Mar 17, 2019 15:38 UTC
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L’Arabie saoudite a fait part, ce dimanche 17 mars, du lancement d’un « Centre de commandement aérien ». Un centre de commandement qui relierait son armée de l'air à celle de l'OTAN et pourquoi pas Israël. 

 La chaîne de télévision Al-Arabiya a annoncé la formation d’un nouveau « Centre de commandement aérien » dont le siège se trouve à Ach-Charqiya, à l’est de l’Arabie saoudite. Cette décision s’inscrit dans le cadre d'un projet qui vise, selon les analystes, à ouvrir le ciel saoudien aux avions d'Israël.

La formation de l’Alliance stratégique pour le Moyen-Orient (MESA) (ou « OTAN arabe », ndlr), nom d’un groupement militaire, lancé à l’origine par le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, a été reportée, d’abord, au mois de janvier après quoi elle a encore été reportée, à une date ultérieure.

Selon l’analyste d’Al-Monitor, l’OTAN arabe risque de se heurter à des difficultés supplémentaires dans les mois à venir, dont la guerre au Yémen. En effet,  l’OTAN arabe devrait aider à créer un « bouclier solide » contre les « cyber-attaques potentielles de l'Iran » et pourrait contribuer à un règlement des conflits en Syrie et au Yémen.

Mais les responsables américains n'ont pas réussi à concrétiser cette idée qu’ils avaient dans la tête depuis des décennies. En 1997, le général Anthony Zinni, alors chef du CentCom, était favorable à la création d’une alliance arabe pour des projets de guerre par procuration contre l’Iran. Ce qui empêcherait un enlisement de l’armée US dans un combat direct sur le territoire spécifique, du point de vue géographique, de l’Iran. Al-Monitor rappelle ensuite que l'assistance américaine pour une future « OTAN arabe » serait limitée aux ventes d’armes et d'équipements militaires. Il est vrai qu'avec la formation d’une « OTAN arabe », les Américains voulaient, en fait, arnaquer les Arabes. C’est un concept falsifié dans la mesure où l’OTAN est un commandement central lié au Centcom US et doit être protégée par les États-Unis. Ce que les Américains n’entendent pas faire pour une "OTAN arabe".

Les analyses occidentales sur la vocation de cette OTAN convergent toutes sur un objectif: il s'agit de contrer l'Iran, mais les experts occidentaux qui tentent souvent de cacher les vrais enjeux de ce genre de projets restent sceptiques sur les véritables chances de la création d'une "OTAN arabe".

En effet, sa principale mission sera de divertir l’opinion arabe avec la rivalité entre l’Arabie saoudite et l’Iran, qui se nourrit des oppositions confessionnelles, et de détourner son attention d’Israël, qui continuerait son expansionnisme régional, supprimerait l’Iran du jeu et honorerait le « Deal du siècle », le plan proposé par Trump pour le règlement de la crise israélo-palestinienne.

Mais l'idée d'une OTAN arabe ayant du plombe dans l'aile, l'Arabie saoudite semble avoir reçu l'ordre de se connecter à l'OTAN tout court. La formation d'un centre de commandement aérien pourrait selon certaine source faciliter la connexion entre l'armée de l'air saoudienne, celle d'Israël. Les deux pays coopèrent étroitement au Yémen où leurs avions de combats mènent des centaines de frappes conjointes par semaine. 

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