Dec 09, 2018 17:27 UTC
  • Al-Tanf : la flèche anti-US d'Amman

La situation humanitaire est telle dans le camp de réfugiés de Rukban situé dans la province de Homs et dans la région contrôlée par les États-Unis que certains le comparent aux camps de concentration.

De fait, les réfugiés sont pris en otage par les terroristes de Daech qui agissent sous le commandement des Américains. Que la Jordanie demande le démantèlement du camp, c'est là une démarche qui défie les Américains. La Jordanie se rapproche chaque jour un peu plus et ce, depuis la reprise de Deraa, du camp anti-atlantiste. 

La Jordanie a demandé la fermeture du camp de Rukban situé dans le triangle frontalier syro-irako-jordanien, endroit qui sert de camp d'entraînement aux Américains et aux terroristes de Daech lesquels ont pris en otage des réfugiés et à titre de bouclier humain. 

Cet appel lancé par la Jordanie est un message clair aux États-Unis qui donnent des formations militaires aux terroristes à al-Tanf depuis 2016 et qui ont une présence militaire accrue dans l’est de la Syrie. C'est aussi une rupture avec la politique anti-syrienne d'Amman dans la mesure où le pays abritait pendant longtemps les terroristes.

 « Nous cherchons à échanger bientôt des ambassadeurs avec la Syrie » a affirmé de son côté la délégation parlementaire jordanienne, lors de sa récente rencontre avec le président Bachar al-Assad dans le palais présidentiel à Damas, selon le quotidien numérique, Rai al-Youm.

Le président al-Assad a pour sa part déclaré à l’adresse du président du parlement jordanien, Abdel Karim Daghmi que la Syrie avait les yeux tournés vers l’avenir et qu’elle cherchait à normaliser avec la Jordanie.  

Après la réouverture du point de passage frontalier d’al-Nassib, en octobre dernier, Damas et Amman ont préféré une approche préventive dans la normalisation des relations bilatérales. Dans ce même cadre, un nombre de ministres jordaniens a récemment plaidé pour une visite en Syrie. En avril dernier, le président de la chambre basse du Parlement jordanien, Atef Tarawneh, avait fait part des efforts entrepris conjointement par son pays et la Syrie en vue de sécuriser les zones frontalières communes. Il avait dit avoir bon espoir que les relations entre les deux pays retrouveraient très vite leur niveau d’avant la crise syrienne.

Pour la Jordanie, la seule issue à la crise du camp des réfugiés de Rukban passe par le retour de ces derniers dans leur lieu d’origine.

« Lorsque l’envoi des aides humanitaires n’était pas possible depuis le territoire syrien, la Jordanie a rendu le terrain favorable à ce qu’elles arrivent finalement aux réfugiés de Rukban. Étant donné que la donne a changé en Syrie, ce pays est désormais en mesure d’assumer la responsabilité de ces personnes. La Jordanie n’a aucune responsabilité à l’égard de Rukban. Il incombe à l’ONU et à la communauté internationale de remplir leurs tâches en coordination avec Damas », a déclaré le chef de la diplomatie jordanienne, Ayman Safadi qui a également souligné la nécessité de résoudre la crise syrienne par un moyen sur lequel s’accorderaient tous les Syriens. Safadi a également insisté sur l’impératif de sauvegarder l’intégrité territoriale de la Syrie.

Le camp Rukban est situé à la frontière entre la Syrie et la Jordanie et il compte 50 000 réfugiés. 

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