• Fin de la lune de miel Poutine/Trump ?

Aux États-Unis, les responsables du renseignement appellent les cinq prochaines années, des années de guerres, de sangs et de chaos. C’est dire que la Russie devrait se méfier.

On se souvient encore de Barack Obama quand il est arrivé dans le bureau ovale : l’homme criait à « Reset » dans ses relations avec Moscou pour faire signifier que les États-Unis veulent faire table rase du passé avec les Russes et reconstituer une relation largement détériorée à l’époque de Bush. 

Aussi intelligent que soit, Poutine s’est laissé prendre au piège et croyant pouvoir fonder les bases d’un « partenariat d’égal à égal » a demandé à son conseiller de l’époque Medvedev de « retoucher la politique russe » de façon à ne pas froisser les Américains. Mandaté par Poutine, Medvedev a donc ouvert grand les portes de la Russie à l’ère Hi-Tech américaine : en l’espace de quelques mois, les ONG pro-occidentales ont envahi les territoires russes et ont proliféré à la vitesse grande V. Moscou a donc mis du temps à comprendre le stratagème.  

Largement plus doué que Bush, Obama, héritier des ruines de huit ans de règne des néoconservateurs sur l’Amérique, a décidé alors de changer de tactique sans renoncer pas même un seul instant à la doctrine qu’est celle des États-Unis face à la Russie : « couper insidieusement l’herbe sous le pied de l’adversaire. » 

À présent le même scénario semble sur le point de se reproduire : Poutine semble avoir fondé trop d’espoirs en la personne de Trump comme si le milliardaire pouvait faire bande à part et changer quoi que ce soit de la politique US fondée sur des constances que définissent le Pentagone, la CIA, le Congrès et Cie. Poutine veut selon toute vraisemblance se servir de Trump comme bouclier pour vaincre de puissants milieux anti-russes qui se sont bien installés aussi bien au sein du monde des finances qu’au cœur des centres du pouvoir. Mais Trump est loin d’être ce héros à tout vaincre. 

Le premier lâchage vient d’ailleurs de se produire : Trump a reconnu la soi-disant ingérence de la Russie et de la personne de Poutine dans les attaques informatiques contre l’élection présidentielle, comme le laisse supposer le rapport des renseignements US. La lune de miel sur laquelle le génial Poutine avait compté a donc toutes les chances de tourner court. Car derrière le sourire de Trump à chaque fois qu’il parle de Poutine, un mystère demeure : en affichant une soi-disant tendance russophile, l’homme du système qu’est aujourd’hui Trump cherche avant tout à réduire les coûts des politiques anti-russes latentes des États-Unis pour les années à venir. Bien engagé sur la pente du déclin, l’Amérique a besoin d’un nouveau souffle pour pouvoir s’attaquer à un dragon chinois qui vampirise son économie agonisante. 

Les cinq années à venir ont été décrites par les agences de renseignements US comme des années jonchées de guerres, de sangs et de violences : croire donc que les Américains laisseront à Poutine la latitude de faire à sa tête en Ukraine, à activer les partis russophiles en Europe de l’Est relèvent de pures illusions. En Syrie aussi, la Russie devra être vigilante pour ne pas perdre tous les acquis qu’elle a cumulés en participant courageusement à une lutte acharnée contre un vaste projet impérialiste. L’axe de la Résistance lui est reconnaissant et croit à la pérennité de l’alliance déjà nouée avec Moscou. Reste à savoir si oui ou non, l’homme du Kremlin ira encore une fois surprendre les analystes en neutralisant cette nouvelle tactique d’un empire américain bien chancelant, celle de dissocier l’une des plus solides alliances de ces dernières décennies, celle de la Russie et de la Résistance.... 

Jan 11, 2017 21:50 UTC
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