Jan 24, 2019 07:53 UTC
  • France: les Gilets jaunes

Sous peine de perdre le contrôle de la situation au moment où il n’y a aucune probabilité de retrait des Gilets jaunes face au gouvernement, le ministère de l'Intérieur aurait pris l'initiative de repérer les « leaders » des Gilets jaunes.

Il aurait dans ce cas chargé un service secret lié au SCRT de fournir un fichier informatique contenant l’identité des personnes recherchées, ses antécédents judiciaires, son implication associative.

Dans son édition du 23 janvier, l’hebdomadaire satirique Le Canard Enchaîné a révélé que le ministère de l'Intérieur aurait demandé aux policiers du Service central du renseignement territorial (SCRT) de repérer ceux qui exercent «une réelle influence sur le mouvement» des Gilets jaunes et qui ont «un potentiel pour être les interlocuteurs des pouvoirs publics».

Après les avoir repéré, les policiers doivent ficher les meneurs de la mobilisation populaire contre la vie chère qui est née en octobre 2018. Les fichiers doivent contenir l’état civil complet et pseudonymes, l’adresse, le téléphone, le véhicule et son immatriculation, etc…

Les «antécédents et procédures judiciaires» de la personne en question, «son implication associative», «son influence et son activité sur les réseaux sociaux», «son implication médiatique», «ses liens avec des éléments ou mouvements radicaux» et enfin les sources de «financement» du mouvement seraient d’autres informations à ajouter sur le fichage des personnes visées, a rendu public l’hebdomadaire.

La nouvelle mesure du ministère de l’Intérieur sert divers objectifs : repérer plus facilement les Gilets jaunes et les fouiller le cas échéant, mais aussi interpeller les cerveaux du mouvement pour pouvoir peut-être étouffer les voix de protestation.

Tous les renseignements collectés à ce propos seraient livrés au ministère de l’Intérieur, ce fichier n’ayant pas fait l’objet de déclaration auprès de la Commission nationale de l'information et des libertés (CNIL), a indiqué Le Canard Enchaîné. Interrogé à ce propos, le ministère de l’Intérieur s'est contenté d'assurer que « les services [faisaient] leur travail avec les moyens juridiques autorisés par la loi ».

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