• Bab el-Mandeb, carte gagnante d'Ansarallah

La récente attaque au missile du mouvement Ansarallah du Yémen (Houthis) contre un navire saoudien traversant la mer Rouge, qui a conduit au gel temporaire des livraisons du pétrole saoudien par le détroit de Bab el-Mandeb, a attiré toutes les attentions sur cette artère navale stratégique.

Le quotidien iranien Shargh a publié, le jeudi 2 août, un article signé par l’experte politique iranienne Azadeh Babaïnejad.

"Le détroit de Bab el-Mandeb qui sépare Djibouti et le Yémen, relie la mer Rouge au golfe d’Aden et à l’océan Indien. Il compte parmi les voies maritimes les plus importantes de l’ouest de l’Arabie saoudite destinées à l’exportation de pétrole", explique-t-elle.  

L'Agence d'information sur l'énergie (EIA) des États-Unis confirme que ce détroit a vu passer chaque jour 3,8 millions de barils de pétrole brut en 2013, ce qui équivaut à 6% du commerce mondial.

L'éventuel blocage du détroit de Bab-el-Mandeb empêchera la circulation des pétroliers venant des pays riverains du golfe Persique, qui doivent traverser le canal de Suez permettent ainsi l’approvisionnement énergétique des pays occidentaux.

"Une telle situation, au cas où elle se concrétise, nuira, avant tout, aux pays arabes riverains du golfe Persique dont et surtout l’Arabie saoudite qui a tout fait, pendant ces dernières années, pour empêcher Ansarallah de prendre le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb", indique l’article.

Par ailleurs, le quotidien Asharq Al-Awsat révèle les tentatives d’Israël visant à renforcer ses relations avec les pays non-arabes riverains de la mer Rouge, notamment Djibouti et l’Érythrée.

"D’où sa décision d’implanter des bases militaires sur un port de l’Érythrée dont les deux plus importantes se trouvent près de la frontière soudanaise. En plus, Israël a loué plusieurs îles stratégiques appartenant à l’Érythrée, près de l’entrée sud de Bab el-Mandeb. À noter qu’Israël a implanté une base navale sur l'archipel de Dahlak", lit-on dans le journal arabe.

Selon le quotidien saoudien Okaz, "l’Arabie saoudite craint qu’Ansarallah ne prenne le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb. C’est pourquoi les analystes politiques voient dans cette guerre contre le Yémen, une guerre du pétrole".

Bref, plus la guerre au Yémen ressemble à une guerre d’usure, plus le contôle du détroit de Bab el-Mandeb représente un véritable atout.

Aug 03, 2018 07:45 UTC
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