Dec 17, 2018 11:18 UTC
  • La Chine à Haïfa, les USA menacent Israël

Les États-Unis ont menacé de suspendre leurs coopérations militaires avec Israël dans le port de Haïfa.

La Sixième Flotte américaine déployée en Méditerranée a annoncé qu’elle suspendrait ses opérations à Haïfa d’ici 2021 dès que la Chine s’y installera en 2021.

Selon l’accord de 2015 signé, entre le ministère israélien des Transports et le Shanghai International Port Group (SIPG), qui appartient en partie à l’État chinois, une entreprise chinoise reprendra le port de Haïfa en 2021.

Haïfa, la plus grande ville portuaire d’Israël, a régulièrement accueilli des exercices navals américano-israéliens et des navires américains.

Selon le journal israélien The Jerusalem Post, l’accord de 2015 pourrait mettre en question l’avenir du partenariat américano-israélien.

Or, Washington préfère cacher ses inquiétudes. Le commandant Kyle Raines, un représentant de la Sixième Flotte américaine a dit au journal israélien que le partenariat avec Israël restait «inébranlable».

« Pour le moment, il n’y a aucun changement dans nos opérations en Israël. Je ne peux pas spéculer sur ce qui pourrait ou ne pourrait pas se passer en 2021», a répondu le commandant américain au journaliste israélien qui l’interrogeait sur les impacts d’une présence chinoise sur les opérations de la flotte américaine, déployée à Haïfa.

Certes, l’affaire ne peut pas passer sans inquiéter les autorités américaines.

Des sources proches du dossier ont révélé que des responsables américains de la Défense avaient fait part, en privé, de leurs préoccupations à leurs homologues israéliens et que Tel-Aviv avait accepté de «réviser l’accord au plus haut niveau».

Cela a été aussi affirmé par un officier supérieur de Tsahal, lequel a rappelé que la révision de l’accord avait été approuvée par Yisrael Katz, ministre des Transports et membre de la commission ministérielle israélienne pour la sécurité.

Le gouvernement américain craint qu’une présence d’opérateurs portuaires chinois à Haïfa près de ses navires, ne mette en danger leurs activités.  

Il y a un mois, l’amiral à la retraite Gary Roughead, ancien chef des opérations navales américaines, avait averti qu’un port géré par les Chinois pourrait obliger la marine à amarrer ses navires de guerre ailleurs : «Les opérateurs portuaires chinois seront en mesure de surveiller de près les mouvements des navires américains, d’être au courant des activités de maintenance et d’avoir accès aux équipements».

Ce prochain déploiement de Chinois à Haïfa peut également menacer la sécurité d’Israël dans la mesure où le port est situé non loin d’une base de sous-marins israéliens.

Ni le bureau du Premier ministre israélien, ni les ministères des Transports et des Affaires étrangères n’ont encore donné un quelconque commentaire au sujet de l’accord sur le port de Haïfa.

L’accord donne au SIPG le contrôle du port pour 25 ans à compter de 2021. Le groupe investit deux milliards de dollars (1,77 milliard d’euros) dans le projet de construction d’un nouveau terminal du port.

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