• Gilets jaunes: l'armée en route pour Paris

Alors que la France attend une quatrième grande journée de protestation contre les politiques économiques du gouvernement, l’armée française a pris la direction de la capitale pour faire face aux manifestants.

En dépit de l’annulation de la hausse de la taxation sur les carburants pour l’année 2019, trois partis d’opposition en France se sont mis d’accord sur une motion de censure le gouvernement d’Édouard Philippe. La marche arrière de l’exécutif n’a pas non plus réussi à faire renoncer les Gilets jaunes à une quatrième grande journée de mobilisation, malgré une présence accrue de la police.

Quelque temps après l’annonce par le Premier ministre français, Édouard Philippe, du déploiement de 65 000 forces de police partout en France pour faire face aux violences éventuelles de samedi prochain, les images publiées par les internautes montrent les véhicules de l’armée française prendre la direction de Paris.

Malgré la grande reculade de l’exécutif qui a suspendu la hausse de la taxe sur les carburants, d’abord pour une durée d’un an puis définitivement, les Gilets jaunes se mobiliseront le samedi 8 décembre pour la quatrième grande journée de manifestation.

Qualifiant de « chaos » la vague de protestation à laquelle participent désormais différentes couches sociales, le président français estime que de graves violences se produiront lors de cette journée de colère à Paris. À cet égard, les commerces sur les Champs-Élysées sont invités à fermer les portes.

Insatisfaits des réponses à la crise des Gilets jaunes, les députés socialistes, communistes et de La France insoumise ont trouvé un accord sur le dépôt d’une motion de censure contre le gouvernement d’Édouard Philippe le lundi 10 décembre, a rapporté Euronews.

« Nous allons chercher pendant les jours qui viennent à élargir le cadre de ceux qui pourront déposer avec nous cette motion, au sein d’autres groupes politiques », a noté le premier secrétaire du Parti socialiste, accompagné de députés du Parti communiste français (PCF) et de La France insoumise (LFI).

La motion devra être soumise au vote de l’Assemblée nationale environ 48 heures après son dépôt.

Les députés de La France insoumise et du Parti communiste à l’Assemblée nationale avaient prévenu fin novembre qu’ils étaient favorables à la démission du gouvernement via une motion de censure. Leur nombre ne totalisant que 33 députés, ils avaient besoin du soutien des élus socialistes, qui n’y étaient favorables qu’en dernier recours. Pour Valérie Rabault, la présidente du PS, la motion de censure ne répondait pas à l’enjeu du moment.

Les protestations, émaillées de scènes de violence, se poursuivent depuis deux semaines en France et ne semblent pas être près de s’essouffler. Concentrée au départ sur la fiscalité des carburants pour l’année 2019, la vague de contestation s’est vite élargie à d’autres revendications, portant non seulement sur le pouvoir d’achat mais aussi sur la démission ou la destitution d’Emmanuel Macron, le président français.

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Dec 06, 2018 18:05 UTC
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