Oct 08, 2018 11:31 UTC
  • Iran: nouveau duel Chine/USA

Pékin décide de suspendre les importations du pétrole américain et de continuer d'acheter le brut iranien en réponse aux taxes supplémentaires US sur ses importations.

La Chine a ces derniers mois donné un coup de grâce aux États-Unis, en arrêtant d’acheter le brut américain et devenant le principal acheteur du pétrole iranien, après le retour des sanctions US contre l’Iran.

Les pressions accrues des États-Unis contre la Chine se justifient par leurs tentatives de resserrer l’étau autour du géant astique dans le but de porter atteinte dans l'arène internationale à la deuxième superpuissance du monde qui est vue comme le principal rival des États-Unis dans les champs militaire, politique et économique.

Les autorités américaines arguent que la mutation économique de l'Empire du Milieu lui permettrait d'augmenter son budget militaire et d'établir un rapport de forces qui déplaît à coup sûr à Washington. Pour cette même raison, Washington a envisagé de faire une vaste expédition militaire vers l’Asie de l’Est dans l'espoir de tergiverser autant que possible l’émergence d’une superpuissance multidimensionnelle qu’est la Chine.

Dès l’ascension au pouvoir de Donald Trump, Washington a pris des mesures draconiennes contre la Chine y compris l’augmentation des taxes douanières sur les importations de produits venant de Chine, l’adoption des sanctions militaires contre l’armée chinoise notamment dans le domaine d’achat d’armements, l’expédition des destroyers américains vers les régions conflictuelles en mer de Chine méridionale, la tenue des exercices militaires en partenariat des pays alliés et l’augmentation des pressions sur la Chine concernant la question de la dénucléarisation de la Corée du Nord, etc.

Bien que la Chine se soit soumis ces dernières décennies à une politique de détention, elle ne peut quand-même pas laisser sans réponse la décision américaine de taxer ses importations aux États-Unis. La Chine promet de riposter coup pour coup à l'Amérique . Dans le même cadre, elle applique les droits de douane supplémentaires pouvant atteindre 25% sur 128 produits US, dont l’aluminium et l’acier.

Duel Chine/États-Unis: nouvel avertissement de Pékin 

En pleine guerre commerciale, la Chine est allée plus loin, en décidant de suspendre l'achat du brut américain, le remplaçant par le pétrole iranien; un changement de cap significatif après le retour des sanctions US contre l’Iran. Pékin a pris cette décision juste après qu’il a annoncé l’application éventuelle des droits douaniers de 18% sur les importations du brut américain. Bien que la décision ne soit pas toujours mise en vigueur, il y a des indices de la volonté ferme des chinois d'appliquer cette mesure dans un très proche avenir. 

Pour ce qui concerne la guerre commerciale Pékin/Washington, Reuters écrit que deux entreprises chinoises, Sinopec et Uinpec, envisagent de suspendre leurs accords pétroliers avec les États-Unis d’Amérique en pleine guerre commerciale et cela provoque dès maintenant des problèmes pour les compagnies pétrolières américaines, d'autant plus qu'ils doivent chercher de nouveaux clients.

Les autorités chinoises ont par ailleurs rejeté la demande des Américains de suspendre l’achat du pétrole iranien. Elles ont affirmé s’approvisionner en pétrole auprès de l’Iran et semblent vouloir faire d’une pierre deux coups : la Chine peut d’abord répliquer aux taxes américaines et ensuite faire un pied du nez au nouveau continent en dépassant les sanctions anti-iraniennes de Washington.

Certains analystes des marchés de l’énergie estiment que Pékin décide de remplacer le brut américain par le pétrole iranien et le brut venant de l’Afrique de l’Ouest.

Les Chinois ont cherché ces dernières années à se rapprocher plus que jamais du continent noir et à y faire des investissements colossaux, la politique est, aux dires des analystes, très intelligente parce que de telles démarches permettront aux Chinois de renforcer leur poids parmi les pays africains au mépris de l’Occident.

Lors de sa première tournée en Afrique après son élection à un second mandat, le chef d’État chinois, Xi Jingping, s’est rendu en visite à cinq pays africains, en les rassurant que « Pékin sera le plus grand client des produits et les ressources énergétiques de l’Afrique ».

En effet, l’Afrique ne peut pas être épargnée de la guerre commerciale de ses deux géants notamment sur le plan commercial : le commerce Chine/Afrique est témoin d’une croissance significative ; ce que les chinois ont perdu aux États-Unis pourraient être récupéré en partie en Afrique.

Les autorités chinoises semblent d’ors et déjà prendre des mesures pragmatiques au lieu de rester les bras croisés vis-à-vis des politiques anti-chinoises de l’administration Trump.

 

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