• Réponse russe à l'ultimatum US

Le Kremlin a annoncé ce mercredi que les États-Unis manipulaient les faits pour accuser faussement la Russie de violer le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) afin de créer un prétexte pour que les Américains puissent quitter ce traité.

Les États-Unis ont lancé mardi à la Russie un ultimatum de 60 jours en demandant à Moscou de clarifier ce que Washington considère comme une violation du traité de 1987 sur le contrôle des armes nucléaires. La Maison-Blanche a menacé de commencer un processus de retrait du Traité FNI si rien ne changeait dans la politique de la Russie.

Interrogé sur l’ultimatum de 60 jours lancé par les États-Unis, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré que les déclarations des autorités américaines et de l’OTAN attisaient les tensions entre la Russie et l’Occident.

De son côté, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a déclaré que les accusations sans fondements des États-Unis n’étaient que des formules éculées sans qu’aucune preuve soit présentée par Washington pour appuyer les accusations portées contre la Russie.

Les menaces américaines n’ont pas laissé indifférent non plus le chef d’état-major des forces armée russes, le général Valéri Guérassimov, qui a assuré ce mercredi que Moscou allait renforcer son arsenal nucléaire.

« L’un des facteurs les plus pernicieux compliquant les relations internationales s’avère être les agissements des États-Unis qui tentent de maintenir leur domination sur les affaires internationales », a-t-il déclaré dans un communiqué de l’armée russe publié ce mercredi.

Le général Valéri Guérassimov a ajouté : « C’est dans ce but que Washington et ses alliés prennent des mesures complexes, coordonnées, pour endiguer la Russie et discréditer son rôle dans les affaires internationales. »

En effet, Moscou estime que le Traité FNI ne doit pas être abandonné sur la décision du président des États-Unis Donald Trump. Le président russe, Vladimir Poutine souligne que son pays réagirait si Washington finissait par se retirer du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire. Selon le chef d’État russe, Washington avait pris la décision de quitter le Traité FNI bien avant de faire une déclaration publique à ce sujet.

Répondant aux questions des journalistes, le président Vladimir Poutine a déclaré : « La décision a été prise depuis longtemps, mais en catimini. Les États-Unis pensaient qu’on ne le remarquerait pas, mais la mise au point de tels missiles figure d’ores et déjà dans le budget du Pentagone. C’est seulement après qu’ils ont annoncé leur retrait du Traité FNI. »

M. Poutine a rappelé ensuite qu’avant même l’annonce par Washington de son retrait du Traité FNI, le Congrès des États-Unis avait débloqué des fonds nécessaires à la conception de missiles interdits par ce traité.

Selon le président russe, les dirigeants américains cherchent maintenant un prétexte pour justifier des décisions déjà prises. Vladimir Poutine a déclaré : « Ils commencent maintenant à chercher sur qui rejeter la responsabilité. Évidemment, la solution la plus simple et la plus habituelle pour les Occidentaux est de dire que c’est de la faute de la Russie. Mais il n’en est rien. Nous sommes contre la destruction de ce Traité, mais si c’est le cas, nous réagirons comme il se doit. »

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Dec 05, 2018 17:06 UTC
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