Jul 01, 2019 06:31 UTC
  • L'OTAN ne saura vaincre Ansarallah

Dimanche 30 juin, une vaste attaque au drone a visé les chasseurs saoudiens déployés sur l'aéroport de Jizan d'où ils partent bombarder régulièrement les cibles civiles au Yémen.

La frappe au drone d'Ansarallah a été combinée à des tirs d'artillerie lourde contre les positions des militaires saoudiens et de leurs mercenaires soudanais qui opèrent largement au sud de l'Arabie saoudite à l'effet de contrer l'avancée d'Ansarallah. Une information diffusée dimanche soir a fait état de la création des unités de forces spéciales "saoudiennes" à l'effet de faire face aux opérations commandos d'Ansarallah à Jizan, à Asir et à Najran. Or ces unités de forces spéciales seraient composés de mercenaires "occidentaux" et "africains" placés sur l'ordre d'officiers britanniques, américains et occidentaux. Pour les observateurs politiques, il s'agit d'un aveux d'échec total de la coalition d'agression face à une Résistance yéménite qui va de victoire en victoire dans le sud. Samedi et dimanche, Ansarallah a repoussé pas moins de sept contre-offensives de la coalition d'agression dans les provinces du sud yéménite. 

Ce lundi 1er juillet, Ansarallah a visé à coup de deux missiles Zelzal-1, les positions des mercenaires soudanais de Riyad à Hajjah, province située au nord-ouest du Yémen et limitrophe de Jizan. Les positions des militaires soudanais ont été visées dans le nord du désert de Midi, situé dans le nord-ouest de la province de Hajjah. Les forces armées yéménites ont également lancé une autre frappe aux obus de mortier à l’ouest de la ville de Hiran dans la province nord-ouest du Yémen, faisant plusieurs morts et blessés, côté saoudien. Cette frappe au missile a riposté aux raids menés contre le village d’al-Jar dans le nord-ouest de Hajjah, quelques heures plutôt. 

Depuis le tournant qu'a connu la stratégie de défense des forces yéménites, la donne tend à changer sur le champ de bataille. Reuters a fait état d'un début de retrait émirati d'Aden et du sud yéménite sur fond de l'avancée des forces d'Ansarallah dans la province stratégique d'Al-Dhale. Les Emirats, affirme Reuters, ont effectivement peur des frappes au drone qui pourraient viser les ports et les aéroports émiratis. Connus pour leur appétit vorace insulaire, les Emirats se trouvent désormais en mauvaise posture à Socotra, l'île stratégique non loin  de l'entrée orientale du golfe d'Aden.

Le site web Al-Khaleej Online a rapporté une nouvelle manifestation des habitants de l’île de Socotra au sud du Yémen en signe de protestation contre le déploiement des militaires émiratis dans cette région. Les protestataires exigent le retrait des forces d’agression émiratie de leur région. Les manifestants scandaient des slogans contre la coalition, dénonçant l’intervention militaire des Émirats au Yémen, le pillage des ressources de leurs îles. Pour les manifestants, les Émirats sont à l'origine d'une politique de division qui vise à déstabiliser les provinces méridionales et à prépare le terrain au démembrement du Yémen. C'est de loin la première manifestation yéménite dans des régions contrôlées par les occupants qui dénoncent la politique de démembrement activement suivie par Abou Dhabi et Riyad au Yémen.  

Selon des sources consultées par Al-Khaleej Online, la marche en question est de loin la plus grande manifestation de l’histoire de cette région qui contient un message très clair à l'adresse des Émiratis.

« Les habitants de la ville d’Arkhabil, à Socotra ont en effet exprimé leur opposition à toute forme d’ingérence étrangère dans la région. Les tensions sont montées d’un cran après que les mercenaires à la solde des Émirats arabes unis ont attaqué le convoi du ministre de la Pêche, Awad Saad al-Socotri et le gouverneur de l’île, Ramzi Mahrous, suite à son opposition au déploiement de 250 mercenaires sous le commandement d’Abou Dhabi à Aden.

En mai 2018, Abou Dhabi a envoyé des troupes militaires dans cette province malgré l’opposition du gouvernement démissionnaire de Mansour Hadi, ce qui a fait monter les tensions à Socotra, mais les forces émiraties ont fini par sortir de la province méridionale par l’intermédiaire de l’Arabie saoudite.

L’archipel Socotra, situé à l’entrée du golfe d’Aden, appartient pour le moment au Yémen, bien que les Émirats arabes unis aient, ces dernières années, tenté de l’occuper.

Certains experts politiques viennent de révéler que les Émirats arabes unis ont commencé d’acheter les terrains de la région et d’octroyer la nationalité émiratie aux citoyens de la province yéménite pour annexer progressivement l’île à son territoire.

La guerre saoudo-émirati-US contre le Yémen a fait depuis mars 2015 plus de 15.000 morts, en majorité des civils, et provoqué l’une des pires crises humanitaires en cours dans le monde, selon l’ONU. D’autres sources donnent un bilan nettement supérieur.

 

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