La cote de popularité du président français est en chute libre et l’Élysée y pressent un réel danger.

Les politologues français sont nombreux à penser que cette baisse sans précédent fragilise le statut politique du président.

Emmanuel Macron craint de connaître le même destin que Sarkozy et Hollande et a peur pour son avenir politique. Le président français observe les sondages avec une grande attention et cherche des solutions pour améliorer sa cote de popularité auprès des Français, qui ont développé une forte animosité à son endroit.

Cette évolution s’explique notamment par la baisse du budget de la défense, qui a conduit à la démission du ministre en charge de ce portefeuille. Il faut ajouter à cela le fait que le pays est toujours confronté à des menaces sécuritaires et que les Français sont profondément marqués les attentats. Beaucoup d’entre eux ont ainsi vu d’un mauvais œil la décision du chef de l’État de diminuer les moyens mis à la disposition de l’armée.

 L’effondrement est particulièrement remarquable au sein des électeurs de son propre parti politique, parmi lesquels il perd 14 points. La République en marche !, un tout nouveau parti ayant obtenu la majorité absolue à l’Assemblée nationale, traverse désormais une passe difficile. Les autres partis politiques avaient estimé que le fait que Macron disposait d’une Assemblée qui lui est complètement acquise empêchait de facto la formation de tout contre-pouvoir et nuisait à l’exercice plein et entier de la démocratie.

 À vrai dire, Emmanuel Macron a remporté la présidentielle grâce à ses promesses sur les réformes économiques et sociales. Si le jeune président français ne parvient pas à réaliser ses réformes ou bien s’il y renonce, il devra faire face à la pression de l’opinion publique. À présent, sa cote de popularité est d’ores et déjà tombée à 36 % et la plupart des Français ont un jugement négatif sur l’action du nouveau locataire de l’Élysée. La même chose s’est produite pendant le quinquennat de François Hollande. En se présentant comme le candidat de la réforme sociale, il avait réussi à battre Sarkozy et à remporter les élections présidentielles de 2012. Or, en 2017, au terme d’un quinquennat qui l’avait vu renier toutes ses promesses, seuls 20 % des Français avaient encore un avis favorable à son égard, ce qui l’a contraint à renoncer à un second mandat.

Pour le moment, Macron n’en est pas encore arrivé là. Cependant, lorsque l’on considère cette forte baisse dans les sondages, et surtout la précocité avec laquelle elle est intervenue, il semble difficile d’imaginer une autre issue pour l’ex-banquier d’affaires de la Banque Rothschild. Par ailleurs, les rivaux de Macron ne sont pas restés les bras croisés et cherchent à tirer les marrons du feu. C’est notamment le cas de sa rivale frontiste, Marine Le Pen, qui est entrée en précampagne en vue de la présidentielle de 2022 en mettant l’accent sur les points faibles du gouvernement de Macron. Le Front national a préparé une feuille de route et souhaite profiter de la fin du court état de grâce de Macron pour remporter les élections européennes.

Tous les voyants semblent donc au rouge pour Macron, dont la rouerie et les artifices oratoires ne suffisent plus pour jeter de la poudre aux yeux des électeurs, et qui va devoir mettre en œuvre toute son habilité sur les plans économique, politique et social pour redresser la barre. Si l’on en croit les sondages, Macron n’a pour l’instant pas réussi à convaincre. La redescente sur terre risque d’être brutale pour ce pur produit de l’oligarchie financière, dont les partisans annonçaient monts et merveilles, mais qui ne semble pas avoir les épaules pour faire face à la situation.

Aug 08, 2017 18:47 UTC
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