Dec 12, 2018 10:51 UTC
  • Les S-300 aux mains du Hezbollah?

Depuis que Netanyahu a décidé de risquer une "vraie guerre" contre le Hezbollah sur le front nord, la Russie s'intéresse de plus en plus à la ligne bleue qui sépare le Liban des territoires occupés de la Palestine.

Bien que la presse israélienne veuille prouver par A + B que Moscou soutient l'opération "Bouclier du Nord", la réalité, elle, semble être plus nuancée. Suite au coup de fil Netanyahu-Poutine le 8 décembre, le président russe a tenu en effet à mettre les points sur les i : si le PM israélien croit pouvoir renouer avec la Russie sur le dos du Hezbollah et lui faire oublier la mort de ses soldats à bord de l'Il-20, il se trompe: le Russe a appelé bien l'Israélien à "respecter la résolution 1701" que Tel-Aviv viole quotidiennement, ne serait-ce que pour aller espionner les S-300 et les S-400 russes en Syrie et surtout à "éviter toute escalade avec le Hezbollah".

C'est ainsi que le président russe semble avoir convoqué une délégation israélienne à Moscou. Car selon toute évidence, la Russie ne veut pas que le "fou de Tel-Aviv" ouvre un nouveau front Israël/Résistance. Une délégation d’officiers supérieurs israéliens s’est donc rendue à Moscou, ce mardi 11 décembre, pour rencontrer les militaires russes. Netanyahu dit que la délégation veut "discuter des mesures d’hostilité à l’encontre de l’Iran et du Hezbollah". Reprenant sa rhétorique préférée, Netanyahu a affirmé qu'il y aura question à Moscou des moyens destinés à "empêcher la présence militaire iranienne et du Hezbollah en Syrie". Mais le séjour de cette délégation n'ira pas au-delà d'une journée, signe que le retour à la normale de part et d'autre n'est pas pour demain.

En effet, ce voyage constituera la première réunion entre des responsables israéliens et russes depuis le 20 septembre, lorsqu’une délégation israélienne s’est rendue à Moscou pour tenter d’apaiser les tensions causées par l’incident de l’avion russe Il-20 que les pilotes de F16 israéliens ont utilisé comme bouclier pour éviter les missiles de la DCA syrienne. Une délégation qui n’a pas réussi à convaincre la Russie de la version israélienne des événements entourant l’incident qui a entraîné une crise diplomatique visiblement bien durable. La nouvelle délégation israélienne n'aurait pas plus de chance, vu que l'affaire de supposés tunnels du Hezbollah passe aux yeux de Moscou comme étant un nouveau coup de pub. 

En outre, l’ambassadeur russe au Liban, Alexandre Zassipkine, avait déclaré que « tout ce qu’Israël prétend au sujet des tunnels découverts à la frontière israélo-libanaise et le fait notamment qu’ils appartiennent au Hezbollah, n’est en réalité que de la pure propagande».

Pour de nombreux analystes, la convocation de la délégation israélienne par Moscou renvoie à d'autres motifs qui seraient bien plus sérieux aux yeux des Russes que l'opération "popcorn" que mène en ce moment l'armée israélienne en Galilée. Certaines sources d'informations font état de l'arrivée des missiles S-300 syriens à Deir ez-Zor depuis la base aérienne de Maysaf à Hama, un Deir ez-Zor qui est de plus en plus le théâtre d'agissements hostiles des États-Unis et de l'OTAN contre l'armée syrienne et ses alliés. Or Deir ez-Zor se trouve au cœur même de la confrontation qui serait celle des États-Unis et d'Israël d'une part et l'axe de la Résistance de l'autre. Certaines sources affirment qu'à Deir ez-Zor, ce seraient les officiers de la Résistance qui manieraient aux côtés des conseillers russes les redoutables batteries des S-300. Ce qui veut dire au clair que la Russie aurait déjà livré ses super anti-missiles au Hezbollah et ses frères d'armes. C'est sans doute de ce nouveau paramètres que les militaires russes veulent s'entretenir avec la délégation israélienne, histoire de leur intimer l'ordre de mettre un terme aux tentatives de piratage qu'Israël et son allié US multiplient ces derniers temps pour localiser les batteries de missiles S-300 en Syrie. Au demeurant, l'un des principaux commandants des Hachd al-Chaabi, Hadi al-Ameri est attendu à Moscou, ce qui devrait bien faire passer le message aux Israéliens. 

Mots clés

commentaires