Dec 18, 2018 16:12 UTC
  • Le monde arabe frappe à la porte de Damas

Le quotidien en ligne Rai al-Youm a fait paraître, le mardi 18 décembre, un article à propos de la récente visite du président soudanais Omar el-Béchir en Syrie et de sa rencontre avec le président Bachar Assad.

« Les dirigeants arabes frappent à la porte du palais présidentiel à Damas pour rompre l’isolement qui les entoure plutôt que pour aider la Syrie à sortir de l’isolement », indique Rai al-Youm.  

Abdel Bari Atwan, célèbre analyste du monde arabe et rédacteur en chef du quotidien en ligne Rai al-Youm, a fait paraître un article avec pour titre « Il est temps de partir pour le Levant ».

« Le déplacement imprévu du président soudanais Omar el-Béchir à Damas, le dimanche 16 décembre, et l’accueil très chaleureux que lui a réservé le président syrien Bachar al-Assad ouvrent un nouveau chapitre dans les relations entre la Syrie et les autres États arabes, un chapitre qui met en évidence la victoire de la Syrie et l’échec de tous les complots qu’ont fomentés les États-Unis et leurs alliés dans l’objectif de démembrer la Syrie, de changer son tissu démographique et de renverser le gouvernement en place. Omar el-Béchir, que l’on admette ses politiques ou non, est le premier dirigeant du monde arabe à franchir ce pas audacieux, mais il ne sera certes pas le dernier. Une longue file de dirigeants arabes fait la queue pour frapper à la porte du palais présidentiel syrien et les ambassades fermées seront rouvertes », indique Abdel Bari Atwan.

Il a ajouté que le second leader arabe qui pourrait se rendre à Damas sera probablement l’émir du Koweït, le cheikh Sabah al-Ahmed, et le troisième Abdel Fattah al-Sissi, président égyptien, qui a récemment commencé à faire pression sur la Ligue arabe pour que la Syrie puisse récupérer son siège qu’elle a perdu en novembre 2011 suite à un complot co-fomenté par les États-Unis et Israël.

« En Syrie, Omar el-Béchir ne représente pas uniquement le Soudan, mais l’axe arabe dirigé par l’Arabie saoudite et les autres monarchies du golfe Persique, dont et surtout le Qatar et les Émirats arabes unis, ainsi que l’Égypte. Ces pays viennent d’apprendre comment ils avaient été instrumentalisés par les États-Unis pour accepter de les accompagner dans leurs machinations anti-syriennes. La rencontre à huis clos entre Omar el-Béchir et Bachar al-Assad au palais présidentiel de Damas révèle en grande partie les vraies raisons de cette visite et les messages que portait le président soudanais au nom de ses alliés arabes, notamment du roi saoudien, dans une conjoncture où l’Arabie saoudite vient de mettre un terme à son soutien indéfectible aux groupes armés en Syrie et où elle a dissous le Haut Comité des négociations (HCN) dont le siège était à Riyad. En outre, le Conseil ministériel de l’Arabie saoudite a publié, le lundi 17 décembre, un communiqué pour mettre l’accent sur la nécessité d’une solution politique à la crise en Syrie. »

Et d’ajouter : « L’un des messages qu’Omar el-Béchir a transféré à Damas est probablement celui du président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a récemment commencé à passer en revue la situation régionale pour revoir ses calculs et qui se prépare à reprendre ses relations avec Bachar al-Assad, ce qui s’est manifesté à travers le discours du ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Çavusoglu à Doha, qui a déclaré que la Turquie saluait la reprise de ses coopérations avec Damas si le peuple syrien allait réélire Bachar al-Assad lors d’un scrutin libre et transparent. Par ailleurs, l’état de choc et de colère que vivent actuellement certains milieux arabes notamment les milieux de l’opposition syrienne et leurs partisans en raison de cette visite d’Omar el-Béchir en Syrie n’est pas surprenant et il est même prévisible et normal, car le président soudanais se trouvait, pendant ces dernières années, dans leur camp, d’autant plus qu’il appartient au Front de salut national (FSN), proche des Frères musulmans. Omar el-Béchir a même acheminé des troupes au Yémen pour se battre sous le drapeau d’une coalition qui lutte contre Ansarallah, soutenu par l’Iran, l’un des principaux alliés de la Syrie. »

Abdel Bari Atwan a rappelé que le Soudan avait été, à maintes reprises, la cible des agressions américaines et israéliennes pour avoir accueilli des dirigeants du Hamas et du Jihad islamique de la Palestine.

« Omar el-Béchir a souligné que la Syrie “se trouve sur la ligne de front”. Cette phrase n’avait été prononcée par aucun dirigeant arabe pendant des années. De plus, le président soudanais a souhaité que la Syrie retrouve sa sécurité et stabilité dans les plus brefs délais, qu’elle récupère sa position du passé dans la région et que la nation syrienne puisse tracer son avenir sans aucune ingérence étrangère. Omar el-Béchir a également tenu à apporter le soutien du Soudan à la Syrie et à sa sécurité, disant que Khartoum était entièrement disposé à utiliser tous ses moyens pour protéger l’intégrité territoriale de la Syrie. Ces propos pourraient mettre en évidence la sérieuse volonté du président soudanais de retrouver sa place auprès du front de la Résistance. Les dirigeants arabes frappent à la porte du palais présidentielle à Damas pour rompre l’isolement qui les entoure plutôt que pour aider la Syrie à sortir de l’isolement après avoir connu, pendant sept ans, une récession alimentée par les chantages et les pillages des États-Unis. La Syrie n’a donc pas changé. Ce sont eux qui avaient pris la mauvaise route qui viennent d’opérer un changement de cap », a précisé le rédacteur en chef de Rai al-Youm.

« L’autre point qui mérite réflexion est le fait que le renouement des pays arabes avec la Syrie intervient juste au moment où des tentatives se multiplient pour normaliser les relations entre les pays arabes et le régime israélien. Il se peut que ce retour soit le point de départ d’une vague d’éveil face aux complots d’Israël. Il ne faut pas oublier que les Arabes ont tendu la main à ceux qui ont commis un grand nombre de crimes de guerre contre les combattants palestiniens », indique l’article.

 

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