• La France espère plus de sièges au Parlement européen

A la faveur du Brexit, 73 sièges vont être libérés par les élus britanniques au Parlement européen.

‍C'est une occasion de remettre à plat des règles devenues obsolètes.
Le grand marchandage a commencé. Les eurodéputés de la Commission des Affaires constitutionnelles se sont réunis, lundi soir, pour un premier débat autour d'un sujet qui s'annonce complexe : la redistribution du nombre de sièges par pays.
 
Réduction du nombre de députés 
 
Rendue indispensable par l'évolution démographique de l'Union européenne, cette discussion apparaît d'autant plus opportune que le départ du Royaume-Uni va libérer 73 sièges. 
La proposition actuellement sur la table consisterait à supprimer 51 sièges, pour en ramener le nombre à 700. Il y aurait donc, d'une part, 22 sièges à réallouer parmi les Etats-membres. Et d'autre part, une « réserve » dans laquelle pourraient puiser les éventuels nouveaux entrants de l'Union européenne, mais qui pourrait également servir à la constitution de listes transnationales.
Comme le résume Pervenche Beres, eurodéputée socialiste en charge des affaires constitutionnelles, il y a unanimité, dans le camp français, pour constater que « la France est le pays qui pâtit le plus de la situation actuelle ». Ayant vu sa population croître, la France verrait son nombre de sièges passer de 74 à 78, d'après la proposition actuellement sur la table. Jérôme Lavrilleux, au Parti populaire européen, va plus loin : « d'après mes calculs, la France devrait même récupérer 5 sièges ». Il va déposer un amendement dans ce sens.
Listes transnationales ?
 
Quant aux listes électorales transnationales, elles viseraient à sensibiliser à la dimension européenne du scrutin. Les électeurs voteraient alors pour la liste d'un parti composé de personnes de nationalités différentes. Mais le même Jérôme Lavrilleux, qui se dit pour à titre personnel, met en garde : « je voudrais qu'on m'explique concrètement comment on fait ». Si chaque pays doit avoir un représentant dans la liste, cela signifie notamment que les représentants du bas de la liste ne seront pas élus.
Comment articuler cela avec le quota de députés par pays ? comment gérer les différences de codes électoraux entre pays et les questions de financement des campagnes ? Une chose est sûre : la proposition formelle du Parlement, cet hiver, promet de beaux débats au niveau des Etats-membres. Lesquels devront valider la réforme à l'unanimité...

Avec Les Echos

Sep 13, 2017 09:40 UTC
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