Oct 09, 2021 19:36 UTC

Actualité en Afrique :

  • Congo : la numérisation de l’administration publique démarre en 2022;
  • Ouganda : 250 000 ménages en attente de raccordement au réseau électrique;
  • Sénégal : la croissance devrait atteindre 4,7 et 5,5 % en 2021 et 2022, selon la Banque mondiale;
  • La Tanzanie acquiert des wagons de marchandise chinois pour renforcer son réseau de transport ferroviaire

Analyses de la rédaction :

1. Éthiopie : l'hystérie occidental bat son plein

En Éthiopie, les USA déclarent une seconde phase de leur guerre contre ce pays, dans l’objectif de déclencher une guerre interrégionale.

Cette seconde phase se divise en deux parties : la première partie s’agit de s’en prendre à Ethiopian Airlines, et la deuxième partie s’agit des accords du pays avec l’AGOA : cette seconde phase est visiblement économique et vise les secteurs principaux du pays. 

« Selon une enquête de la chaîne américaine CNN diffusée mercredi 6 octobre, la compagnie aérienne aurait transporté, l'année dernière, des armes et des munitions ayant servi à la guerre dans le Tigré. Des révélations démenties par Ethiopian Airlines », lit-on sur RFI à ce sujet.

La prestigieuse compagnie aérienne publique éthiopienne a juré dans un communiqué qu'elle « se conformait strictement à toutes les réglementations nationales, régionales et internationales relatives à l'aviation ». Et surtout que, « pour autant qu'elle le sache et au vu de ses archives », dit-elle, elle n'avait « transporté aucun armement de guerre sur aucune de ses routes par aucun de ses aéronefs ».

Ce n’est pas la première fois qu’on s’en prend à Ethiopian Airlines ; c’était en mars  2019, que le Boeing 737 Max 8 assurant le vol Ethiopian Airlines 302 d'Addis-Abeba à Nairobi, s'écrase six minutes après son décollage de l'aéroport de la capitale de l'Éthiopie. Les 157 occupants de l'appareil sont tués sur le coup, ce qui en fait l'accident le plus meurtrier de l'histoire d'Ethiopian Airlines ainsi que le plus meurtrier survenu en Éthiopie.

Mais pourquoi accuser cet Airlines d’avoir transporté des armes ?

Voyons voir l’importance de cet Airlines pour l’Éthiopie mais également pour l’Afrique :

Le 7 octobre 2015, la compagnie éthiopienne remporte le prix de la compagnie aérienne de l’année (CAPA Airline of the year) décerné par le cabinet CAPA, lors de l’édition 2015 des prix de l’aviation pour l’excellence, qui s’est tenu à Helsinki dans le cadre du sommet mondial de l’aviation 2015 du CAPA. En juin 2019, Ethiopian Airlines remporte le prix de la meilleure compagnie aérienne en Afrique de l'année aux Skytrax 2019 Word Airlines Awards. Ethiopian Airlines, la compagnie nationale éthiopienne, a inauguré, le dimanche 15 décembre 2019, deux nouvelles routes internationales. L’une à destination de Houston aux États-Unis, et l’autre vers Athènes en Grèce. Grâce justement à cette dernière ligne, Ethiopian Airlines est devenu le 5e transporteur aérien au monde, en matière de pays desservis.

Dans la période 2018/2019, la compagnie aérienne la plus rentable du continent africain a surmonté la hausse des coûts des carburants et le ralentissement de l’économie mondiale avec une augmentation de 14% du nombre de passagers.

Tout ceci explique le choix de l’axe US-OTAN, et leur volonté de vouloir déstabiliser l’un des secteurs les plus stratégiques du pays.

C’est également une façon pour les occidentaux de détourner les attentions de l’acheminement des munitions et d’armements qu’eux-mêmes ont envoyés durant ces derniers mois sous prétexte « d’aides humanitaires », et qu’Addis-Abeba a su très bien arrêter puisqu’elle a exigé le passage de l’aide humanitaire réservée au Tigré par Addis-Abeba.

Ce chantage américain a également une deuxième partie : celle du retrait possible de l'Éthiopie de l'accord de l'AGOA.

En août, Washington a prévenu que l'Éthiopie pourrait être retirée de la liste des partenaires économiques privilégiés qu'établit l'AGOA. En vertu de cet accord, des taxes d'entrée sont levées sur le textile, le cuir et les fleurs éthiopiennes par exemple, en contrepartie de facilités pour les investisseurs américains. Un appel d'air vital pour l'économie éthiopienne, qui a par exemple exporté pour 245 millions de dollars de biens détaxés vers les États-Unis en 2020, sur les 525 millions exportés en tout.

Mais ayant constaté que l’Éthiopie n’est pas prête de se soumettre aux diktats occidentaux, et ne se laisse pas emporter par ces promesses, les USA évoquent un retrait possible de ce pays de l’accord de l’AGOA.

Seconde nation la plus peuplée d’Afrique après le Nigeria, l’Éthiopie se distingue par un essor économique continu depuis trente ans. Cela explique ces pressions de par et d’autres exercées par les USA et leurs alliés en Éthiopie.

Près de 40 % des exportations éthiopiennes sont favorisées par l’Agoa selon le Financial Times, les USA veulent donc frapper fort.

L’axe occidental continue de mettre des bâtons dans les roues d’Addis Abeba, en tentant par tous les moyens de créer un conflit armé dans la région, afin d’empêcher l’Éthiopie non seulement de se développer, mais également de passer à l’étape supérieure, à savoir, le développement nucléaire à des fins civiles, et en coopération avec la Russie.

L’Éthiopie est devenue un énorme rempart contre l’Occident, grâce à l’union de la population et du gouvernement. À l’instar de la Centrafrique, l’Éthiopie devient également un modèle qui ne va pas tarder à faire des émules sur le continent africain. 

 

2. Mali : le jeu français déjoué

« L’inquiétante dégradation de la situation sécuritaire dans le cercle de Niono. Dans la région de Ségou au le centre du pays, ce cercle - équivalent d’un département - avait été le théâtre en mars dernier d’un accord de cessez-le-feu inédit, conclu entre les jihadistes de la Katiba Macina, liés à Aqmi (al-Qaïda au Maghreb islamique), et les chasseurs traditionnels dozos. Mais depuis le début du mois de juillet, cet accord est rompu et depuis la fin du mois dernier, les attaques meurtrières redoublent d’intensité », lit-on sur RFI.

Ce rapport de RFI témoigne d’un nouveau scénario quo vise cette fois la capitale mais non seulement la capitale mais encore cet accord de réconciliation qui a permis la pacification des régions du nord sur le dos de l’armée française dans la région de Kidal.

Ce n’est  pas sans raison si RFI parle de la Katiba Macina et chasseur dozos prétendant qu’il ya eu des massacres sans nombre, parce que dans le nord et dans le Kidal c’est une réconciliation des ex Qaidistes terroristes et les populations locales des villages, et ce qui a par ailleurs marqué le début de l’échec total de Barkhane et de son enlisement et qui en quelque sorte conduit la France  faire un coup d’État.

D’ailleurs l’émergence des terroristes tout près de Bamako au centre est une discréditation apportée à Barkhane, quelques heures après la rencontre du PM malien avec le ministre algérien de AE, lors de laquelle, le ministre malien a qualifié la France, de formateur de terroristes.

« Le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga a accusé Paris d’avoir participé à la déstabilisation du pays et à la montée en puissance du terrorisme, dans un entretien en russe avec Sputnik.

Le dirigeant a d’abord blâmé Paris et ses alliés pour leur action en Libye, qui a entraîné un afflux de terroristes vers le Mali. Mais il a aussi mis en cause directement l’armée française, l’accusant de former des groupes armés dans l’enclave de Kidal, dans l’est du pays.

Choguel Kokalla Maïga reproche à la France d’avoir offert ce territoire à un mouvement proche de l'organisation terroriste Ansar Dine, qui a prêté allégeance à Al-Qaïda ».

Si Barkhane, après 7 ans de présence n’a pas pu aider l’armée malienne à sécuriser la capitale, c’est qu’effectivement, elle aide les terroristes, et donc le recours de l’état malien à l’aide russe est parfaitement justifié.

En tout cas c’est l’une des revendications du peuple malien qui exige un rapprochement avec la Russie.

Tout comme en RCA, où les Russes ont pu aider l’armée centrafricaine de contrer les rebelles qui cherchaient à s’emparer de la capitale, pourquoi pas un remake du scénario centrafricain au Mali ?

 

3. Kenya : fini l'emprise US ?

Le Kenya ne se soumettra pas au jugement attendu mardi 12 octobre de la part de la Cour internationale de justice de l’ONU au sujet du conflit maritime qui l’oppose à la Somalie. Le ministère kényan des Affaires étrangères a annoncé ce vendredi que son pays ne reconnaît plus cette juridiction.

Le ministère kényan des Affaires étrangères ne mâche pas ses mots à l’encontre de la Cour internationale de justice. Dans un communiqué, Nairobi considère que le jugement attendu mardi ne sera que le « point culminant » d’un processus judiciaire « biaisé » mené par une juridiction à l’impartialité « évidente » et qui plus est incompétente sur ce dossier.

Nairobi a d’ailleurs conclu son communiqué de ce midi par un avertissement lancé à la Cour internationale de justice de l’ONU : en affirmant que le jugement qu’elle doit rendre mardi, quel qu’il soit, aura de profondes implications « sécuritaires, politiques, sociales, et économiques » dans une région déjà prise dans la « tourmente du terrorisme, de l’instabilité et du conflit ».

Mais pourquoi le Kenya est-il devenu la nouvelle cible de l’axe US-OTAN ?

Il est vrai que le Kenya, montre de plus en plus ses ambitions pour un rapprochement avec l’axe de l’Est, et l’Iran davantage.

Il y a près d’une semaine, La Chambre de commerce, des industries, des mines et de l'agriculture d'Iran (ICCIMA) a organisé une réunion avec une délégation commerciale kenyane pour explorer les moyens d'étendre la coopération économique entre les deux pays, en particulier dans le secteur agricole.

La réunion a été suivie par le chef adjoint de l'ICCIMA pour les affaires internationales, Mohammadreza Karbasi et la gouverneure de l'État de Bomet au Kenya, Hillary Barchok, ainsi que par les chefs de comités spécialisés, les syndicats d'exportation et les hommes d'affaires et représentants d'entreprises des deux parties.

S'exprimant lors de la réunion, Karbasi a souligné la position importante du Kenya en Afrique de l'Est et a déclaré : « Ce pays est l'un des principaux pays industrialisés d'Afrique de l'Est et l'un des membres influents du Marché commun de l'Afrique orientale et australe (COMESA). "

De plus c’était en avril 2021, que le gouvernement iranien a lancé un pôle technologique dans la capitale kenyane, Nairobi, pour fournir une plate-forme d'échange d'idées technologiques et de facilitation du commerce.

Le Kenya développe également ses relations avec la Chine : La ville de Zhuzhou, au centre de la Chine, a lancé un service de transport combiné mer-rail vers l’Afrique, qui devrait couvrir, pour sa première phase, 11 ports maritimes africains, ainsi que 20 routes et lignes ferroviaires du continent africain, rapporte l’APA. Le premier envoi de marchandises devrait arriver au port de Mombasa, au Kenya, le 15 octobre, selon Chine nouvelle.

Tout ceci pourrait expliquer la colère kenyane contre la Cour internationale de justice de l’ONU qui ne cherche évidemment qu’à entraver toutes démarches économiques du pays.

Les pays d’Afrique en général se tournent de plus en plus vers leur indépendance à tous les niveaux ce qui implique qu’ils se détachent de plus en plus de l’influence néfaste occidentale. L’Occident montre de plus en plus de signes de panique, ce qui laisse à penser que l’Afrique est sur la bonne voie.

 

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