Jan 20, 2019 11:05 UTC
  • La France des

Les médias maistream n'en parlent pas mais ils existent : depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, il existe en France l'émergence d'un phénomène que la "Macronie" reproche souvent aux autres : le prisonnier politique.

Aucun bilan officiel n'est publié sur le nombre de français emprisonnés que la justice, largement influencée par l'exécutif, a jeté en prison après les avoir accusés d'être des casseurs. Le nombre de détenus politiques en France, puisqu'il s'agit de gens qui contestent un régime de gouvernance et ses dérives, reste à cette heure parfaitement inconnu tout comme le nombre de blessés qui selon certaines estimations, s'élève à 2000 personnes.  

En France, pour la dixième semaine consécutive, les Gilets jaunes sont descendus dans les rues. Selon les chiffres annoncés par le ministère français de l’Intérieur, 84.000 personnes ont manifesté, ce samedi 19 janvier, à travers le pays, c’est-à-dire autant que lors de l’acte 9.

Les manifestations de ce samedi ont été émaillées par des heurts particulièrement violents entre les manifestants et la police qui malgré la polémique de ces derniers jours, a largement eu recours à des armes comme Flash-ball. Lors de l’acte 9 des manifestations des Gilets Jaunes, on a pu voir des CRS équipés d’armes de guerre. Cela suivait de peu les déclarations de l’ancien ministre Luc Ferry appelant à tirer sur les manifestants. Heureusement ils ne l’ont pas fait.  À Paris, les protestataires brandissaient des drapeaux tricolores et des pancartes sur lesquelles on pouvait lire leurs revendications comme « Stop à la violence ». Au moins, 42 personnes ont été interpellées dans la capitale qui a connu des scènes de guerre à un certain moment des manifs. Les Français largement hostiles au débat national, tel qu'il est présenté et mené par le président Macron, ont également été nombreux à descendre dans la rue à Toulouse, à Bordeaux, à Lyon, à Marseille, à Saint-Etienne et dans d’autres villes françaises.

À Lyon, les policiers ont bouclé le Centre-ville pour empêcher des milliers de Gilets jaunes d'y accéder à Lyon et ce, à coup de gaz lacrymogène. Trois manifestants ont été interpellés, a indiqué la préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes et du Rhône à laquelle se réfère le média.

 Plus au sud à Marseille, des heurts se sont produits entre des manifestants et les forces de l’ordre derrière la gare de Saint-Charles, rapporte La Provence. Selon ce quotidien, les forces de l'ordre ont répondu aux jets de projectiles par l'usage de gaz lacrymogène. Idem à Bordeaux où environ 4.000 Gilets jaunes ont manifesté ce samedi toujours d’après la préfecture avec en toile de fond 49 interpellations. RT fait état d'une initiative venue de la part des manifestants qui sont allés à la rencontre des policiers. 

En effet, les mesures décidées par l'Etat français et en réponse à leurs revendications sociales et désormais politiques ont visé depuis le début du mouvement à provoquer un schisme entre les Français et les forces de l'ordre, ce qui n'a pas échappé aux Gilets jaunes. En effet, le 10 janvier, un télégramme émanant du ministère français de l’Intérieur – dont le journal français le Canard enchaîné  a copie – ordonnait à la police d’«appliquer systématiquement et obligatoirement [deux] instructions : Primo, chaque commandant (…) veillera à prééquiper un binôme observateur tireur (BOT) en capacité de se déployer immédiatement, ce qui signifiait le déploiement des tireurs d’élite sur des «points hauts», c’est-à-dire les toits d’immeubles. La mesure concerne habituellement les tireurs d’élite des unités anti-terroristes. La seconde mesure stipulait le déploiement systématique de «2 HK G36», soit des fusils d’assaut dont ont été dotés policiers et gendarmes après l’attentat du Bataclan, le 13 novembre 2015.

La démarche des Gilets jaunes de Bordeaux visait sans doute à neutraliser cette initiative guerrière du gouvernement Macron. Mais ce n'est pas tout. L'acte 10 a porté pour la première fois au grand jour ce que les médias mainstream cherchent désespéramment à occulter : l'émergence des prisonniers politiques en France. Le bilan des français détenus par la justice dans la foulée des manifestations qui sont entrées samedi dans le 76ème jour reste inconnu, les analystes dénonçant de plus en plus les ingérences de l'exécutifs dans la justice. La loi anti-casseur proposée par le gouvernement a été très rapidement adoptée à l'Assemblée nationale. 

Hier à Dijon,  Gilets jaunes samedi à Dijon, une cinquantaine de manifestants a pénétré dans l’enceinte de la prison de la ville, où sont détenus leurs «camarades» pour en demander la mise en liberté. La justice française les a condamné à de la prison ferme. Selon l'AFP, les manifestants «ont passé le grand portail, scandé ‘'libérez nos camarades'' ». Le Premier ministre français, Edouard Philippe a annoncé, le 7 janvier de nouvelles mesures « d’ordre public » pour "répondre aux exigences des syndicats de policiers contre les casseurs et les manifestants violents". Pour de nombreux analystes, la mesure vise surtout à provoquer la division au sein de la société, à empêcher la poursuite du mouvement. Mais celle-ci a peu de chance de l'emporter puisque la contestation s'inscrit dans la durée. 

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