Mar 22, 2019 18:28 UTC
  • Venezuela: une cellule terroriste démantelée

Au moment même où Washington tente activement de renverser le gouvernement de Maduro, les autorités vénézuéliennes arrêtent une « cellule terroriste » liée aux États-Unis.

Le 21 mars, une présumée « cellule terroriste » a été arrêtée par les autorités vénézuéliennes, a annoncé le ministre vénézuélien des Relations intérieures, de la Justice et de la Paix, Nestor Reverol.

« Alors que, le 23 février dernier, la soi-disant aide humanitaire n’est pas parvenue à traverser la frontière, dans une tentative de violer notre souveraineté et de reprendre la main après que le peuple vénézuélien a réussi à surmonter l’attaque électrique qui avait visé le pays, ces groupes s’engagent désormais dans une spirale de violence », a-t-il déclaré.

Selon ce membre du gouvernement vénézuélien, la cellule terroriste aurait recruté des mercenaires colombiens et centraméricains pour attaquer des dirigeants politiques, des militaires, des magistrats et la Cour suprême de justice (TSJ). Les mercenaires sont également censés commettre des actes de sabotage contre les services publics afin de provoquer le chaos dans la société bolivarienne.

Parmi les individus arrêtés figure Roberto Marrero, chef du cabinet du président par intérim reconnu par les États-Unis, Juan Guaido.

« Marrero Borgas est directement responsable de l’organisation de ces groupes criminels. Une certaine quantité d’armes et une somme importante en devises étrangères ont été saisies lors d’une perquisition effectuée à son domicile », a noté Reverol.

Juan Guaido a de son côté prononcé un discours à propos de l’arrestation, martelant que celui qui a donné l’ordre d’enlever « Marrero » a commis « une grave erreur » et qu’il y aura des répercussions.

Guaido continue également d’appeler le peuple à se lever et à organiser des émeutes contre le gouvernement, mais ni les médias grand public ni aucune autre source ne font état de révoltes ou d’émeutes actives, malgré les tentatives d’agitation et de propagande.

Guaido et les États-Unis ont promis aux militaires de l’armée vénézuélienne de les soutenir s’ils se rebellaient contre le gouvernement de Maduro.

Il semble que la majeure partie de l’armée vénézuélienne soutienne toujours le gouvernement Maduro, et de nombreuses unités ont été placées autour d’infrastructures clés dans le pays. L’objectif est d’éviter dans le futur toute situation semblable à la panne de courant qui a duré une semaine.

En représailles aux crises et tensions suscitées par les États-Unis, le gouvernement vénézuélien envisage de remettre à la Russie les données classifiées des avions de combat F-16 dont dispose son armée de l’air.

Par ailleurs, le président colombien Ivan Duque et le président chilien Sebastian Pinera ont fait, le 20 mars, une déclaration commune à Santiago au Chili, dans la droite ligne de la pression diplomatique continue qui est exercée sur le Venezuela.

Ils ont appelé à la restauration de l’État de droit et de la démocratie au Venezuela ; ils ont également appelé à la protection des droits de l’homme.

En réponse, le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Jorge Arreaza, a publié une déclaration officielle du gouvernement condamnant les propos des dirigeants colombiens et chiliens. Le communiqué leur reprochait de ne défendre que leurs intérêts économiques avec les États-Unis et de négliger non seulement le peuple vénézuélien, mais également le peuple de leurs pays respectifs.

« Simples marionnettes de Donald Trump, Duque et Pinera ont invoqué le droit international pour justifier leur soutien aux groupes de choc et leur tentative de faire entrer de force une prétendue aide humanitaire à la frontière colombienne, en violation de tous les règlements des Nations Unies régissant le sujet », a critiqué Arreaza.

Dans le cadre de la pression exercée par le gouvernement Trump sur le gouvernement de Maduro, les États-Unis n’ont pas importé un seul baril de pétrole du Venezuela au cours de la semaine précédente. C’était la première fois qu’un tel événement se produisait. Selon les données mensuelles de l’Agence d’information sur l’énergie (EIA) remontant à 1973, les États-Unis n’ont jamais passé un mois entier sans importer de pétrole brut du Venezuela.

Malgré les efforts persistants des États-Unis, de leurs alliés et de l’opposition vénézuélienne pour déstabiliser le Venezuela, il semble que la pression soit en train de perdre de son intensité et que le gouvernement de Maduro parvienne à renforcer le contrôle. Il convient également de rappeler la mise en garde que la Russie a adressée à Washington contre toute intervention militaire au Venezuela.

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