• La dirigeante birmane annule son déplacement au siège de l’ONU

D’où vient cette décision si ce n’est de la honte ? La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi a annulé sa participation et son discours à la 72e Assemblée générale des Nations unies qui s’est ouverte le mardi 12 à New York.

Aung San Suu Kyi, chef du parti au pouvoir au Myanmar et qui dirige de facto le gouvernement birman, a annulé son déplacement de la fin septembre à l’Assemblée générale de l’ONU, a annoncé ce mercredi 13 septembre son porte-parole, alors que le Myanmar est pointé du doigt pour les atrocités pratiquées contre sa minorité musulmane.

Alors que le gouvernement d’Aung San Suu Kyi est accusé de violences envers la minorité musulmane, ayant contraint à l’exode près de 370 000 Rohingyas, il est prévu que le vice-président du Myanmar, U Henry Van Thio participe à la place d’Aung San Suu Kyi à l’Assemblée générale de l’ONU et y prononce un discours.

La conseillère d’État et dirigeante de facto du Myanmar avait promis en 2016 à la tribune de l’ONU de soutenir les droits de la minorité musulmane des Rohingyas, qui fuient le pays par centaines de milliers, rapporte l’AFP.

De son côté, l’ONU devait réunir, mercredi, son Conseil de sécurité afin de discuter, à huis clos, de la crise des Rohingyas, qui continuent d’affluer par milliers vers le Bangladesh, où plus de 370 000 personnes sont arrivées depuis fin août pour fuir les violences en Birmanie, ajoute la même source.

À son tour, le haut commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, avait évoqué lundi « un exemple classique de nettoyage ethnique ».

« Nous avons reçu de multiples rapports et des images satellite montrant des forces de sécurité et des milices locales brûlant des villages rohingyas, et des informations cohérentes faisant état d’exécutions extra-judiciaires, y compris de tirs sur des civils en fuite », avait-il déclaré.

Le nombre exact des réfugiés de cette minorité musulmane persécutée pourrait être beaucoup plus élevé, ont précisé les Nations unies, qui estiment que de « nombreux arrivants sont encore en mouvement et restent au bord des routes, ce qui rend difficile de les inclure dans les calculs ».

Ces crimes interviennent alors que les autorités locales et les organisations internationales peinent à prendre en charge cette marée humaine, d’une ampleur sans précédent pour ce conflit. Malades, blessés pour certains, affaiblis et affamés, les Rohingyas arrivent complètement démunis dans une zone où les camps miséreux sont déjà surpeuplés, ajoute l’AFP.

La cause des Rohingyas trouve aussi un écho particulier dans le monde musulman, où les images présentées comme montrant des exactions de l’armée birmane contre cette communauté sont largement partagées sur les réseaux sociaux.

Le Guide suprême de la Révolution islamique a dénoncé le mardi 12 septembre les crimes commis contre les musulmans du Myanmar et a fustigé le silence des instances de défense des droits de l’homme à leur sujet.

« Le génocide des Rohingyas a signé l’acte de décès du Prix Nobel », a jugé l’Ayatollah Ali Khamenei.

À noter aussi qu’une pétition demandant le retrait du Nobel à Aung San Suu Kyi, mise en ligne par le site Change.org, a par ailleurs été signée par un peu plus de 418 000 personnes.

Sep 13, 2017 13:15 UTC
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