Sep 15, 2021 16:45 UTC

Zoom Afrique émet tout de même des réserves, c’est avant tout, la manière, dont l’information est traitée dans les médias mainstream, et les proportions que cela prend...

Actualité en Afrique :
 
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Sénégal : la première sous-station entièrement numérique du continent a été mise en service
Le Togo ambitionne de lancer en 2022, le Programme Electricité Pour Tous
Analyses de la rédaction :
 
1. Afrique ; la riposte !
 
L’Afrique militaire se renforce, et c’est une réalité que les médias mainstream tentent de cacher.
 
Depuis plusieurs années maintenant, nous voyons toujours de nombreux articles sur la toile concernant les différentes embuscades ou attaques terroristes contre les armées nationales africaines.
 
Mais on ne voyait jamais de riposte de la part de l’armée. Ce que les articles montraient toujours c’est le nombre de morts au sein de l’armée, mais on ne voyait jamais des morts du côté terroriste.
 
C’est ce qui a changé. Notamment avec les pays du Sahel, qui s’entraident dans la lutte contre le terrorisme, on voit de plus en plus d’attaques terroristes, certes, mais on voit surtout des morts au sein des terroristes. Et le nombre de morts est de plus en plus croissant.
 
Au Mali par exemple, il y a eu dernièrement une embuscade contre des soldats maliens à Manidjè dans le centre. Le communiqué de l’armée malienne a annoncé la mort de 5 soldats maliens, mais également de 3 terroristes.
 
« La patrouille a énergiquement réagi à l’embuscade tendue par un groupe armé terroriste non encore identifié », a ajouté le communiqué des forces armées maliennes, rapportant également que trois véhicules des assaillants ont été réduits en cendre.
 
Au Burkina Faso, et surtout depuis l’implication de la population dans la lutte contre le terrorisme, le nombre de morts a fortement augmenté.
 
Le Niger a également mis en place un coup de force, au point que les déplacés nigériens sont de retour dans leur village. Ce qui pour ainsi dire est un exploit immense, compte tenu du fait qu’en prenant l’exemple de la Syrie et malgré tout l’infrastructure qui a été mise en place pour sécuriser le territoire et éradiquer les groupes terroristes, les déplacés n’ont toujours pas regagné leur terre natale.
 
Le président nigérien Mohamed Bazoum a achevé, samedi 11 septembre, une visite de deux jours dans la région du fleuve Niger à Tillabéry. Le chef de l’État s’est rendu non loin de la frontière malienne, dans la zone d’Anzourou, en proie à des attaques djihadistes depuis 2015. Il a tenu à se rendre au chevet des personnes revenues dans 23 villages après avoir fui les exactions. Comme à Baroua, dans la région de Diffa, ces populations sont retournées dans leurs villages sécurisés par l’armée.
 
Et il est clair que l’on compte énormément de déplacés au Burkina voisin et au Mali, mais en voyant de plus en plus de ripostes de la part des armées nationales, et le retour des déplacés, on peut voir que les alliances intra-africaines sont beaucoup plus efficaces que la présence massive de soldats occidentaux sur le continent africain.
 
Le président Alpha Condé avait d’ailleurs rappelé aux Africains que seuls des Africains pourraient vraiment donner leur vie pour la sécurité du continent, ce qui fait que ce ne sont pas les soldats occidentaux qui risqueraient leur vie pour l’Afrique.
 
2. Mali : un piège pour la Russie ou pour les Maliens ?
 
Au Mali, l’information inonde la toile, les accords qui seraient signés entre Bamako et la société russe de sécurité ne fait que couler de l’encre.
 
Ces dernières années au Mali, la population n’a pas arrêté de montrer sa volonté de chasser la France du pays, et même de demander l’intervention de la Russie dans les affaires sécuritaires du pays, ou en d’autres termes, emboîter le pas à la Centrafrique pour récupérer l’indépendance et la souveraineté du pays. Ceci ne fait aucun doute.
 
Là ou Zoom Afrique émet tout de même des réserves, c’est avant tout, la manière dont l’information est traitée dans les médias mainstream, et les proportions que cela prend.
 
Visiblement, dans tous les médias français, l’information est relayée, mais selon eux, rien n’aurait encore été signé. Ce que l’on trouve bizarre, c’est que tous les médias font part de l’inquiétude de la France quant à une arrivée des soldats russes au Mali, au beau milieu d’une arrivée massive de soldats européens.
 
Il y a tout de même quelques contradictions dans les commentaires de l’oligarchie française.
 
Interrogée sur ce sujet ce mardi devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, Florence Parly, la ministre des Armées, a d’abord réitéré d’abord l’engagement des forces françaises au Mali, combattant depuis 8 ans les groupes jihadistes : « Nous sommes toujours au Mali et nous y serons sans doute dans les mois et les années qui viennent... »
 
Mais la ministre s’est dite très préoccupée par l’éventuelle signature d’un accord entre Bamako et la société privée russe Wagner. « En revanche, il se passe des choses au Mali inquiétante et si cette rumeur selon laquelle les autorités maliennes devaient contractualiser avec la société Wagner, ce serait extrêmement préoccupant et contradictoire, incohérent avec les tout ce que nous avons entrepris depuis des années et tout ce que nous comptons entreprendre en soutien des pays du Sahel. »
 
Pour Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères, une intervention des paramilitaires russes pourrait même entraîner le retrait des troupes françaises. « Wagner est une milice privée composée de militaires, qui s’est illustré avec des exactions, prédations, violations en tout genre. Et qui ne peut pas correspondre à une solution quelconque. C’est absolument inconciliable avec notre présence. En Centrafrique, cela a provoqué une détérioration de la situation sécuritaire. Une intervention d’un groupe de ce type serait incompatible avec l’action des partenaires sahéliens et internationaux du Mali. »
 
Quant à Bamako, le ministère de la Défense a admis ce mardi auprès de journalistes avoir mené des pourparlers avec la société Wagner. « Le Mali entend désormais diversifier et à moyen terme ses relations pour assurer la sécurité du pays. Nous n’avons rien signé avec Wagner, mais nous discutons avec tout le monde », dit-on au ministère de la Défense.
 
Côté russe, nous n’avons pas encore de réaction précise, mais il y a quelques jours de cela, la Russie a discrédité la mission de l’UE au Mali selon le vice-ministre tchèque de la Défense. La Russie tenterait de « convaincre les Maliens que l’UE occupe le Mali » et est « très active dans ce domaine » : le vice-ministre de la Défense a mis en garde contre la manière dont la Russie présente la mission de formation de l’UE au Mali (EUTM Mali).
 
Avec la Centrafrique, les médias mainstream étaient plutôt silencieux et pointaient du doigt le pseudo danger que pouvait représenter la Russie en Centrafrique, et non l’inquiétude de Paris.
 
Nous avons la nette impression que quelque chose est en train de se tramer au nez et à la barbe de tout le monde. Voici une possibilité, qui s’inscrit évidemment dans un projet à long terme.
 
Tout d’abord, depuis le coup d’État au Mali, que Paris s’est accaparé grâce aux nombreux accords qui lient encore Bamako à Paris, on voit une tentative occidentale de briser entièrement la Constitution du pays, et donc briser entièrement par la même occasion la souveraineté du pays. De par cette manœuvre, briser entièrement le concept de la nationalité malienne et de l’État souverain.
 
Avec l’accaparement du coup d’État par les Occidentaux, le projet européen de l’occupation du Mali a pu rapidement se mettre en place. Et donc, le pseudo retrait de Barkhane qui a également fait couler beaucoup d’encre, est plutôt perçu comme une manière d’endormir tout le monde. Un arbre qui cacherait don la forêt.
 
Mais en ce qui consiste le projet de démembrement du pays, il n’est pas encore mis en place. Évidemment, ces accords dits d’Alger ne représentent absolument pas les intérêts du peuple malien, mais seulement de l’instigateur, à savoir Paris. D’ailleurs, il faudrait le renommer en « accord de Paris » et non d’Alger.
 
Ce qui coince dans ce projet de démembrement, c’est la volonté et la détermination du peuple malien et ce qui a également fait changer la stratégie de Paris, c’est encore le peuple malien.
 
Et pour cause, au niveau du sommet de l’État, il est clair que la France a verrouillé le siège de la présidence et quiconque s’assoit sur ce siège ne peut rien faire sans l’approbation de l’Élysée.
 
Mais ces faits ne sont effectivement pas nouveaux, mais ce qui nous rend suspicieux par rapport aux dernières nouvelles d’un accord entre Bamako et les soldats russes de chez Wagner, c’est que cette information cacherait un piège. Rien n’est signé certes, mais voici dans quel contexte apparaît cette information.
 
Tout d’abord, les attaques terroristes ont augmenté ces derniers mois et elle touche de plus en plus de localités au point de se rapprocher de la capitale Bamako.
 
Ensuite, de plus en plus de Maliens disent s’en foutre des élections qui doivent être mises en place en février 2022. Au beau milieu d’une situation sécuritaire critique, il est clair que c’est le cadet des soucis des Maliens. Mais n’est-ce pas ce que cherchent les Occidentaux ? À ce que les Maliens « oublient » la Constitution, le fondement même de l’État nation ?
 
Le piège est bel et bien là, le fait de légitimer les coups d’État et même à long terme, mettre de côté le système d’élection et de vote. Donc maintenant, il n’y aura plus que par la voie du régime des coups d’État qu’un pays tournera ? Et à long terme, vous pensez que les termes Constitution et même État nation auront encore un sens ? Par après, ce serait même peut-être le concept de nationalité qui sera remis en question ?
 
Le fait que les militaires de la société Wagner arrivent ne pose évidemment pas de problème, si cela se passe évidemment à la manière centrafricaine. Ce qui a montré être une alliance réussie.
 
On a l’impression que Paris ne montre pas d’inquiétude, mais plutôt que Paris avec son allié Washington assure plutôt ses arrières et tenterait par la même occasion de porter un coup à la Centrafrique. Tout comme le plan étatsunien est de discréditer la présence chinoise en Afrique, c’est ce qui se passe notamment en RDC et en Guinée. Et pourrait-on réellement croire que par rapport aux Russes, il n’y aurait pas de plan ? On le voit déjà dans les nombreuses campagnes de désinformation contre la présence russe en Centrafrique, mais visiblement ce qui change maintenant, c’est que l’axe occidental passe à l’action. La multiplication des tentatives et des coups d’État, l’offensive des terroristes sur le continent nous amène à penser cela.
 
Le Mali et même le continent tout entier récupérera sa vraie souveraineté lorsque le cordon avec les puissances coloniales sera entièrement coupé, et c’est entre les mains de la population africaine.
 
3. Tchad : les manifestations contre le CMT continuent
 
Plusieurs centaines de personnes ont manifesté samedi à N’Djamena contre la junte qui dirige le Tchad depuis la mort d’Idriss Déby Itno, encadrées par un fort dispositif policier, a constaté un journaliste de l’AFP.
 
Des associations de la société civile ont appelé à manifester contre la charte du Conseil militaire de transition (CMT), dirigé par le fils d’Idriss Déby, Mahamat Idriss Déby Itno.
 
Ces marches, régulièrement organisées depuis le décès de l’ex-président en avril, dénoncent aussi l’attitude de la France, l’ancienne puissance coloniale, accusée par une partie de l’opposition de soutenir le nouveau pouvoir.
 
Que se passe-t-il au Tchad ? Une analyse du géopoliticien, Luc Michel.

 

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