• La Turquie menace Washington

La Turquie prendra des mesures contre les États-Unis en représailles à la décision US d'imposer des droits de douane sur les importations turques d'acier et d'aluminium, selon des sources du ministère turc de l’Économie.

Ankara imposera des taxes de 266,5 millions de dollars sur les importations américaines de charbon, papier, noix/amandes, tabac, riz non transformé, whisky, automobiles, cosmétiques, machines et équipements, et produits pétrochimiques, a déclaré à l'agence Anadolu vendredi, une source bien informée au sein du ministère turc de l’Économie.

Elles ont souligné que la valeur des importations turques de ces produits s'élève à 1.8 milliard de dollars, et que la valeur des taxes imposées par la Turquie atteindra le montant de 266.5 millions de dollars.

Les mêmes sources ont rapporté que la Turquie a eu recours à cette mesure après l'échec de ses tentatives auprès des parties américaines d'exempter les produits turcs des taxes supplémentaires.

Dans un geste similaire, l’Union européenne et l’Inde ont communiqué à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) des listes de produits américains susceptibles de faire l’objet de tarifs douaniers élevés, en représailles à la décision du président américain Donald Trump de taxer les importations d’acier et d’aluminium.

D’après l’UE, les droits de douane US sur l’acier pourraient lui coûter 1,5 milliard de dollars (1,3 milliard d’euros) et ceux sur l’aluminium 100 millions. Le riz, les airelles, le bourbon, le maïs, le beurre d’arachide et les produits en acier figurent sur sa liste des produits américains qui pourraient être taxés.

Début mars, le président américain avait imposé un droit d'importation de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium. Cependant, il avait reporté les taxes d'importation sur l’acier et l’aluminium pour le Canada, l'Union européenne et le Mexique, de 30 jours.

Trump avait prolongé le report jusqu'au 1er juin 2018. Le 30 avril, l'Argentine, l'Australie, le Brésil et la Corée du Sud avaient bénéficié d'une exemption permanente de ces taxes. 

Le Japon n’a en revanche pas été exempté malgré son statut de proche allié et les efforts du Premier ministre Shinzo Abe qui a courtisé Donald Trump avec assiduité.

Mai 20, 2018 08:57 UTC
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