Sep 30, 2021 19:17 UTC

A quoi bon la présence de l'Africom dans les pays africains dont le Sénégal? Quelle est la fonction des centaines de troupes américaine dans un pays dont l'Etat est fort, et dont l'armée n'a besoin de qui que ce soit pour sécuriser son territoire?

Actualité en Afrique :

-La Guinée rouvre sa frontière avec le Sénégal ;

-Sénégal : 24 organisations récusent l’admission d’Israël comme membre observateur à l’UA ;

-Le Nigeria entend améliorer sa production de brut pour atteindre 1,88 million b/j en 2022 ;

-RDC : la Chine investit 240 millions $ pour participer à l’exploitation du lithium de Manono.

 

Analyses de la rédaction :

Côte : l’Africom n’a pas sa place

Le Sénégal, havre de paix en Afrique de l’Ouest est-il en guerre ?

À quoi bon la présence de l’Africom ? Quelle est la fonction des centaines de troupes américaines dans un pays dont l’État est fort, et dont l’armée n’a pas besoin de qui que ce soit pour sécuriser son territoire ? C’est à ces questions qu’une information comme ceci nous conduit :

« Un militaire du 22e Régiment royal envoyé au Sénégal a été reconnu coupable d’avoir menacé avec son arme des enfants et foncé vers eux avec un véhicule, en plus d’avoir tenu à plusieurs reprises des insultes grossièrement racistes lors de son passage dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, de janvier à mai 2019. Le 6 novembre 2020, la juge de cour martiale générale Catherine Julie Deschênes a condamné l’ex-sergent Marc-André Lévesque à trois mois de prison. Ce dernier a aussi été rétrogradé au poste de caporal, et s’est faire interdire la possession de toute arme pour une période d’un an ».

Voilà à quoi donne une présence non souhaitable et encombrante des Américains et de leurs alliés.

D’où la grogne de cette population contre cette présence, et qui justifie également du commandant de l’Africom en Côte.

Nous avons déjà évoqué l’hypothèse ce déplacement de l’Africom du Sahel vers la Côte, et cette tournée du général Stephen Townsend, commandant de l’armée américaine pour l’Afrique, confirme ceci.

Au Bénin, Townsend et l’ambassadrice américaine Patricia Mahoney ont rencontré le président Patrice Talon, où il a souligné qu’une plus grande sûreté et sécurité dans le nord du Bénin profiterait à la fois aux citoyens béninois et aux efforts de sécurité régionale plus larges.

En Côte d’Ivoire, le Général Stephen Townsend qui effectuait sa première visite en Côte d’Ivoire, a réitéré devant la presse, la volonté des États-Unis d’associer Abidjan aux réflexions en lien avec la stabilité dans la sous-région.

Mais dans les deux pays et surtout au Bénin, ces propos n’ont pas eu l’accueil souhaité.

Le commandant de l’Africom, qui s’est ensuite rendu en Algérie et en Tunisie, a souhaité alors convaincre ces pays qu’ils ont besoin d’un appui américain.

Mais tout comme le Sénégal, aucun de ces pays n’a guère besoin d’une présence américaine.

Mais ce général ignore que dans l’approche régionale des pays africains, les USA et leurs alliés n’ont rien à faire, puisque ce sont les pays africains, eux-mêmes qui devraient coopérer afin de combattre le terrorisme interposé, et cet objectif ne sera atteint en la présence des commanditaires de ces terroristes.

La côte ne laissera pas les USA et leurs alliés de procéder à un remake du scénario sahélien.

Mali : la France n’a d’autres choix que de quitter le pays

Arrivé à l’aéroport, les Maliens n’ont pas peut-être tant rendu hommage au PM de la junte pour cette phrase : « la France nous abandonne » parce que c’est la volonté du peuple que la France quitte le mali, mais plutôt pour cette autre phrase, quand il évoque la présence de la Russie au Mali.

Effectivement l’exemple centrafricain où l’état en se faisant appuyer par la Russie, ce qui a renforcé son armée à faire face aux complots français, a encouragé les Maliens de mettre en avant et se retourner vers l’Est, et la Russie est un bon candidat, car elle a montré qu’elle ne triche pas et quand il s’agit de l’armée, elle ne lui donne pas des armements épuisés et non pénitents comme c’est le cas pour la France, les USA et autres puissances occidentales.

Sur ce coup le Premier ministre de la junte a sans doute de quoi être soutenu par les Maliens.

Mais la réponse de la ministre française, Florence Parly exige encore plus de commentaires.

« Si le Mali engage un partenariat avec des mercenaires, le Mali s’isolera, il perdra le soutien de la communauté internationale, qui est pourtant très engagée » dans ce pays, a lancé la ministre française des Armées, Florence Parly, au Sénat. « Il abandonnera des pans entiers de sa souveraineté – il suffit de regarder ce qu’il se passe en République centrafricaine aujourd’hui – et, loin de diversifier ses partenariats, s’enfermera dans un tête-à-tête avec une société de mercenaires », a-t-elle ajouté.

Se faire prier, au nom d’un supposé péril russe, Mme Parly cherche d’abord à effacer plus de 7ans de crime de guerre au nom de la lutte contre le terrorisme, a éclipsé la défaite de la France au Sahel par une population qui a résisté par un état et une armée qui n’a pas laissé l’armée implosé en dépit de tous les coups montés.

Et puis et surtout, elle cherche à se faire procurer un prétexte pour prolonger sa présence au Sahel.

Le jeu au chat et à la souris française est connu par tous les Maliens. Ce n’est pas en menaçant d’abandonner le Mali, si ce pays « avait recours aux mercenaires de la société privée russe Wagner », comme le dit Mme.Parly que les Maliens auront peur et se mettront à supplier la France, car ce peuple a très bien compris le jeu français.

Il est clair que la France, qu’elle veuille ou non, n’a guère le choix que de se retirer du Mali.

Centrafrique : belle prestation de Touadéra

Belle prestation d’un état fort et consolidé qui a parfaitement confiance en soit :

En dépit de toutes les manœuvres de diversion de France qui tente de rependre sa place en RCA par rebelles interposés, la réponse du président Touadéra à leur participation au dialogue républicain est non : la raison est claire ; il ne permet pas que ce dialogue soit vicié par des agents français.

Il y eut d’intenses débats, des échanges houleux - jusqu’à tard le soir-, quelques passes d’armes et finalement pas d’engagement signé, mais une simple déclaration endossée par la communauté Sant'Egidio au nom des participants. Une déclaration en faveur d’un dialogue « inclusif » et « sans ingérence ».

Malgré leur nombre, les opposants ne sont pas parvenus à infléchir la position du pouvoir de Bangui selon qui les groupes armés doivent être exclus du dialogue républicain tant qu’ils n’ont pas déposé les armes, de même que l’ancien président François Bozizé qui a pris la tête de la coalition rebelle CPC, la coalition des patriotes pour le changement.

Plusieurs groupes armés ont fait connaître leur volonté de participer au dialogue. « Cela se fera peut-être... dans un autre cadre », explique un participant.

La déclaration finale demande « solennellement aux groupes armés de déposer les armes, de déclarer le cessez-le-feu définitif et de cesser la pose des mines anti personnelles ».

Deux semaines plus tôt, la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs (CIRGL) demandait, elle, au gouvernement de déclarer le cessez-le-feu.

En effet l’Occident s’attendait, implicitement, à ce que le gouvernement centrafricain dialogue avec ces groupes armés. Mais pour Bangui, il est impossible d’ouvrir des discussions avec des terroristes, qui tentent de planifier des coups d’État.

Ces éléments des groupes armés doivent être arrêtés et jugés par la justice centrafricaine, et ce n’est pas aux autorités occidentales d’imposer la marche à suivre à Bangui en fabricant de faux rapports et en se basant surtout sur les articles mensongers des médias mainstream. Bangui ne se laisse pas faire.

 

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