Oct 11, 2021 20:20 UTC

Au Burkina Faso, en réponse à l’organisation grotesque aux airs néocoloniaux du Sommet Afrique-France à Montpellier, concernant l’avenir de l’Afrique, le président burkinabé, Roch Christian Kaboré a lancé en parallèle, une vraie conférence avec la jeunesse burkinabè.

Actualité en Afrique :

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Analyses de la rédaction :

1. Burkina Faso : Kaboré, Sommet avec la jeunesse burkinabé

Au Burkina Faso, en réponse à l’organisation grotesque aux airs néocoloniaux du Sommet Afrique France à Montpellier, concernant l’avenir de l’Afrique, le président burkinabé, Roch Christian Kaboré a lancé en parallèle, une vraie conférence avec la jeunesse burkinabè.

Évidemment, le genre de conférence qui ne passe pas dans les médias.

À l’instar d’autres chefs d’État africains, Roch Kaboré n’a pas été invité au Sommet Afrique-France tenu à Montpellier. Le chef d’État du Faso a pour sa part eu des « échanges fructueux » avec des jeunes de son pays, ce samedi 9 octobre 2021.

Roch Kaboré exhorte la jeunesse à un « engagement patriotique »

Du 7 au 9 octobre 2021, la ville française de Montpellier a abrité le 28e Sommet Afrique-France. Contrairement à ce qui avait jusque-là cours, Emmanuel Macron n’a convié aucun chef d’État d’Afrique. Ce sont plutôt des jeunes de la société civile africaine, qui ont eu des échanges directs avec le président français.

Pendant que Macron se mettait en scène à Montpellier, d’autres comme le président Burkinabé Roch Christian Kaboré a, de son côté, effectué son travail de président. Il a eu une rencontre avec la jeunesse burkinabè, le samedi 9 octobre 2021, à Koudougou. C’était à l’occasion du Forum national des jeunes. Mais bien avant ces « échanges directs avec la jeunesse », le président du Burkina Faso a visité des stands d'exposition qui lui ont permis de découvrir la « créativité et l'esprit d'initiative des jeunes » du Pays des hommes intègres.

Après quoi, place à la rencontre proprement dite. Le locataire du Kosyam indique avoir été fort enrichi par ce corps à corps avec la jeunesse de son pays. « Ce soir, j’ai eu des échanges fructueux avec notre jeunesse réunie à Koudougou », a-t-il indiqué, avant de s’engager à tenir ses « engagements pour répondre aux aspirations des jeunes ». Car, dit-il, « ils sont l'avenir de notre Nation, et je reste confiant en leur capacité d'écrire des pages glorieuses de notre histoire ».

Le président Roch Kaboré a bien immortalisé cette rencontre inédite par une photo de famille avec le bureau du Conseil national de la jeunesse, conduit par son président, Moumouni Dialla. Le chef d’État burkinabè a par ailleurs exhorté la jeunesse à un « engagement patriotique et à la patience ». « La résolution de leurs préoccupations est au cœur de nos priorités », les a-t-il rassurés.

Quand certains se mettent en scène, d'autres avancent dans le règlement des problèmes du pays. La démarche du président burkinabé était tout de même lourde de sens. Si le président burkinabé avait fait une conférence au Burkina Faso avec la jeunesse française, ou encore, que le président Kaboré se serait rendu à Paris pour faire une conférence sur l’avenir des relations Afrique-France, avec les étudiants français, aurait eu beaucoup de sens également.

Mais étant donné que le président Kaboré a d'autres chats à fouetter. D’ailleurs, le président Macron devrait en prendre de la graine. Cette demande de patriotisme à la jeunesse burkinabé veut également dire que les jeunes du Burkina Faso ne doivent pas tomber dans les pièges grotesques de division que la France et ses alliés tentent de créer au sein du continent. 

Le Burkina Faso devient de plus en plus un modèle dans la lutte contre le terrorisme en Afrique, car le gouvernement, l’armée nationale et également le peuple sont tous unis pour protéger le territoire. Et c’est exactement l’arme de prédilection contre le terrorisme.

 

2. Sommet France-Afrique  

Le Sommet « Afrique-France », la nouvelle arme de division de la population africaine !

Un sommet pour parler à des « jeunes africains », on croirait entendre un slogan utilisé par les ONG pour récolter de l’argent des poches des Occidentaux pour les autres poches des Occidentaux. Le Sommet Afrique France de ce vendredi avait vraiment des airs de mise en scène, et tout cela pourquoi ? Seulement pour dire que les mots vont changer. Comme le FCFA qui va devenir ECO.

Est-ce que changer les mots signifie changer de concept ? C’est ce qui est largement ressorti dans les conclusions sur la toile côté Occidentale du Sommet « Françafrique ». Les mêmes concepts, mais avec de nouveaux mots.

Avec des termes particuliers que les médias français tentent d'enfoncer dans l’esprit des gens comme « nouveau format, dialogue ou débat avec les jeunes africains, échanges animés, on remplace les mots, etc… », bref, nous n'allons pas rentrer dans le jeu des médias propagandistes français en énumérant les termes soigneusement choisis par l’Élysée. Par contre, pourquoi nous utilisons le terme « hacker », tout simplement parce que les seuls médias qui avaient l’autorisation de participer à ce Sommet, étaient seulement les médias français comme RFI-France 24-TV5 monde, et donc, c’est eux qui n’arrêtent pas de répéter ces termes. La présence minimaliste des médias nous a semblé étonnant vu l’ampleur de l’évènement.

Certains journalistes qui voulaient participer à l’évènement se demandaient d’ailleurs, qu’est-ce que Macron avait à cacher comme ça pour empêcher les autres médias de participer au Sommet ?

Et comme la « franchise » devait apparemment primer, on s’attendait tout de même à une réaction de la part des participants concernant ce point en particulier et beaucoup d’autres points.

Tout comme on s’attendait à ce que les thèmes abordés ne soient pas des sujets qui aient déjà été abordés auparavant dans lesquels nous avons déjà entendu les discours politiques de l’Élysée.

Lorsque le thème du Mali a été mis sur la table, on a eu une lueur d’espoir. Il est clair que la jeune malienne a abordé certains sujets qui avait plutôt fait preuve de retenue dans ses propos. On sentait qu’elle s'était lancée, mais elle s’est rapidement rétractée. Le fait de répéter que ce qui se passe dans le Sahel est une conséquence directe de la guerre lancée contre Mouammar Kadhafi est clairement une réalité, mais ces propos ont déjà été tenus par l’ancien dirigeant tchadien, le défunt Idriss Déby Itno et également par l’ancien président nigérien Mahamadou Issoufou. Donc rien de nouveau dans la réponse d’Emmanuel Macron. On aurait tout de même voulu écouter les explications de Macron concernant les nombreuses manifestations des Maliens demandant le départ de la France. Tout comme on aurait bien voulu voir à la place de cette jeune malienne, une personne comme Amina Fofana pour pouvoir assister à un vrai débat. Cela dit, nous ne nous permettons pas de dénigrer les participants africains à ce sommet. Une Nathalie Yamb, un Mamadou Koulibaly,…enfin bref, des personnes qui représentaient également l’Afrique.

On s’est également demandé comment cela se faisait-il que personne n’a parlé du Cameroun, de la Centrafrique, Madagascar, ou l’Algérie, un approfondissement du sujet du Mali, du Burkina Faso...etc...

Bref, le but initial n’était pas vraiment un échange, mais bien une division. Une division très proche de la conférence de Berlin.

Au cours du sommet, on a entendu à plusieurs reprises, qu’il y aurait deux camps en Afrique ; ceux qui veulent « reformuler » la Françafrique (avec d’autres termes, mais le même concept) en espérant naïvement arranger les choses avec un pseudo dialogue, et ceux qui veulent une « rupture » avec la Françafrique (qui sont une énorme majorité) sur le continent. Cela fait plusieurs années que l’Afrique se bat pour une rupture et non un changement de terme. Cela fait des décennies que les Africains se battent pour abolir une bonne fois pour toutes le FCFA et avoir leur propre banque centrale. Et cela fait des siècles que les Africains se battent pour leur indépendance et leur souveraineté. Sommet Afrique-France organisé en France, c’est déjà une grave insulte envers l’Afrique car c’est un remake de la Conférence de Berlin en 1885. Sans aucun chef d'État africain, mais bien un seul chef d’État, Emmanuel Macron, tout comme à l’époque. Macron chercherait-il à montrer qu’il est le président de l’Afrique ? Si déjà le sommet commence comme cela, il ne serait pas complotiste d’avoir des doutes sur les réelles intentions de Paris dans le déroulement du sommet. Macron nous a aussi donné l’impression de vouloir se débarrasser des chefs d’États africains, en les faisant passer pour des vieux incompétents. Et bien, à l’instar de la conférence avec la diaspora africaine à l’Élysée en 2019 avec le président ghanéen, Nana Akufo Addo, nous aurions été curieux de voir ce que ce sommet aurait donné avec la collaboration du Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed.

En somme, est-ce que ce sommet a pu changer la vision que les Africains ont des politiques occidentales ? Pas certains ! Les Africains ne sont plus dupes et l’erreur répétitive de l’Élysée, c’est qu’il ne veut toujours pas l’accepter.

Nous avons également demandé l'avis du géopoliticien Luc Michel qui va nous dire ce qu'il pense de ce sommet.

 

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