Apr 22, 2019 09:27 UTC
  • Pourquoi Israël perdra la guerre?

Alors qu'Israël dit se préparer à une confrontation militaire avec l'axe de la Résistance, un politologue israélien conseille dans un article à Tel-Aviv de tirer des leçons de la guerre en cours au Yémen où le régime israélien s'est militairement engagé depuis 2015 aux côtés des troupes saoudiennes, émiraties.

 Les trois États ont installé un état-major commun au Somaliland avant de l'étendre à une base située en Érythrée. En décembre dernier, le régime israélien a bien reconnu sa présence au sein de la coalition pro-Riyad dans une guerre génocidaire qui a fait l’objet de plusieurs années de négociations entre Israël et l’Arabie saoudite et dont l'objectif consiste à exploiter les réserves pétrolières du « quart vide » (cette zone à cheval sur l’Arabie et le Yémen) mais aussi à endiguer la Chine et la Russie. 

Dans sa dernière analyse autour d'une guerre éventuelle lancée par Israël contre le Hezbollah, Yalon Friedman, politologue israélien, appelle le régime de Tel-Aviv à tirer des leçons de la guerre "manquée" du Yémen, déclenchée depuis 4 ans par Riyad et à ne pas entrer en conflit avec l'allié libanais d'Ansarallah du Yémen, à savoir le Hezbollah. 

Dans une note pour le quotidien Yediot Aharonot, il souligne :

« Bien que l’Arabie Saoudite ait pu abattre le numéro 2 des Comités populaires du Yémen, Saleh al-Sammad, l’année dernière, cela n’a rien changé à la réalité de cette guerre et au fait que les Saoudiens ont échoué face à un mouvement populaire qui dispose seulement d’un tiers du territoire yéménite. »

De l’avis de Friedman, la guerre contre le Yémen porte des messages significatifs aux politiques et militaires au pouvoir en Israël qui rêvent d’une nouvelle guerre avec le Mouvement de la Résistance islamique du Liban: "Tirez les leçons des défaites des Saoudiens au Yémen", dit l'intéressé qui tente tant bien que mal d'occulter l'implication israélienne dans cette guerre.  

« Le mouvement populaire d’Ansarallah du Yémen franchit chaque jour un nouveau pas vers l’amélioration de son potentiel militaire dans la mesure où ses missiles sont aujourd'hui capables de toucher le territoire saoudien », a reconnu le commentateur israélien.

« L’Arabie Saoudite et Israël sont tous deux d’avis qu’il faut une guerre avec l’Iran. Voilà pourquoi ils ont commencé par cibler les alliés de Téhéran dans la région. En effet, d’une part, l’Arabie saoudite est en combat avec Ansarallah au Yémen et de l'autre, Israël réfléchit à un nouveau face-à-face avec le Hezbollah. Pour autant, le soutien d’envergure des [Musulmans] du monde entier aux mouvements yéménites et libanais donne du poids à l’hypothèse que la guerre avec l’Iran et ses partenaires régionaux nécessitent encore du temps », estime Friedman.

De l’étude de cette guerre au Yémen et de 36 années d’affrontements entre Israël et le Hezbollah, Friedman revient à reconnaître implicitement que le trio américano-israélo-saoudien a été jusque-là le grand perdant de son propre militarisme face à l’axe de la Résistance dans la région.  

L’analyste de Yediot Aharonot estime que le champ de bataille en Syrie a été une "grande chance pour la Résistance libanaise à mesurer son potentiel militaire".

« En cas d’un affrontement entre Israël et le Hezbollah dans les hauteurs du Golan, il est probable que les militaires iraniens seraient déployés sur cette zone stratégique et les choses iraient très rapidement se gâter pour Israël », avertit Friedman.  

Pour ce qui  concerne les séquelles de la prochaine guerre avec le Hezbollah, l’auteur de l’article explique :

« Dans le cas d’un prochain affrontement à la frontière libanaise, le Hezbollah pourrait ouvrir trois fronts de guerre : d’abord, la guerre à l'intérieur d'Israël, puis une guerre de propagande à effet psychologique et enfin une guerre maritime sur la rive ouest d'Israël. Lors de la guerre du Yémen, le mouvement libanais a utilisé ses missiles à longue-portée ; les combattants du Hezbollah savent bien que le front intérieur d’Israël est plus fragile en cas d’utilisation de tels missiles, d’autant plus qu’un grand nombre de logements israéliens, construits avant les années 90, ne sont guère solides et sûrs. »

En pleines spéculations autour d’une guerre imminente d'Israël contre le Hezbollah, le quotidien israélien Maariv vient de rapporter que la France aurait donné un avertissement préventif  au Hezbollah sur la possibilité d'une invasion israélienne sur la frontière libanaise et que le leader du Hezbollah se préparerait aussi pour cette prochaine guerre. C'est juste après la diffusion de la nouvelle que des sources proches du Hezbollah ont démenti le rapport de Maariv ainsi que la rumeur d’une guerre l’été prochain.

 

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