Mar 19, 2019 21:34 UTC
  • Kim floué par Trump?

Les deux sommets Kim/Trump ont-ils servi de leurre à la CIA pour préparer une révolution colorée en Corée du Nord ? L’idée paraît au premier abord saugrenue mais elle fait son chemin.

Le 22 février, soit quelques jours avant la rencontre, à Hanoï, du président Trump et de Kim Jong-un, dirigeant nord-coréen, des hommes armés ont réussi à pénétrer à l’intérieur de l’ambassade de la Corée du Nord à Madrid, où ils ont ensuite séquestré une partie du personnel et volé des données informatiques et des téléphones portables. Les États-Unis cherchent-ils à gagner la confiance de Kim en vue de préparer le terrain à une révolution colorée en Corée du Nord ?

Le 15 mars, en se basant sur des confidences faites par des personnes « proches du dossier », le Washington Post a avancé une autre piste. Ainsi, d’après lui, cette intrusion dans l’ambassade serait le fait d’un groupe appelé « Défense civile Cheollima » (DCC), dont le but est de renverser, ni plus ni moins, Kim Jong-un du pouvoir. Et cette organisation a d’ailleurs fait récemment parler d’elle en publiant un communiqué pour se proclamer « gouvernement provisoire du Nord » sous le nom de « Free Joseon » (du nom de la dynastie coréenne qui régna sur la péninsule entre 1392 et 1910, année de son annexion par le Japon).

En 2017, le groupe Cheollima (ou « Free Joseon ») a pris part à l’évacuation vers Macao de Kim Han-sol, le fils de Kim Jong-nam, demi-frère de Kim Jong-un qui venait alors d’être assassiné lors d’une attaque commise au moyen d’un gaz neurotoxique en Malaisie. Le Wall Street Journal avancera par la suite que l’organisation avait reçu de l’aide de la part des États-Unis, de la Chine et des Pays-Bas.

La vice-ministre nord-coréenne des Affaires étrangères a déclaré à la mi-mars que Pyongyang ne pourrait accéder à toutes les revendications de Washington.

Quoi qu’il en soit, le Washington Post avance que la CIA était « probablement consciente » qu’une telle opération contre une emprise diplomatique nord-coréenne à quelques jours d’un sommet crucial aurait pu faire dérailler les discussions en cours entre les États-Unis et la Corée du Nord. Du moins, c’est ce qu’a assuré Sue Mi Terry, une ex-analyste de l’agence de Langley. « Ce n’est pas quelque chose que la CIA entreprendrait », a-t-elle dit.

En attendant, la CIA s’est refusée à faire le moindre commentaire. Tout comme, d’ailleurs, les autorités espagnoles, américaines et nord-coréennes.

Cela étant, on ne sait que très peu de choses sur le groupe Cheollima, si ce n’est qu’il vient de revendiquer l’inscription de graffitis sur les murs de l’ambassade de Corée du Nord à Kuala Lumpur en Malaisie… Un geste qui est à des années-lumière d’une opération comme celle réalisée à Madrid, laquelle exige des compétences particulières et des moyens. Enfin, certains avancent que cette organisation pourrait être liée aux services secrets sud-coréens. Ce qui, là encore, est difficile à prouver.

 

Mots clés

commentaires