• Incirlik: le coup de poker US contre Ankara

Les relations Turquie/États-Unis ont été ruinées après qu’un pasteur américain en Turquie a été accusé d’espionnage contre la Turquie. La tentative de Washington de fermer sa base militaire d’Incirlik sur le territoire turc n’aurait pour effet que d’attiser la tension.

Alors que l’ordre des sanctions américaines de la Turquie n’a toujours pas séché après la détention de l'agent américain, accusé d’espionnage en faveur de l’opposant Fatullah Gülen, la nouvelle du remplacement de la base turque d’Incirlik par les bases militaires grecques compliquerait encore plus les relations Ankara/Washington. D’ailleurs, le chef d’État-major des armées, Joseph Dunford, avait récemment visité la Grèce mérite réflexion.

En fait, Washington a l’intention d’étendre leur sphère d’influence à l’ouest du Moyen-Orient et de diversifier pour cela ses infrastructures militaires dans la région à l’est de la Méditerranée.

La publication Military Times, citant une source inconnue, écrit que lors des discussions entre Dunford et les Autorités grecques, les bases militaires grecques – où les Marines sont censés se positionner dans les dix prochaines années – ont été déterminées.

Dans ce cadre, le Pentagone a annoncé le remplacement d’Incirlik par la base militaire d’Andravida.

Selon les derniers rapports, les États-Unis envisagent par ailleurs de fonder dix nouvelles bases militaires ou augmenter le niveau d’utilité des bases existant.

Dans ce contexte, le journal national grec Estia écrit :

« Washington cherche à construire deux bases militaires proches de la frontière turque ; l’une dans la zone de Cyclades au sud-est de la Grèce et l’autre proche des îlots Imia/Kardak à quelques kilomètres de la frontière grecque avec la Turquie qui font l’objet d’un différend territorial entre Ankara/Athènes ».

Certains responsables turcs évaluent que dans une telle situation, seuls quelques avions logistiques de l’armée américaine restent dans la base américaine sur le territoire turc.

Les différends Turquie/Grèce datent de longtemps : la Grèce ne voit plus la Turquie comme son allié au sein de l’OTAN. Maintenant, Athènes cherche de nouveaux alliés pour pouvoir couper court à l’expansionnisme turc. Cela s’explique par ses tentatives de promouvoir le niveau de la coopération militaire avec Chypre, l’Égypte et Israël.

Tout laisse à croire que la décision de Washington de transférer les bases américaines vers la Grèce à l’est de la Méditerranée est bénéfique pour les deux parties : d’un côté, cela fait rapprocher la Grèce de ses desseins et de l’autre, Washington peut mettre à l’épreuve la persistance d’Ankara face aux pressions américaines. La question reste à savoir que si le chantage des États-Unis n’assure pas le désidérata des Américains, jusqu’où ceux-ci sont prêts à aller ?

Sep 12, 2018 10:36 UTC
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