Sep 14, 2021 15:45 UTC

Au Mali, l’insécurité gagne du terrain et un accord avec les Russes pourrait être imminent... Vers une « centrafricanisation » du Mali ?

Actualité en Afrique :

  • Iran/Congo/Burkina Faso : message de félicitation au ministre iranien Amir-Abdollahian
  • La RCA veut faire du port de Zinga une alternative au corridor routier Bangui-Garoua Boulaï en proie aux rebelles
  • Le Rwanda va bénéficier de l’expertise du Zimbabwe pour l’implantation de son premier réseau ferroviaire
  • Sénégal : des organisations islamiques en guerre contre l’avortement 

 

Analyses de la rédaction :

1. Burkina Faso : le combat continue !

Le Burkina Faso, contre vents et marées, continue de montrer l’efficacité de l’implication de la population dans la sécurité du pays.

Alors que les médias mainstream continuent de tenter de mettre en doute l’efficacité du Burkina Faso dans la lutte contre le terrorisme, le pays continue sa guerre jusqu’à l’éradication du terrorisme de son territoire.

Le nouveau bilan de l’attaque terroriste de dimanche indique que six militaires burkinabés ont été tués et 7 autres blessés, dans l’est du pays.

L’armée a rappelé dans un communiqué, publié mardi, qu’un convoi de forces de gendarmerie, escortant un camion qui quittait la mine d’or de Boungou, avait été attaqué dimanche entre les zones de Sakoani et Matiakoali.

Le communiqué précise que l’attaque a causé la mort de six gendarmes et en a blessé sept autres, actualisant le bilan de lundi qui parlait « d’au moins cinq morts, dont quatre gendarmes ».

Il est important de rappeler que le nombre de morts au sein des forces de sécurité burkinabées montre qu’ils sont au front. Les offensives de l’armée épaulée par la population ont apporté également beaucoup de résultats et ont causé des centaines de morts dans le camp des terroristes.

Dans un article de RFI, huit villages de la commune de Mangodara, dans la province de la Comoé, au sud-ouest du pays, à la frontière avec la Côte d’Ivoire, ont été désertés par leur population. Depuis environ une semaine, des milliers de familles partent trouver refuge à Mangodara, chef-lieu de la commune ou bien de l’autre côté de la frontière. Elles fuient l’insécurité.

Les habitants des villages alentour fuient les violences qui se sont intensifiées depuis une dizaine de jours. Le vendredi 3 septembre, des individus armés sont entrés dans la localité de Sirakoro pour enlever un homme accusé d’être un « informateur » des autorités.

Dans la nuit du 9 au 10 septembre, à Noumoukiédougou, un volontaire pour la défense de la patrie est assassiné et sa mère blessée. « On croise des hommes armés, parfois ils prêchent dans les villages. On sait que c’est comme ça que ça a commencé dans le nord et l’est du pays », explique un habitant de la région.

Certains villageois ont préféré traverser le fleuve Comoé pour passer en Côte d’Ivoire, car « les gens ont tellement peur qu’ils n’osent plus prendre la route », conclut une autorité locale.

D’un côté, il est aussi important de rappeler que les habitants de ces localités fuient les attaques terroristes, mais ils laissent également le champ libre aux forces armées et aux combattants burkinabés pour qu’ils repoussent les terroristes. Mais si les burkinabés fuient, ils comptent également revenir. On a pu constater le phénomène au Niger.

Le président nigérien Mohamed Bazoum a achevé, samedi 11 septembre, une visite de deux jours dans la région du fleuve Niger à Tillabéry. Le chef de l’État s’est rendu non loin de la frontière malienne, dans la zone d’Anzourou, en proie à des attaques terroristes depuis 2015. Il a tenu à se rendre au chevet des personnes revenues dans 23 villages après avoir fui les exactions. Comme à Baroua, dans la région de Diffa, ces populations sont retournées dans leurs villages sécurisés par l’armée.

C’est précisément ce qui va arriver au Burkina Faso. Le retour des habitants marque également une victoire des forces de sécurité nationale, et c’est ce qui est important a rappelé, car les soldats africains sortent victorieux d’une lutte que l’Occident n’a jamais réussi à gagner.

 

2. Guinée : le colonel piégé ?

En Guinée, vu les dernières informations, le président Alpha Condé continue de résister aux putschistes en refusant de donner sa démission.

Selon certaines informations, le président guinéen demeure détenu dans l’antenne des forces spéciales installée dans une aile du Palais du peuple, à l’entrée de Kaloum, et plus précisément dans la suite où vivait précédemment le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya. C’est d’ailleurs dans cette même pièce (et non au palais de Sékhoutouréya) que la désormais célèbre photo d’Alpha Condé, assis sur un canapé et encerclé par des militaires, a été prise peu après son arrestation.

Le 10 septembre, à Conakry, une mission de la Cedeao, composée des ministres des Affaires étrangères Robert Dussey (Togo), Shirley Ayorkor Botchwey (Ghana), Alpha Barry (Burkina) et de Jean Claude Brou, le président de la commission de l’organisation, a pu rencontrer Alpha Condé. Lors de cet entretien, les putschistes s’étaient fait représenter par le colonel Balla Samoura, le directeur régional de la gendarmerie de Conakry, devenu le numéro deux de la junte. Cette délégation a ensuite publiquement déclaré, sans plus de détails, qu’il « allait bien ».

Alors que plusieurs médias occidentaux ont titré que « la Guinée a tourné la page Alpha Condé », le président n’a pourtant toujours pas jeter l’éponge.

Comme il a été déclaré hier, le président Alpha Condé a en effet refusé de signer les documents stipulant sa démission. De plus, il a affirmé préféré « être tué » que de signer sa démission a-t-il déclaré à la commission de la CEDEAO.

Comment se fait-il que le président Alpha Condé se sente aussi sûr de lui pour qu’il refuse de laisser le pays aux mains des putschistes, ou encore des Américains qui tirent les ficelles ?

Cette année, on a quand même assisté à plusieurs coups d’État en dehors de celui de la Guinée. Au Mali, nous avons pu constater les dégâts causés au pays dans le secteur économique, diplomatique et sécuritaire.

Mais, il se pourrait bien que les partisans soient encore nombreux dans le pays, principalement au sein de l’armée nationale.

À la fin de la visite de la mission de la CEDEAO, la secrétaire générale du ministère des Affaires étrangères, Fanta Cissé, en charge de la diplomatie à la suite de l’éviction de tous les membres du gouvernement par les militaires, s’est laissé aller à des déclarations qui risquent d’entacher la portée de la prise du pouvoir par le Colonel Doumbouya et le CNRD.

En évoquant publiquement un accord de « principe » pour la libération du président Condé, Fanta Cissé indigne l’opinion et discrédite le CNRD.

En effet, cette sortie malheureuse contrarie fondamentalement le nouvel Homme fort du pays qui justifie le coup de force par la nécessité de mettre fin à « la gabegie financière » ainsi qu’au « piétinement des droits des citoyens » ainsi que les militaires guinéens qui, depuis, peuvent se prévaloir d’une grande popularité, comme en attestent les manifestations de joie observées dans différents quartiers de Conakry et partout en Guinée.

Le Colonel Doumbouya se serait personnellement condamné lui-même devant l’histoire. C’est le moment pour le CNRD de revoir dès à présent sa communication et son porte-parole.

Il faut aussi comprendre que plus « Alphaïstes » que certains secrétaires généraux mis à la place des ministres et hauts cadres tu meurs.

Bizarrement, dans les médias occidentaux, nous ne voyons pas les pro-Alpha Condé, ce qui nous donne l’impression donc l’impression que leur nombre serait beaucoup plus élevé que l’on croit. On peut déjà compter la majorité qui a voté pour le référendum constitutionnel de 2020 et aussi ceux qui ont voté pour la réélection du président Alpha Condé, ainsi que ceux qui sont contre les putsch militaires de la sorte et surtout ceux qui sont contre le fait que les occidentaux s’emparent du pays. Le nombre serait assez élevé.

À partir de ce mardi 14 septembre et jusqu’à vendredi, le Comité national de rassemblement et du développement (CNRD) invite « toutes les forces vives de la nation » à des rencontres au Palais du peuple pour échanger sur une feuille de route après le coup d’État du 5 septembre. Le RPG/Arc en Ciel, parti du président renversé Alpha Condé, participera à ces concertations.

La décision a été prise à l’issue d’une réunion ce lundi, explique le secrétaire administratif du parti, Lansana Komara. « Après concertation avec toutes les structures basées à l’intérieur du pays jusqu’à Conakry, toutes les structures sont d’accord pour que le parti soit représenté à cette concertation. La réunion s’est tenue est nous avons donc validé la décision de la base. »

Le secrétaire général du parti représentera le RPG à ces discussions qui sont d’abord une « prise de contact », précise Lansana Komara. « Nous allons écouter et ensuite nous verrons ce qu’il faut faire. Le RPG est un parti de dialogue, nous avons toujours privilégié le dialogue, nous sommes pour la concertation, pour la négociation. Et nous voulons nous surtout privilégier la libération de notre président Alpha Condé. »

À la question de savoir ce que le RPG pense de la volonté de la CEDEAO de faire sortir l’ancien président de Guinée, le secrétaire administratif du parti répond que « cela dépendra du professeur lui-même ». « Nous voulons d’abord sa libération et le respect de son intégrité physique », insiste Lansana Komara.

Certes, le peuple guinéen veut des changements dans le pays, mais pas au prix de laisser le pays aux mains des puissances étrangères, car comme on a pu le voir dans les pays qui regorgent de la présence occidentale, les Guinéens ne sont effectivement pas non plus prêts à vivre ce désarroi.

Donc rien n’est gagné pour le colonel Doumbouya. Le refus du président de démissionner, les partisans d’Alpha Condé sont encore nombreux, notamment au sein de la population, de l’armée nationale et dans la classe politique. Il semblerait donc que le colonel soit plutôt rentré dans un piège la tête en avant.

 

3. Mali : dehors Paris !

Au Mali, à l’heure où les terroristes multiplient leur siège, les Russes semblent venir dans le pays.

Au Mali, les instances internationales et les médias mainstream semblent vouloir mettre la pression pour que les Autorités maliennes se concentrent sur la tenue des élections présidentielles de février 2022 alors que ces élections, sont le cadet des soucis des Maliens.

Dans un premier temps, l’arrivée des Russes semble imminente.

Un accord serait sur le point d’être signé par le gouvernement malien permettant l’arrivée de soldats russes au Mali. C’est ce qu’avancent certains médias, citant des sources diplomatiques. Les soldats russes feraient partie du groupe de sécurité privé Wagner chargé de former les soldats maliens. La France vient d’envoyer Christophe Bigot, le Monsieur Afrique du Quai d’Orsay, pour tenter de casser cet accord.

Les mercenaires du groupe russe Wagner vont-ils débarquer à Bamako ? Selon l’Agence Reuters, qui évoque des sources diplomatiques, un accord serait proche entre l’entreprise de sécurité russe Wagner et le gouvernement malien.

Selon l’agence plus de 1000 mercenaires du groupe russe de sécurité privé Wagner pourraient bientôt arriver et venir former les soldats de l’armée malienne. Les militaires du groupe Wagner seraient également chargés d’assurer la protection des autorités.

L’arrivée de mercenaires russes comparable à ce qui s’est passé en République centrafricaine constitue une menace pour l’influence française au Mali.

Toujours selon l’agence Reuters, Paris vient de dépêcher à Bamako le Monsieur Afrique du Quai d’Orsay.

L’objectif est clair : empêcher tout futur accord entre le gouvernement malien et la société russe Wagner. Des diplomates français ont également été envoyés à Moscou.

Avec cet accord, la France risque un remake de la Centrafrique, et c’est peut-être pour cela que la Communauté internationale augmente la pression pour que les élections soient bel et bien organisées pour février 2022.

Mais visiblement pour les Maliens, la sécurité passe avant les attentes de la Communauté internationale.

Ces dernières années, la population malienne a, à de nombreuses reprises, demandé à ce que la Russie intervienne aux côtés des FAMAs pour rétablir la sécurité.

En ce moment, il est clair que les attaques terroristes se multiplient. Deux transporteurs marocains ont été tués au Mali, dimanche 12 septembre. Leur camion a été attaqué par des hommes armés à Didieni, dans le cercle de Koulikouro. On ignore l’identité des assaillants. La zone est plutôt réputée pour les actes de banditisme. Elle n’est pas spécialement fréquentée par les terroristes, du moins elle ne l’était pas jusqu’à récemment. Mais c’est justement ce qui est en train de changer.

L’attaque a eu lieu dans une localité proche de la capitale, Bamako. Ce qui montre que la situation est alarmante. La Communauté internationale à l’air de forcer les Autorités à se fixer sur l’organisation des élections plutôt que de se concentrer sur la sécurité.

La « centrafricanisation » du Mali pourrait donc être imminente. Est-ce que Paris pourrait rivaliser avec cela ? Mais ce qui est le plus redouté, c’est que l’arrivée des Russes dans le pays relance les mouvements de protestation contre la présence occidentale au sein de la population. Et il est clair que toutes les puissances occidentales réunies ne peuvent rien face à une population qui ne veut plus se trouver sous le joug du néocolonialisme.

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