Dans le cadre des plus vastes manœuvres militaires de son histoire, le géant de l’Est, a démontré mardi 11 septembre sa suprématie en termes d’armement. La Russie a sorti le grand jeu, accompagnée par son alliée de longue date, la Chine: 300.000 soldats, 36.000 véhicules militaires, 1.000 avions et 80 navires mobilisés. Un déploiement du répertoire moderne de l'armée russe qui passe mal aux yeux de l’Otan et qui parle déjà de répétition d’un « conflit de grande ampleur », selon l’AFP.

Le président russe Vladimir Poutine ne lésine pas sur les moyens pour montrer sa force militaire au monde entier. Cette démonstration de force a été baptisée Vostok-2018 (Est-2018) et elle s'étendra jusqu’au 17 septembre prochain en Sibérie orientale et dans l’Extrême-Orient russe. L’armée mongole fait aussi partie de ce déploiement massif.

C’est avec un « Vostok-2018 a démarré » que le ministère russe de la Défense a annoncé le lancement des opérations. Le tout, appuyé par une vidéo aux allures de film de guerre, avec hélicoptères, véhicules blindés, ou encore, avions de chasse et autres bombardiers lourds.

Le programme de ces manœuvres ne risque pas d’ennuyer les foules: mardi, déploiement des troupes ; mercredi, exercices de lutte antiaérienne.

Le programme de ce jeudi devrait retenir le plus toutes les attentions. Qualifié de « principal événement » par le ministère russe de la Défense, ce jeudi reste tout de même un mystère pour la presse à qui rien n’a été divulgué.

La crème des armes russes

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la Russie ne fait pas dans la dentelle en termes de technologie militaire. Tout le répertoire moderne de l'armée russe sera de la partie: des missiles Iskander, capables de transporter des ogives nucléaires, des tanks T-80 et T-90 ou les récents avions de combat Su-34 et Su-35. En mer, la flotte russe déploiera plusieurs frégates équipées de missiles Kalibr, qui ont fait leurs preuves en Syrie, rapporte l’AFP.

Si les précédents exercices militaires russes dans la région, Vostok-2014, avaient déjà rassemblé 155.000 soldats, les manœuvres Zapad-2017 (Ouest-2017) organisées l'an passé aux portes de l'Union européenne, n'avaient en comparaison impliqué que 12.700 hommes selon Moscou, l'Ukraine et les pays baltes évoquant un contingent bien plus important.

Escalade des tensions entre l’Ouest et l’Est

La Russie et l’Occident se sont engouffrés dans un bras de fer qui tend à se durcir, particulièrement depuis l’avènement de la guerre en Ukraine et en Syrie. Les nombreuses accusations d’ingérence dans la politique occidentale par la Russie, selon le bloc occidental mené par les USA, n’ont pas arrangé les choses.

Depuis 2014 et la grave dégradation des relations entre Moscou et l'Occident, la Russie a multiplié les exercices militaires d'ampleur, du Caucase à la Baltique et jusqu'en Arctique, tout en dénonçant l'expansion à ses frontières de l'Otan, menace fondamentale pour sa sécurité selon la nouvelle doctrine militaire russe adoptée la même année.

Les manœuvres russes en Extrême-Orient ont été précédées par des exercices en Méditerranée, du 1er au 8 septembre, auxquels ont pris part plus de 25 navires et une trentaine d'avions, dans un contexte de renforcement de la présence russe au large de la Syrie où elle intervient militairement depuis 2015.

Le porte-parole du Kremlin a prévenu fin août: « La capacité [de la Russie] à se défendre dans la situation internationale actuelle, qui est souvent assez agressive et inamicale envers notre pays, est justifiée, essentielle et sans alternative. »

 

Sep 12, 2018 09:55 UTC
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