Aug 22, 2021 16:08 UTC

Actualité en Afrique :

Ghana : 3 millions $ de la SFI pour soutenir l’expansion de Quest Medical Imaging ;

Zimbabwe : l’industrie avicole pourrait enregistrer une croissance de 5 % en 2021 ;

Nouvelle réunion de haut niveau entre la RDC et le BURUNDI à Kinshasa du 31 août au 2 septembre ;

Gestion du fret terrestre : le Bénin se met à l’école camerounaise

Analyses de la rédaction :

Niger : Barkhane exclue du ciel nigérien ?

Le temps où les services secrets occidentaux pouvaient commettre gratuitement des tueries, semble être terminé, mais comment ?

Voyons le cas du Niger…

Alors qu’une tuerie a eu lieu dans le village de Theim, une attaque lors de laquelle dix-neuf civils ont été tués et deux autres ont été blessés, la population est sur le point de tourner ce défi à son avantage.

Abdou Aboubacar, député de la préfecture de Filingue et signataire de cette déclaration, alerte sur la situation : « C’est un devoir pour nous de dire les mots, les souffrances que vit la population de la région de Tillabéri afin d’interpeller le gouvernement pour pouvoir y remédier, indique-t-il. Les gens sont traumatisés ! Ils ne partent plus aux champs parce que dès que vous sortez de votre village, vous passez dans les champs et vous pensez peut-être croiser des terroristes ! On a demandé au gouvernement de prendre vraiment toutes les mesures pour renforcer la présence des FDS, les Forces de défense et de sécurité, pour protéger davantage cette population et leurs biens. De plus, nous avons demandé - nous ne le souhaitons pas, mais qu’en cas d’attaque - qu’il y ait une intervention rapide des Forces de défense et de sécurité et surtout l’intervention aérienne. Nous demandons vraiment à l’État qu’il y ait une couverture - on ne peut pas mettre chaque militaire dans un champ, non – qu’il essaye d’avoir la maîtrise de l’espace dans lequel ces terroristes évoluent. »

Que veut le député nigérien ? L’implication à l’image du Burkina des FDS en soutien d’une armée sous contrôle plus au moins renforcé de Barkhane, une FDS qui aura la charge de faire face au côté de l’armée aux éléments infiltrés au sein de l’armée nationale pour rendre son action antiterroriste plus efficace.

Une armée de l’air nigérienne indépendante qui combat les terroristes entraînés et formés par les agents et services occidentaux.

Ce n’est pas pour rien si le Niger a annoncé il y a une dizaine de jours avoir l’intention de créer une nouvelle base aérienne.

Réuni en conseil des ministres en fin de semaine dernière, le gouvernement a annoncé la construction prochaine d’une base aérienne à Diffa et adopté un projet de décret déclarant d’utilité publique cette installation. Baptisée BA 501, cette base devrait permettre « d’augmenter la capacité de riposte des Forces armées Nigériennes. »

Bien que depuis cette annonce, les médias mainstream ne cessent de souligner le manque de matériel et de moyens de l’armée de l’air nigérien. Mais est ce possible d’avoir de rafales nigériennes pour bombarder les terroristes ? Étant donné que suite à des années de colonisation qui règnent encore sous divers prétextes sur les pays sahéliens, ces pays n’ont pas réussi à acquérir les moyens aériens pour assurer leur sécurité.

Une information relayée par africaintelligence fait d’ailleurs état des pressions de Paris pour faire échouer les velléités du Tchad et du Niger, qui souhaitaient modifier les statuts de l’Asecna, une organisation régionale gérant la sécurité aérienne de nombreux aéroports sur le continent…

Que faire ? Le schéma moyen oriental est présent sous les yeux des Sahéliens : une armée de l’air asymétrique à l’image de celle du Yémen.

Le Niger, pourrait suivre le schéma des pays moyen-orientaux qui, au lieu de se fier à l’Occident, se sont tournés vers des pays qui savent comment résister aux sanctions et pressions, des pays de l’axe de la Résistance, dont l’Iran.

D’ailleurs, lors de sa rencontre avec le président de l’Assemblée nationale du Niger, le président Ebrahim Raïssi a déclaré que l’élargissement des liens avec les pays africains, dont le Niger, est l’une des principales priorités de l’Iran, en particulier pendant son mandat.

Le nouveau président iranien a déclaré que le niveau actuel des relations bilatérales Téhéran-Niamey est insatisfaisant, réitérant : « Les ministères des Affaires étrangères de l’Iran et du Niger doivent élaborer et mettre en œuvre des plans et des feuilles de route pour identifier toutes les opportunités dans les deux pays visant à élargir les liens, puisque les relations avec les pays africains, dont le Niger font partie des priorités de la nouvelle administration iranienne. »

Ce qui laisse également à penser que cette initiative du Niger de construire une base aérienne militaire sur son sol pourrait être liée à ce partenariat approfondi qu’entretiennent Téhéran et Niamey.

Le Niger a une volonté profonde de se libérer une fois pour toutes des mains des forces néo-colonialistes et pour ce, il peut compter sur l’Iran. Le fait que de jeunes nigériens comme Abdoulaziz Kountché, le petit-fils de l’ancien chef d’État Seyni Kountché procède à l’innovation de drones 100 % made in Niger montre clairement que la population souhaite suivre le schéma de l’indépendance des pays comme l’Iran.

Le Niger où le Pentagone dispose de sa « plus grande base » de drone au monde a déjà prouvé qu’il n’a besoin ni des forces US ni de leurs acolytes franco-israéliens.

La bio arme, le massacre du peuple ou encore les pressions exercées contre l’armée ne pourront en aucun cas faire céder le Niger face aux forces occupantes. 

Mali : le plan français dévoilé ?

On s’est demandé toujours pourquoi les Mirage 2000 frappaient sans crainte la population africaine et notamment malienne, bien que la France sache ce qui sera l’impact d’une telle gourde. Sachant tous les impacts, la France l’a fait et aujourd’hui on comprend le pourquoi :

Ils cherchaient l’exode de la population, à l’effet de pouvoir implanter dans le centre du Mali des bases d’attaques et d’opérations d’où cette histoire de Boni qui se trouve dans le centre-est du Mali, non loin de Bounti.

« Le bilan de l’embuscade, tendue jeudi par des individus armés contre un convoi de l’armée à Boni dans le centre du Mali, a été revu à la hausse, soit 15 soldats tués, selon un communiqué officiel de l’armée malienne, jeudi. Un convoi FAMA quittant Douentza pour Boni a été la cible d’une attaque complexe (...) Le bilan provisoire fait état de 15 morts et des blessés côté FAMA », a indiqué le colonel Souleymane Dembélé, directeur de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA), dans un communiqué publié quelques heures après le premier bilan donné », lit-on dans les médias.

Le document note que le chef d’état-major général des armées après avoir prié pour le repos de l’âme des disparus et présenté ses condoléances les plus attristées aux compagnons d’armes et aux familles, renouvelle sa confiance et son soutien aux Forces armées maliennes (FAMA), qui ne ménagent aucun effort pour le rétablissement de la paix et de la sécurité.

Puisque la force d’occupation est exclue du nord, il lui faudrait une substitution et c’est dans le centre qu’elle cherche à s’infiltrer à coup de ce genre de massacre.

Un centre où il a tenté de faire place nette pendant longtemps en provoquant les conflits interethniques Peuls, Dogons, etc.

Les Maliens connaissent particulièrement ce genre de jeu. D’ailleurs, depuis des décennies, la France et les colons en général ont souvent mis en place des politiques sournoises afin de préserver leurs colonies en Afrique, et ça, les populations africaines les connaissent comme leur poche.

Tchad : l’armée, trop fidèle au défunt président selon l’axe USA-OTAN ?

Ces 600 soldats qui à en croire RFI, le G5 Sahel a désengagé de la région des trois frontières étaient ils des indociles ?

À lire le texte de RFI quand il le dit, on le croirait.

« Le Tchad a annoncé ce samedi 21 août avoir retiré la moitié de ses effectifs déployés en février au sein de la force anti-djihadiste du G5 Sahel dans la zone dite “des trois frontières”, zones frontalières du Mali, du Niger et du Burkina FasoMais de bonnes sources, c’est l’entretien des troupes tchadiennes qui poserait problème, rapporte notre correspondant à Ndjamena, Madjiasra Nako. C’était même l’une des conditions posées par le Tchad que les partenaires n’ont pas respectées et pour éviter des désagréments, le contingent a dû être rapatrié… », Lit-on sur RFI.

Et pourtant Macron avait fait feu de toutes voix il y a deux ans, pour que le défunt président tchadien envoie cette force armée dans cette même région à l’effet, plaiderait-il Macron « de contribuer plus efficacement à la guerre contre le terrorisme ».

Mais que s’est-il passé entre temps ?

Le président Deby a été liquidé par un coup d’État monté de toutes pièces par la France.

La France s’est retranchée derrière l’axe USA-OTAN, lui servant désormais de tremplin, et pourtant de cette armée tchadienne, forte et unie, il reste beaucoup d’officier fidèle à l’ex-président dont la présence semble toujours vicier les plans US-OTAN-Barkhane.

Barkhane en est-il arrivé à cette conclusion que sans cette armée tchadienne, il serait plus facile de faire infiltrer ses agents dans cette région à l’effet de lancer des attaques de plus en plus simultanées contre les trois états frontaliers que sont Burkina, Niger et Tchad ?

Mais il y a un autre aspect à ce rapport de RFI.

Au moment où les pays du Sahel tendent à créer des coalitions interafricaine, le Niger appuyant le Burkina, le Burkina appuyant le Bénin, et le Bénin s’ouvrant à la Guinée et la Côte d’Ivoire, le fait de réduire l’armée tchadienne à un corps où les effectifs se râlerait pour un peu plus d’argent ne vise qu’à affaiblir l’idée même d’un noyau d’une coalition interafricaine propre à contrer les ingérences étrangères.

Et puis, le média colonialiste, suggère aussi à travers ce texte une guerre inter-tchadienne à venir, quand il dit que cette force armée part dans le nord du Tchad combattre les rebelles.

Surtout qu’il met l’accent sur la situation précaire inter-tchadienne et le blocage que certaines figures de l’opposition ont mis à l’idée du dialogue national réclamant même que ce dialogue se déroule à l’extérieur des frontières tchadiennes.

Tout ceci n’augure rien de bon pour le Tchad post Idriss Déby, sur quoi la France et les puissances colonialistes comptent pour faire une deuxième Libye.

 

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