. D'une part, l'armée syrienne, qui avance sur deux axes, a réussi à prendre le contrôle du poste frontalier de Nassib, privant ainsi les terroristes d'une voie d'approvisionnement principale dans le sud et le sud-ouest de la Syrie. De l'autre côté, Daech – soutenu par Israël –  déployé dans le sud du plateau du Golan, à la frontière israélo-jordano-syrienne, se retrouve maintenant isolé et privé de renforts. Sa chute n'est donc qu'une question de jours. 

« Maintenant, les hauteurs syriennes du Golan risquent de tomber entre les mains du gouvernement Assad. Les terroristes à Quneitra ont également été privés de leur principale artère d'approvisionnement depuis la Jordanie et dans une telle conjoncture, Israël ne peut rien faire », conclut Yediot Aharonot.

La reprise des points de passage frontaliers du sud syrien, surtout Nassib, permet par ailleurs la reprise du transit des marchandises entre la Syrie et la Jordanie via l'autoroute M5 qui relie le nord au sud de la Syrie. Cette reprise permettra une relance de l'économie nationale, chose la plus bénéfique qui soit pour une Syrie sortie de la guerre et une Jordanie économiquement exsangue.

L’armée gouvernementale syrienne a lancé une vaste opération militaire dans le sud de la Syrie et a pu libérer 80% du territoire à Deraa. Elle est enfin parvenue, le vendredi 6 juillet, à libérer le poste frontalier stratégique de Nassib, situé à la frontière jordanienne. Le drapeau syrien flotte désormais au-dessus de la zone.

Jul 11, 2018 07:21 UTC
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