Mar 21, 2019 10:34 UTC
  • Les mauvais jours de MBS/MBZ

L’Arabie saoudite perd ses alliés dans le nord du Yémen, tandis que les Émirats arabes unis perdent leurs alliés dans le sud du pays.

Dans le même temps, des pressions s’intensifient à l’intérieur des États-Unis pour que Washington mette un terme à son soutien militaire à Riyad dans sa guerre contre les Yéménites.

Le site d’information qatari « thenewkhalij.news » a publié une analyse sur les pressions internes et externes subies par l’alliance saoudo-émiratie pour mettre fin à l’agression militaire contre le Yémen.

Quatre ans après le déclenchement de la guerre contre le Yémen en mars 2015, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis se trouvent face à de sérieuses difficultés : le projet d’une victoire rapide sur les Yéménites a échoué, les coalitions de mercenaires créées à l’intérieur du Yémen n’ont pas gagné la guerre d’usure, tandis que Riyad et Abou Dhabi perdent leurs soutiens étrangers, surtout après le vote du Sénat des États-Unis contre la guerre au Yémen.

L’analyste du site thenewkhalij.news souligne : « Après cinq ans de guerre, l’armée saoudienne a perdu toute sa crédibilité en tant qu’armée équipée d’armements les plus sophistiqués du monde arabe, tandis que les États-Unis et le Royaume-Uni ont gagné des sommes colossaux par la vente d’armements à Riyad. »

Quant aux Émirats arabes unis, le site qatari écrit qu’Abou Dhabi se prépare déjà pour un retrait définitif du Yémen, surtout après la révélation de ses projets expansionnistes et de sa convoitise territoriale.

Le 15 mars, Saleh Samee, un proche collaborateur du président démissionnaire yéménite, Mansour Hadi, a critiqué, dans une interview accordée à une chaîne de télévision saoudienne, le rôle des Émirats arabes unis dans la guerre contre le Yémen et a demandé à Mansour Hadi de mettre fin à son alliance avec Abou Dhabi. Prenant la partie de l’Arabie saoudite, il a accusé les Émirats arabes unis de suivre ses propres intérêts au Yémen « avec cupidité et de manière stupide ».

Par ailleurs, un autre membre de la « Conférence du dialogue national » de Mansour Hadi, Ali al-Bajiri a déclaré dans une interview avec le journal Al-Sharq que la partie émiratie ne cherche qu’à piller les richesses des Yéménites.

Mais les Émiratis ne sont pas les seuls à perdre leurs alliés dans le Sud yéménite, car dans le sud du pays, l’Arabie saoudite perd alliance et influence à son tour. Le site qatari rappelle que ces derniers jours de violents affrontements ont eu lieu entre les mercenaires de Riyad et les forces yéménites dans des zones de la province yéménite d’al-Jawf qui sont sous le contrôle de l’Arabie saoudite.

Le site thenewkhalij.news écrit : « Malgré les aides financières et logistiques de Riyad, les mercenaires soutenus par l’Arabie saoudite ont perdu les combats dans la province yéménite de Hajja où l’armée et les Comités populaires d’Ansarallah ont détruit en l’espace de quelques jours tous les armes et équipements que l’Arabie saoudite avait offerts à ses mercenaires pendant un an. »

Le site souligne que ce mercredi le Sénat des États-Unis a voté l’avant-texte d’une loi qui demandera au président Donald Trump d’arrêter le soutien à l’alliance saoudo-émiratie dans la guerre du Yémen. Il est fort probable que Trump appose son veto à la loi si elle est votée par les deux chambres du Congrès. Dans ce cas, le Congrès continuera à exercer ses pressions sur la Maison-Blanche pour qu'elle accepte la décision des élus. « Dans ce cas, l’Arabie saoudite sera le plus grand perdant de la guerre qu’elle a déclenchée contre le Yémen. »

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