Apr 23, 2019 09:55 UTC

Le mouvement Ansarallah du Yémen qui défend le pays contre une invasion menée par les Saoudiens, affirme que ses missiles pourront atteindre des "objectifs stratégiques" en Arabie saoudite et aux Émirats à moins que les agresseurs ne respectent le cessez-le-feu conclu sous l'égide de l'ONU.

Pour la première fois depuis le début de l'agression USA/Israël/monarchies arabes, le leader d'Ansarallah s'est exprimé lors d'un entretien. Parallèlement aux gains stratégiques et aux progrès militaires en matière aérospatiale, Ansarallah s'affirme à titre d'une force qui défie les États-Unis et la Grande-Bretagne. 

« Les combattants d’Ansarallah disposent de missiles parfaitement capables de frapper des cibles à Riyad, à  Dubaï et à Abou Dhabi, si la coalition d'agression relance son offensive contre Hudaydah où un cessez-le-feu est actuellement en vigueur », a mis en garde le lundi 22 avril, le leader du mouvement Ansarallah lors d'un entretien accordé à la chaîne Al-Masirah.

"Il est possible de cibler des sites stratégiques, vitaux, sensibles en cas d'escalade du conflit à Hudaydah", a-t-il noté en ajoutant : "Nous sommes en mesure de secouer fortement l'économie émiratie ».

Hudaydah, retour à l'option militaire

Le port de Hudaydah est le point d’entrée de la plupart des importations humanitaires et commerciales du Yémen. C’est l’actuel point-clé des soi-disant efforts de l’ONU pour mettre en œuvre un accord entre les parties belligérantes.

En décembre dernier, en Suède, l’ONU a assuré la médiation des pourparlers entre Ansarallah et les représentants du gouvernement démissionnaire de Mansour Hadi. Les négociations ont abouti à la conclusion de l’accord de Stockholm relatif à l'établissement d'un cessez-le-feu dans la ville côtière de Hudaydah.

Depuis, la coalition d'agression a à des milliers de fois bombardé le port stratégique sans toutefois oser lancer une action terrestre contre cette ville. 

Évoquant le rôle majeur de Saleh al-Samad, ancien président du Conseil politique suprême du Yémen (assassiné par les israéliens, NDLR), dans différentes étapes des combats contre les agresseurs quelque jours après l’anniversaire de sa mort en martyre, le leader d'Ansarallah, Abdel Malek al-Houthi a affirmé que l’assassinat d’al-Samad a grandement contribué au renforcement de la résistance du peuple yéménite, laissant ainsi l’ennemie sur sa faim.

Dans une partie de son discours, le dirigeant d’Ansarallah a abordé le rôle dévastateur des États-Unis et du régime d’Israël dans la région, affirmant que l’ingérence US et sioniste a exposé toute la région à une crise majeure.

"les États-Unis veulent la poursuite de la guerre au Yémen et par là, des conflits dans la région. Les Américains exploitent les conflits dans le sens de la réalisation de leurs scénarios. Mais une chose est certaine : si l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis réussissent à mettre en œuvre le plan américano-israélien au Yémen, les autres nations de la région et du golfe Persique en pâtiront, car les agresseurs ne s'arrêteront pas là.

Deal du siècle 

Cette autorité d’Ansarallah souligne que l’administration américaine compte sérieusement sur Riyad et Abou Dhabi pour la mise en œuvre du « Deal de siècle ».

Pour mieux illustrer ses propos, al-Houthi a pris l’exemple du Royaume-Uni qui selon lui, n’a pas oublié son approche coloniale quant au Yémen et plus précisément son passé passé colonial à Aden et dans provinces du sud yéménite.

Quant aux pourparlers de paix, al-Houthi estime que les ennemis de la nation yéménite ne sont pas sérieux lors des négociations. Il rappelle que les ambassadeurs américains et britanniques tirent les ficelles des violences et agissent par mercenaires interposés. 

Reconnaissant l’Arabie saoudite comme principale responsable de la crise humanitaire et économique au Yémen, Al-Houthi a rappelé que les actions des États faisant partie de la coalition saoudienne constituaient une violation du droit international et notamment des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. Al-Houthi a en outre fait allusion au sommet de Varsovie auquel a participé un ministre du gouvernement démissionnaire du Yémen, et où s'est mis aux côtés du PM israélien. "Cette présence en dit long sur le rôle que joue Israël dans cette guerre. C'est au Yémen que le régime de Tel-Aviv cherche à imposer son Deal de siècle qui ailleurs n'a aucune chance de survie. Notre combat est aussi un combat pour la cause palestinienne", a-t-il conclu.

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